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« Il faut qu’on se batte pour préserver notre culture » : Sophie Révil, présidente du Festival de la Fiction de La Rochelle

« Il faut qu’on se batte pour préserver notre culture » : Sophie Révil, présidente du Festival de la Fiction de La Rochelle

Un article rédigé par Lucie Alix - RCF Charente-Maritime, le 2 septembre 2026 - Modifié le 2 septembre 2026
L'invité RégionSophie Révil, présidente du Festival de la Fiction de La Rochelle

Le Festival de la Fiction de La Rochelle se prépare. Cette 28ème édition aura lieu du 15 au 20 septembre prochains. Une quarantaine d’œuvres françaises et francophones sont encore à découvrir cette année. Et cette nouvelle édition est placée sous le signe de la fierté pour Sophie Révil, la présidente du festival.

Sophie Révil et l'affiche de cette édition © Lucie AlixSophie Révil et l'affiche de cette édition © Lucie Alix

Le Festival de la Fiction, un rendez-vous incontournable à La Rochelle

Question : Une sélection d’œuvres, de films et de séries qui est encore une fois très riche. On ne peut malheureusement pas toutes les citées, mais est-ce qu’il y en a certaines qui vous ont marqué ?

Sophie Révil : On va découvrir en particulier les œuvres qui feront l’événement des chaînes à la rentrée. Je dois dire que « Nourrice » de France 2 qui retrace le destin tragique des nourrices au XIXème siècle, c’est une série bouleversante. On a été bluffé aussi par « Le Charles » qui est une série thriller de M6, qui se déroule sur le porte-avion Le Charles de Gaulle, qui a été réalisé grâce aux moyens de l’armée. Une série qui est très attendue aussi, c’est la nouvelle création originale de Canal+ qui s’appelle « Singapura ». C’est la série de la romancière Elsa Marpeau qui raconte une histoire de crime dans le milieu des expatriés de Singapour. Et il ne faut pas oublier, dans ces séries événements, « La Comtesse de Montecristo », série développée et produite par TFI, dans laquelle Audrey Fleureau incarne la Comtesse de Montecristo dans une version complètement revisitée de l’œuvre. 

 

Question : En ce qui concerne la sélection d’œuvres qui vont participer au prix, je ne vous demanderai évidemment pas de noms, mais comment vous la décririez ?

Sophie Révil : Il y a une grande sensibilité cette année, dans toutes les œuvres, ces séries, ces films, même dans les comédies. Les personnages sont très humains, très émouvants. Sans doute parce que ces films et séries sont un reflet de la société dans laquelle on vite. Et on sait que cette société est très dure. Donc il y a des thématiques très sociales cette année. Ça parle de santé mentale, d’alcoolisme, de désert médical, d’homoparentalité. Il y a beaucoup d’émotions et des personnages magnifiques. 

 

Question :  Quelques grands noms aussi dans la sélection du jury.

Sophie Révil : Déjà la présidente du Jury, on est tellement heureux qu’elle ait dit oui, c’est Clémentine Sélarier. Elle a d’ailleurs remporté l’année dernière le Prix d’Interprétation à La Rochelle pour la série « Diplôme ».  C’est une chance pour nous de l’avoir. C’est une actrice infiniment populaire, qui est vraiment au cœur des Françaises et des Français. Elle sera entourée d’une autre comédienne très populaire qui est Barbara Propst, d’un acteur qu’on aime beaucoup qui était un des héros de « 10% » : Grégory Montel, du réalisateur Aki Misker, et puis je citerai aussi la productrice Fanny Ritberger. 

 

Les rendez-vous autour des projections

Question : Il y aura forcément des projections, mais aussi une constellation d’évènements autour. Qu’est-ce qu’on doit en savoir ?

Sophie Révil : Il y a plus de 60 événements, que ce soit des tables rondes, des séances de pitch. Ce qui est nouveau cette année, ce que nous avons organisé une matinée de débats le vendredi matin qui sera beaucoup plus politique que les autres années. Puisque seront présents dans les tables rondes des députés et des sénateurs qui se battent sur ces questions à l’Assemblée et au Sénat. Et aujourd’hui, dans la période critique où on est, c’est important de leur parler. 

 

Question : On peut peut-être continuer avec les cafés de la fiction qui se développent ?

Sophie Révil : Ils ont été créés pour que des jeunes producteurs puissent rencontrer des directeurs de la fiction de toutes les chaînes. C’est une formule qui a tellement de succès qu’on a décidé d’en organiser d’autres. D’abord en direction des jeunes scénaristes qui pourront rencontrer des producteurs. Les directeurs qui cherchent des adaptations pourront rencontrer des éditeurs. Et enfin, des comédiens et comédiennes pourront rencontrer des directeurs et directrices de casting. Cette année, on a choisi l’angle des comédiennes de plus de 40 ans pour soutenir leur cause, qui est le fait que passer cet âge là leur job se raréfie. 

 

Question :  Et aussi ce forum des métiers qui s’ouvre encore plus aux jeunes ?

Sophie Révil : Il a été créé l’année dernière pour que les jeunes de la région, du département, puissent découvrir le secteur audiovisuel, nos métiers et surtout les formations qui y mènent. Il n’y a pas de raison que ces métiers soient réservés à des gens qui viennent du Serial, la plupart du temps des Parisiens. Il faut se le dire. Il faut susciter des vocations en région, faire émerger des talents. L’année dernière, c’était les lycéens et les étudiants. Cette année, c’est ouvert aux collégiens et aussi, en liaison avec l’AFDAS et France Travail, aux personnes en reconversion. 

 

« Il faut qu’on se batte pour préserver notre culture » 

Question : Pour l’édition 2026, vous avez donné un mot. Pour vous, c’est l’édition de la fierté. Est-ce que vous pourriez nous expliquer ?

Sophie Révil : On est dans une période de crise. Notre métier est en crise. Bouleversement des usages et des téléspectateurs, crise des financements, arrivée massive de l’Intelligence Artificielle dans nos métiers. Donc, il y a beaucoup d’inquiétudes. Alors qu’au même moment, nos fictions n’ont jamais été meilleures. Donc, j’ai voulu placer cette édition 2026 sous le signe de la fierté, fierté de nos fictions. Il faut qu’on se batte. Il faut qu’on se batte pour préserver notre culture. Et notre culture audiovisuelle, elle est extrêmement populaire, donc extrêmement importante. C’est pour ça que, pour moi, le festival 2026, c’est plus qu’un rassemblement de professionnels, c’est un vrai combat. C’est une résistance. C’est une confiance. Il faut combattre parce qu’on est menacé par des décisions politiques. Il faut soutenir la création plus que jamais. 

 

RCF Bordeaux
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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