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Johannes Brahms au cinéma en 7 films
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Johannes Brahms au cinéma en 7 films

Un article rédigé par Fabien Genest - RCF, le 2 mai 2023  -  Modifié le 17 juillet 2023
La Symphonie du cinéma Quelques nuances de Johannes Brahms au cinéma

Depuis Charlie Chaplin et la "Danse hongroise numéro 5" dans "Le Dictateur" en 1940, les citations de la musique du compositeur allemand sont légion. De "La Fureur de vivre" en 1955 au récent long métrage, fin 2022, du Britannique Martin McDonagh "Les Banshees d’Inisherin", les œuvres de Johannes Brahms jalonnent la bande son de nombreux films.  

 

© Montage Wikimedia Commons. Johannes Brahms à la fin de sa vie. © Montage Wikimedia Commons. Johannes Brahms à la fin de sa vie.

Johannes Brahms naissait, il y a très exactement 190 ans, le 7 mai 1833, dans la grande ville portuaire du nord de l’Allemagne Hambourg. S’il avait vécu aux XXe et XXIe siècles, il aurait sûrement composé pour le cinéma tant sa musique épouse à merveille les ambiances de nombreux films qui l’ont utilisée. Anatole Litvak, Claude Lelouch, Francis Ford Coppola, Yves Robert, Claude Chabrol ou encore Patrice Leconte, tous ont puisé dans son répertoire, souvent avec délice.


1/ "Danse hongroise N°5", BO "Le Grand Blond avec une chaussure noire" (1972)

 

Dans Le Grand Blond avec une chaussure noire d’Yves Robert en 1972, Pierre Richard  nous gratifie de ses facéties dont il a le secret pour fuir les balles du contrat qui planent sur sa tête dans une scène de concert des plus cocasses sur l’air de la Danse hongroise numéro 5. Bien avant Yves Robert, Charlie Chaplin avait utilisé le morceau dans Le Dictateur en 1940 et ainsi permis, à sa manière, de remettre au goût du jour le compositeur allemand, jugé par certains trop académique de son vivant avant d’être admiré après sa mort par des compositeurs aussi différents qu’Arnold Schoenberg et Edward Elgar.


2/ "Quand tu dors près de moi", BO "Aimez-vous Brahms ?" (1961)


À Paris, Paula, séduisante quadragénaire et décoratrice d'intérieur est, depuis longtemps, la maîtresse de Roger, un homme d'affaires. Mais ce dernier n'a jamais répondu à ses attentes en lui proposant le mariage. Face à face entre Ingrid Bergman et Yves Montand, le film d’Anatole Litvak Aimez-vous Brahms ?, inspiré du roman de Françoise Sagan, fait la part belle en 1961 au compositeur à travers la Symphonie numéro 3 et le thème du troisième mouvement. Dans le film, Diahann Carroll, Yves Montand et Anthony Perkins chantent, chacun, tantôt en anglais, tantôt en français, Quand tu dors près de moi ou Goodbye again en VO, chanson écrite par Françoise Sagan sur une musique de Georges Auric.


3/ "Vier ernste gesänge", BO "Que la bête meure" (1969)


Vier ernste gesänge, opus 121 ou Quatre Chants sérieux, en français, interprété par la contralto anglaise Kathleen Ferrier. Un des chants du cycle de quatre lieder pour basse et piano que compose Brahms en 1896 et qu’il dédie au peintre et sculpteur Max Klinger. L’opus 121 paraphrase l'Ecclésiaste et dit : « Il faut que la bête meure, mais l'homme aussi, l'un et l'autre doivent mourir. » Claude Chabrol fait sienne en 1969 cette sentence inspirée d’un passage de la Bible dans son film intitulé à juste titre Que la bête meure. Michel Duchaussoy y incarne un père rongé par la vengeance nourrie à l’endroit de Jean Yanne, le chauffard qui a fauché son fils. On peut entendre par ailleurs la musique de Pierre Jansen, dépouillée et grinçante et terriblement atonale.


4/ "Waltz in A-flat major, op. 39, No. 15", BO "Percy Jackson la mer des monstres" (2013)


Tube de la musique classique, la valse numéro 15 en la bémol majeur est l’une des seize valses pour piano à quatre mains, écrite par Johannes Brahms en 1865 et publiées deux ans plus tard, qu’il dédicace cette fois à Eduard Hanslick, écrivain autrichien, sans doute le critique musical le plus influent du XIXe siècle. Des valses également arrangées pour piano solo dans deux versions différentes, mais c’est bien une version à quatre mains que jouent les sœurs Katia & Marielle Labèque. Une œuvre entendue à maintes reprises au cinéma, notamment en 2013 dans le film fantastique Percy Jackson, la mer des monstres mais aussi dans Les Frères Grimm, de Terry Gilliam en 2005 ou encore dans No, de Pablo Larrain, en 2012.

 

Sans la maîtrise du métier, l’inspiration est un simple roseau agité par le vent

Johannes Brahms

 

5/ "Concerto in D major pour violon op.77: 3. Vivace non troppo", BO "There will be blood" (2008) 


Pièce majeure du répertoire romantique allemand, le concerto pour violon opus 77, avec sa partie de soliste très virtuose, jugée à l'époque presque injouable, donna lieu à des remaniements de la part de Johannes Brahms. Réputé pour être l'un des concertos pour violon les plus difficiles qui soit, il a en effet été conçu par Brahms pour et avec son ami le violoniste Joseph Joachim. On peut en entendre un extrait dans There will be blood, de Paul Thomas Anderson, sorti en 2008. Un portrait désenchanté sur le rêve américain qui vire au cauchemar avec un Daniel Day Lewis halluciné en nouveau capitaliste ayant fait fortune dans les puits de pétrole.


6/ "2e Rhapsody", BO "De battre mon cœur s’est arrêté" (2005)  


Sœur de l’acteur Romain Duris, Caroline Duris double son frère au piano dans le film de Jacques Audiard De Battre mon cœur s’est arrêté, récompensé par 8 César en 2006. En parallèle de la BO d’Alexandre Desplat, elle joue plusieurs morceaux au piano dont la Toccata en mi mineur de Jean-Sébastien Bach, mais aussi Franz Lizst ou encore la 2e Rhapsody de Johannes Brahms… Le compositeur est âgé de 47 ans en ce mois de janvier 1880 lorsqu’il joue le morceau en public à Krefeld (en Rhénanie), au festival qui porte son nom. L’œuvre a été créée un an auparavant et fait partie des œuvres dites de la « maturité » du compositeur mais rappelle par son style les compositions de ses jeunes années.


7/ "Wiegenlied, op. 49 No. 4", BO "Florence Jenkins (2016)


Le Wiegenlied N°4, opus 49, appelé également Lullaby, est un lied pour voix et piano, publié pour la première fois en 1868, l'une des pièces les plus populaires du compositeur, que l’on retrouve en 1955 dans La Fureur de vivre ou encore en 2016 dans Florence Jenkins, de Stephen Frears, biopic avec Meryl Streep dans le rôle d’une riche héritière new-yorkaise et célèbre mondaine, convaincue, à tort, d'avoir une voix d’opéra.

 

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