"La Colline" de Mathilde Beaussault
C'est à l'occasion de la remise du Prix EXbrayat des Lycéens, que s'est déroulé l'interview que vous allez entendre.
Mathilde Beaussault est l'auteure lauréate pour son livre : La colline, paru au Seuil , collection Cadre Noir.
Nous vous prions d'excuser la qualité du son. Public et journalistes se trouvent dans la salle Aristide Briand de l'Hôtel de Ville de Saint-Etienne, et l'écrivaine, empêchée, est en visio depuis Angers.
"La Colline" de Mathilde BeaussaultChronique de Jacques Plaine
Mathilde Beaussault – La Colline- Editions du Seuil – cadre noir – 19,90 €
Née en Bretagne, professeur de français et fille d’agriculteur, Mathilde Beaussault a fait une entrée remarquée dans le monde de la littérature avec son premier roman Les Saules. Grand Prix de la littérature policière, Prix du jury du polar L’Humanité, Prix Louis Guilloux, ce roman, finaliste du Prix Charles Exbrayat 2025 va recevoir ce Mardi 26 mai le Prix Exbrayat des lycéens 2025. Elle vient de publier un nouveau roman, La Colline.
On parle toujours de la fin du film, jamais du début.
Pour un nouveau-né tout juste sorti du ventre de sa mère, elle-même fermée à double tour dans une piaule de merde, 11 boulevard de Bulgarie à Rennes, le début du film c’est pas hier, c’est pas demain, c’est maintenant.
Maintenant qu’Edouard, le vieux monsieur du quatrième
s’apprête à balancer un sac-poubelle dans le vide-ordure du rez-de-chaussée. Un drôle de miaulement au fond de la cuve – tiens ! Edouard, t’as le sonotone qui déconne gamberge Edouard dans sa tête de petit vieux fatigué - et le voilà qui remonte les escaliers quatre à quatre… jusqu’au quatrième, ça tombe bien. « Mireille vient avec moi » et de
redescendre tous les deux devant la cuve. Mireille tend l’oreille. Elle n’est pas sourde Mireille. «Nom de Dieu, Marie, Joseph, appelle les pompiers.»
Et voilà comment, un quart d’heure plus tard, trois pompiers découvrent, au fin fond de la benne à ordures et dans un sac-poubelle, un nouveau-né pas tout à fait mort et son placenta pas tout à fait complet.
Trois pompiers qui doivent faire au plus vite pour permettre à ce nouveau-né de poursuivre son parcours de miraculé, mais aussi qui doivent être encore plus rapides pour retrouver la mère. Une gamine à n’en pas douter, qui avec un morceau de placenta dans le bide risque de
perdre la vie deux heures après l’avoir donnée. Enfin avec la flicaille du coin, ces trois hommes du feu vont se mettre en quatre –pourquoi pas - pour savoir quelle est l’ordure qui a allumé la mèche.
Car il s’en est passé des choses au 11 boulevard de Bulgarie, mais aussi là-haut sur la colline où habite depuis plus de quarante ans la grand-mère de Monroe, depuis le jour où - profitant que sa mère avait le dos tourné - Monroe a murmuré ne pas avoir eu ses règles.
A travers quelques personnages qui l’ont rencontrée - mais aussi au fil de procès-verbaux d’audition comme ceux de sa mère, de son frère, d’Edouard ou de la voisine du huitième - va s’éclairer le passé de la gamine. Un passé où « les drames s’enfilaient comme des perles à
gros trous » et où «là où vous allez creuser, ça va sentir pire que les poubelles. »
Mais faites vite, mon capitaine, car - « Nom de Dieu, Marie, Joseph. » - un bout de placenta dans le ventre d’une gamine c’est pas très catholique et faut me la retrouver fissa cette enfant.


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