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“La vie de ma mère” : les confessions d'une femme entre le Sénégal et la France
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“La vie de ma mère” : les confessions d'une femme entre le Sénégal et la France

Un article rédigé par Richard JABI - RCF Haute-Normandie, le 15 juin 2022  -  Modifié le 17 juillet 2023
La Question du jour Mairam Guissé réalisatrice de " La Vie de ma mère "

Maïram Guissé, journaliste en presse écrite signe un 3e documentaire pour France 3, le portrait touchant et drôle de sa mère, Fatima, depuis son départ du Sénégal jusqu’à la France : sa nouvelle terre d'accueil. 

Julien Gidoin, chef opérateur ( à gauche ),  la mère Fatima ( au centre) et son amie, Coumba ( à droite ) en plein tournage à Canteleu © FX Rougeot Julien Gidoin, chef opérateur ( à gauche ), la mère Fatima ( au centre) et son amie, Coumba ( à droite ) en plein tournage à Canteleu © FX Rougeot

Tout est dit ou presque dans ce titre “La vie de ma mère” ! Maïram Guissé, la fille de Fatima, nourrissait ce rêve depuis longtemps : raconter dans un reportage les tribulations de sa mère, une femme sénégalaise ayant immigré en France dans les années 80 pour rejoindre son mari.

 

Une œuvre testamentaire 

 

Des scènes immersives plongent le spectateur à Canteleu en Seine-Maritime, dans le quartier où réside la mère de Maïram. On y voit celle-ci déambuler dans un silence de cathédrale… Plus loin, voilà qu’elle s’anime, par le jeu des questions-réponses de celle qui, derrière la caméra, n’est autre que sa fille. 

 

Capter la parole de sa mère  semblait à Maïram Guissé primordial, sans pour autant s’effacer elle-même tout à fait, consciente que son statut de fille lui confère un rôle bien particulier dans l'histoire de sa mère (nous apercevons sa silhouette d’ailleurs dans quelques scènes vers la fin du reportage).  

 

La réalisatrice avait à cœur de transmettre avec justesse la personnalité complexe de sa mère, d'un naturel pudique mais pleine d'humour. C'est d'ailleurs selon la réalisatrice ce qui a permis à Fatima ainsi qu’à ses amies de surmonter les épreuves qu’elles ont endurées en quittant leur terre natale : la solitude, le racisme mais aussi le mal du pays. 

 

L'humour est également bien présent tout au long du reportage, en témoigne ce titre : “la vie de ma mère” :  expression souvent utilisée par les jeunes générations pour attester de leur sincérité dans certaines situations, et ici détournée pour résumer l’objet de ce documentaire.  

 

Il y a dans ce reportage une véritable dimension testamentaire dans les paroles même de la mère. Elle  se livre pour la première et dernière fois à sa fille, avant un retour aux sources dans son pays d'origine, le Sénégal.

 

On notera des scènes particulièrement touchantes, notamment lorsque la réalisatrice en voyage au Sénégal avec sa mère peine à se faire comprendre dans sa langue d’origine et provoque le sourire amusé de ses interlocuteurs. 

 

Le reportage s'achève par une scène pleine d’émotion :  Fatima, agent d'entretien quitte son entreprise en France dans l'indifférence la plus générale. Une réalité malheureusement partagée par de nombreux immigrés en France. 

Richard Jabi

Richard Jabi

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