"Le défi de Pauline" Roger Royer
Roger Royer
" Le défi de Pauline " (Abatos)
Pauline Lescure ne sait pas comment prendre en main la situation résultant du décès de sa tante Séverine. Que faire de cet héritage ? Vendre ou pas ? Pauline pense qu'elle pourrait faire revivre Lafaye, ce village agonisant dans sa structure sociale et humaine, en mettant en avant l'amour pour sa tante. Elle se lance un vrai défi, ressusciter le village sans que ça dévore sa vie de jeune femme libre. La tâche va être rude, sans garantie de succès. Mais une succession de choses dont Hortense a le secret se produira avec des effets invraisemblables.
"Le défi de Pauline" Roger Royer

Chronique de Jacques Plaine
Roger Royer – Le Défi de Pauline – Editions Abatos – 22 €
Après une belle carrière dans le commerce international et à l’heure de la retraite, Roger Royer a retrouvé sa passion de jeunesse, l’écriture. Une passion qui le voit signer aujourd’hui son treizième roman.
« J’y va ti j’y va ti pas. » Après avoir beaucoup hésité, Pauline – Pauline Lescure – y est allée. Où ? Au hameau de Lafaye. Pour quoi faire ? Pour aller revoir la propriété de sa tante Séverine – le domaine de la Feuilletière – dont, avec ses deux sœurs, elle vient d’hériter. Si ces deux nanas seraient ravies de s’asseoir sur le joli coussin de billets promis par le notaire, elle, à peine descendue de voiture, se verrait bien, les pieds en éventail, dans ce lieu qui, lui, a ravi ses vertes années. Sauf que, sauf que jusqu’à ce jour, son ADN est davantage celui des rats des villes que des rats des champs. Citadine en escarpins, oui ! Campagnarde en galoches, pas encore !
Quand t’hésites entre deux solutions, dit la sagesse populaire, c’est celle qui t’emmerde le plus qui est la meilleure. Alors ? Alors que faire quand les deux te conviennent ? « Y a pas le feu au lac » tempère Pauline quand tout va bien, « Sale putain de cochon de merde » hurle-t-elle quand tout va mal, et « Arrête d’éplucher la banane » quand ça grésille un tant soit peu sur la ligne.
Toujours là où on ne l’attend pas, toujours à parler de tout et de rien, de ses ex et de ses futurs, de ce qu’elle a rêvé cette nuit et de ce qu’elle va manger demain, toujours un pied en l’air, jamais les deux dans le même sabot, « je plonge dans mon habitude de sauter d’une chose à l’autre », Pauline va mettre six mois et quatre cent cinquante pages pour faire le tour du problème, peser le pour et le contre, couper les cheveux en quatre et le poulet en huit. Avec sa sœur Carole qui « aurait quelqu’un » et sa sœur Gigi qui, elle, a « quelqu’une », avec quelques survivants du pays installés sur le porte bagages et un Chinois, prof de français à Genève, qui ouvre les huîtres comme d’autres les bouquins mais surtout, oui surtout avec Hortense.
Hortense qui n’est jamais là mais toujours au téléphone. Hortense la fée Mélusine toujours à la baguette. Hortense qui tire les fils avec son Nokia sans fil et qui fait de Lafaye la terre d’accueil, de rencontre et de bienveillance de tout un petit monde sorti de son chapeau pointu. Billy tout d’abord, Billy une fille « dans un marasme social noir » qui attend un heureux événement, suivie de Marguerite plus noire que bronzée et qui, elle, attend ses papiers. Ensuite ce sera Louis et son camion plein de chèvres puis un autre camion plein de surprises. Des surprises à vous faire rêver de chamans, de Mongolie, de yourtes, et de désert de Gobie.
Et puis il y aura La Lettre. La lettre anonyme : « On va cramer ta baraque. » Cinq mots, oui cinq mots faits de caractères très spéciaux découpés dans un journal à tirage très limité. Un canard auquel est abonné le commandant de gendarmerie, un poulet qui s’y connaît en langage… des cygnes évidemment.


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