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Le 25e Printemps des poètes
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Le 25e Printemps des poètes

Un article rédigé par Christophe Henning - RCF, le 7 mars 2024  -  Modifié le 7 mars 2024

La fête commence samedi et se prolonge jusqu’au 25 mars, c’est le 25e printemps des poètes. Dans les bibliothèques, les communes, les salles de spectacles, les établissements scolaires, il y aura bien un événement pour vous, lecture, atelier, concert, allez voir sur le site du Printemps des poètes. Quant à moi, j’en profite pour vous présenter quelques-uns des derniers recueils de poésie.

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Je commence par le nouveau livre de François Cheng. Dans « Suite orphique », il a rassemblé 99 quatrains qui commencent par la vie et la mort : « N’oublions pas nos morts ni notre propre mort ; /C’est le devoir-mourir qui nous pousse vers l’élan » nous confie l’auteur de 94 ans. On y retrouve encore la poésie délicate de l’académicien : « Voici que monte la brume/ Nous invitant à une halte/ Senteurs et ramages nous reposent ;/ Mais seule la cime nous exalte. » Une belle invitation du poète encore quand il écrit : « Etre ici les yeux ouverts et le cœur battant/ fût-ce le temps d’un seul éclair,/ L’univers n’est plus là pour rien. Cet instant nôtre/ Vaut en durée l’éternité ».

La poésie est importante, en même temps pas toujours facile d’accès…

C’est vrai, on cherche trop souvent à comprendre ce que le poète a voulu dire. Peut-être l’assemblage des mots nous déroute et nous invite à simplement saisir l’harmonie d’une phrase, une image suggérée… C’est aussi l’intérêt du Printemps des poètes qui nous propose d’être guidé ; Et puis, vous pouvez picorer dans un recueil de poésie, ne pas chercher à lire du début à la fin, mais vous laissez surprendre, comme avec l’écriture de Stéphane Bataillon. Son texte s’intitule GPS : « trouver sa place/retrouver le sens/devenir soi/ Une histoire de coordonnées/ imprécises. » Un poème, ce peut être aussi très accessible, et pourquoi pas mêlé d’humour : « On se prend la tête/ On se pince le nez/ On casse les pieds/ on en a plein le dos/ Et un jour on s’étonne/que le corps/ ne réponde plus. » Le recueil de Stéphane Bataillon, sous le titre « Permettre aux étoiles », est publié par Bruno Doucey. Et j’ai envie encore de vous présenter le livre de Colette Nys-Mazure « Sans crier gare », publié aux éditions Invenit. L’auteure est une habituée des déplacements ferroviaires. Autant d’occasions, mais oui, d’écrire quelques poèmes ; « Mes trajets volontiers poussifs gardent leur attrait/ Bien que j’en connaisse reconnaisse chaque détour/ J’ignore la routine du train-train quotidien. » Le banal peut devenir poétique si l’on trouve les mots, si l’on garde des yeux ouverts : « Les hommes et les femmes qui montent dans le TER/ portent sur eux l’ardeur du jour commençant/ Journée faite ils descendront visages défaits/ épaules affaissées/corps de poussière sous le faix du boulot. »

J’aurais pu commencer par là : le thème du printemps 2024, c’est la grâce, et pour l’illustrer, c’est une œuvre de Fabienne Verdier qui nous est proposée, parce que la poésie et l’art se retrouvent toujours à un moment dans cette manière subtile de nous toucher, de nous bousculer parfois, parce que tout est grâce. « Il arrive que la grâce vous fouette le visage », écrit Sophie Nolleau qui a longtemps dirigé le printemps des poètes. Dans un petit livre de méditation, elle raconte sa naissance, l’incendie de Notre-Dame, la mort de Christian Bobin, la sagesse des moines tibétains… Elle parle de l’œuvre de Fabienne Verdier, ce coup de grâce qui passe par la couleur d’or : « Si l’on savait le long et patient cheminement avant d’arriver à cette spontanéité de miel… » C’est sans doute le mot juste. La grâce, comme la poésie, a la saveur du miel. Il vous reste à butiner.

François Cheng, Suite orphique, Gallimard

Sophie Nauleau, Mais de grâce écoutez, Actes Sud.

Colette Nys-Mazure, Sans crier gare, Ed. Invénit

Stéphane Bataillon, Permettre aux étoiles, Ed. Bruno Doucey

 

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