"La Ronde des Pierres" : une immersion architecturale et historique au cœur de Maen Roch
À l’occasion d’une émission spéciale délocalisée à Maen Roch, RCF Alpha est allé à la rencontre de Léo Mazurek, architecte, et de Lucien Gurbert, illustrateur. Lauréats d'une résidence d'architecture débutée en juin dernier, ils explorent l'identité de ce territoire marqué par la présence du granit. Entre mémoire ouvrière et évolution paysagère, ils nous livrent les prémices de leur travail qui sera présenté lors d'une exposition en septembre.
Léo Mazurek et Lucien Gurbert sont en résidence à Maen Roch cet été ©Cécile PollartMaen Roch n'est pas seulement le nom d'une commune nouvelle née de la fusion de Saint-Brice-en-Coglès et Saint-Étienne-en-Coglès en 2017 ; c’est un nom qui résonne avec la terre. Comme l'explique Léo Mazurek, le choix du nom lui-même, signifiant "la roche" en breton et en gallo, souligne l'importance de cet élément dans l'ADN local. : "Entre les anciennes carrières oubliées sur le territoire, le granite présent sur les maisons, la toponymie des lieux, c’est à dire le nom des lieu-dits, des rues… Tout est relié à la pierre.” Jusqu’à certains vieux folklores, comme cette pierre de fertilité devant laquelle une procession se rendait autrefois.
Cette résidence initiée par la Maison de l'Architecture et des Espaces en Bretagne, est l'occasion de questionner ce qui fait commune aujourd'hui, au-delà des enjeux administratifs, en s'appuyant sur les spécificités géographiques et historiques du Coglais.
Des carrières au service de la capitale
Le paysage de Maen Roch est littéralement sculpté par l'histoire de ses carrières. Des dizaines de sites d'extraction, autrefois fourmillants d'activité, parsèment le territoire - le binôme en a exploré 25 -, bien que beaucoup soient aujourd'hui transformés en plans d'eau ou cachés dans des propriétés privées.
Cette industrie, portée par les "Picaous" (les tailleurs de pierre locaux en gallo), a connu son âge d'or après-guerre, exportant son granit bien au-delà des frontières bretonnes. "Il y a des quartiers entiers de Paris, notamment autour de l'Opéra Garnier, qui ont été réalisés avec du granit du Coglais", rappelle Léo Mazurek. Lucien Gurbert note toutefois un paradoxe : si la pierre est partout, la mémoire des gestes et des lieux de travail s'efface peu à peu chez les jeunes générations, les carrières n'étant pas signalées au promeneur.
Un inventaire sensible et didactique
Le travail des deux résidents mêle relevés topographiques, recherches d'archives et rencontres avec les habitants. Leur observation montre une évolution des techniques, du granit de surface utilisé pour les fermes traditionnelles au granit industriel, jusqu'à l'usage limité de quelques pierres de granites dans l'habitat contemporain.
Ce riche inventaire sera restitué lors de l'exposition "La Ronde des Pierres", qui ouvrira ses portes le 11 septembre à Maen Roch. Lucien Gurbert précise l'ambition de ce projet : "Notre but avec l’exposition, ça va être de trouver comment restituer cette expérience qu’on a eue de la pierre (...) on aimerait vraiment que ça prenne une dimension didactique, et à la fois notre regard subjectif."
Vernissage de l’exposition "La Ronde des Pierres" : le 11 septembre, au 7 rue Pasteur à Maen Roch.


Régulièrement, RCF Alpha délocalise son studio radio dans des lieux de vie pour y rendre compte, en proximité, de différentes questions de société.
