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Grégoire, la douceur et la mélancolie d'un artiste
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Grégoire, la douceur et la mélancolie d'un artiste

RCF,  -  Modifié le 17 juillet 2023
Visages Grégoire, la douceur et la mélancolie d'un artiste

Le spectacle musical "Bernadette de Lourdes" dont il signe les musiques, est de retour sur scène après une interruption de deux ans pour cause de pandémie. Celui qui signe ses musiques n'est autre que le chanteur Grégoire. Depuis "Toi+Moi" et "Ta main", l'artiste poursuit une brillante carrière de compositeur-interprète. Mais qui est Grégoire Boissenot ? À 40 ans passés, il porte en lui le souvenir de grandes joies mais aussi de dures épreuves.

Grégoire est le compositeur du spectacle musical Bernadette, dont RCF est partenaire ©DR Grégoire est le compositeur du spectacle musical Bernadette, dont RCF est partenaire ©DR

S'autoriser à poursuivre un rêve

 

C'est avec beaucoup de douceur que Grégoire se confie sur son enfance, au micro de Thierry Lyonnet (en 2019). Elle a pourtant été marquée par des drames. La mort de ses frères notamment à l'âge de 33 ans chacun, Ludovic dans un accident de la route en 2002 et Nicolas, qui s'est suicidé en janvier 2007. "J'ai une amie qui m'a dit le jour de l'enterrement de Ludovic : 'sa mort c'est peut-être ta naissance'. Et dans ce moment-là cette phrase était magique : qu'est-ce il y a de positif dans ce drame ?" 

 

Après la mort de Ludovic, ce frère aîné qui lui apprenait à jouer du piano, les parents de Grégoire lui ont dit "la vie est tellement courte, si c'est de poursuivre un rêve qui te rend heureux même sans l'atteindre, poursuis-le". 2007, l'année de la mort de Nicolas, c'est aussi l'année où Grégoire confie sa chanson "Toi + Moi" à My Major Company, plateforme de financement participatif. Ce qui fera de lui le premier artiste produit par le public. "Toi + Moi", c'est une chanson qu'il voulait "naïve, légère, faite pour les gens qui sont sur le bord d'une piste de danse dans une soirée et qui n'osent pas danser de peur du ridicule". 

 

 

Fait-on un jour le deuil ?

 

"C'est dur de combattre l'absence, dit la chanson, car celle ci n'en fait qu'à sa tête... J'aurais aimé tenir ta main un peu plus longtemps, j'aurais aimé que mon chagrin ne dure qu'un instant." Longtemps, Grégoire n'a pas dit qu'il avait écrit "Ta main" en pensant à ses frères Ludovic et Nicolas. En constatant que beaucoup associaient cette chanson à leurs proches disparus, il a fini par "l'assumer".

 

Jusqu'à se montrer "explicite" dans son dernier album "Expériences", avec le titre "Chanson pour un Enterrement". Une chanson "pour ce moment-là : parce que tout le monde passe par là, tout le monde perd quelqu'un de très proche à un moment".

 

"Je fais facilement confiance et j'ai tendance à penser que les gens ont de bonnes intentions." Est-ce là le secret de réussite de Grégoire ? "Une vie réussie c'est un rêve d'adolescent réalisé dans l'âge mûr", écrit Alfred de Vigny. "Je pense qu'il faut absolument se fixer des objectifs, les garder en tête et ne penser qu'à ça, commente Grégoire, la chance, ça se provoque, je suis persuadé que tout est un état d'esprit, si on est positif on voit des choses positives."

 

 

Inspiré par les saintes de l'Église catholique

 

En 2013 sort l'album "Thérèse, vivre d'amour" : les poèmes de sainte Thérèse de Lisieux interprétés par Grégory Turpin et Natasha St-Pier et mis en musique par Grégoire. Lui qui n'est "pas forcément pratiquant" s'est laissé convaincre par sa femme, Éléonore de Galard. Ce sont les premiers mots de "Vivre d'amour" qui l'ont bouleversé. "Vivre d'amour, c'est donner sans mesure, sans réclamer de salaire ici-bas". Un texte "d'une actualité assez incroyable". Pour Grégoire, le message de Thérèse est : "ayez une foi, quelle qu'elle soit, une passion, servez-vous en pour faire de belles actions aux quotidien, des choses simples, pour les autres". 

 

Quelques années plus tard, quand on lui propose de composer les textes d'une comédie musicale sur une autre sainte de l'Église catholique, Bernadette, cette fois Grégoire n'hésite pas. "Je trouvais l'idée géniale." Qu'elle soit présentée à Lourdes, dans une salle précise "comme ce qui se fait à Broadway" et d'en être l'unique compositeur, voilà qui le séduit. "Ce que je trouve fort chez Bernadette c'est son intégrité, ça aurait été plus facile pour elle de ne rien dire : tout le monde - le clergé, la police, la science, ses parents, le qu'en dira-t-on, la rumeur - tout le monde lui est tombé dessus. Elle n'avait aucun intérêt à continuer à le dire." 
 

 

 

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