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François-Xavier de Boissoudy, peindre le mystère de la croix

François-Xavier de Boissoudy, peindre le mystère de la croix

Un article rédigé par Gallet stéphanie - RCF, le 27 mars 2024  -  Modifié le 28 mars 2024
Effervescence François-Xavier de Boissoudy : peindre le mystère de la croix

Le peintre Francois-Xavier de Boissoudy expose au Collège des Bernardins à Paris une série de toiles représentant la crucifixion ou le visage du Christ. L'exposition est intitulée Stat Crux, un titre tiré de la devise des chartreux, “le monde tourne mais la croix demeure”. Présentation dans l’émission Effervescence de Stéphanie Gallet.

François-Xavier de Boissoudy Stat Crux au collège des Bernardins François-Xavier de Boissoudy Stat Crux au collège des Bernardins

Comment représenter la mort du christ ? Comment représenter cette mort qui est à la fois supplice, sacrifice mais aussi don d'amour pour les chrétiens ? C’est à cette question millénaire que s’attelle le peintre François-Xavier de Boissoudy dans une série de peintures présentée actuellement au collège des Bernardins à Paris. 

Une démarche artistique portée par une expérience spirituelle

Peu d'artistes se lancent aujourd'hui sur le terrain de la crucifixion. La peinture religieuse n’a plus vraiment sa place dans les cimaises du monde de l’art. François-Xavier Boissoudy fait exception. Il a su aller au-delà des mots d'ordre de l'art contemporain en adoptant une peinture figurative, en s'éloignant de la critique sociale,  en refusant l'ironie mais surtout en laissant son cœur parler pour se concentrer sur sa recherche, sur le mystère qui l’habite. 

Une démarche dont la sincérité a été reconnue puisque la galerie Guillaume, une des grandes galeries de la place parisienne, lui a commandé une série sur la résurrection. Il y a dans la démarche artistique de François-Xavier de Boissoudy une quête habitée par l’expérience spirituelle, qu’il a faite il y a quelques années. Il a été “visité” confie-t-il. Pour lui, “tout vient d’un émerveillement, l’étonnement d'avoir un jour été aimé en esprit, d’avoir ressenti  la présence en soi de quelqu'un plus grand que soi". Une rencontre qui a changé sa vie et lui a donné mission de peindre.

Christ Rouge François-Xavier de Boissoudy

Une vision de la croix qui nous entraîne dans la lumière

Pour l’historienne de l’art Paule Amblard, François-Xavier de Boissoudy renouvelle l’image de la crucifixion. Il puise dans l’art byzantin où le christ dépasse l'agonie et est déjà dans la résurrection. Et c'est vraiment ce que l’on voit dans les tableaux présentés au Collège des Bernardins. Le visage du Christ est paisible, complètement abandonné à sa fin et déjà ailleurs dans l'au-delà. 

Avec François-Xavier de Boissoudy, explique Paule Amblard, “la croix est comme un aimant. Et sur ces tableaux, la foule des hommes et des femmes d'aujourd'hui qui entoure cette croix sont comme des fœtus qui sont en train de renaître. C’est une vision de la croix qui fait du bien et nous entraîne dans un chemin de lumière.
C'est bien une peinture de recherche. 

Des peintures comme des traces de la Résurrection 

Le photographe Alexis Congourdeau connaît bien François-Xavier de Boissoudy. Ses photos du peintre présentées également au Collège des Bernardins nous permettent d'entrer dans l'intimité de la création. Comment l’artiste occupe ses immenses feuilles de papiers, comment il les imbibe d’eau avant de travailler l’encre, les pigments mais aussi l’ocre.

Un travail qui petit à petit quitte le noir et blanc du lavis pour accueillir plus de brun et de couleurs mais surtout plus de lumière grâce aux espaces laissés sans peinture. Un travail où les mains de l’artiste jouent un rôle de premier plan, puisque le pinceau ne sert qu’aux finitions. Pour Alexis Congourdeau, “François-Xavier de Boissoudy laisse un peu de ses mains sur ses toiles, comme on y laisserait sa peau.”

Les deux artistes sont amis et partagent la même foi. Et pour le photographe, le travail du peintre est comme “une preuve non scientifique de la Résurrection. “Une trace, un écho de ce qu'il s'est passé il y a 2000 ans à Jérusalem. Les peintures de François-Xavier de Boissoudy montrent ce soudain apaisement. Il y a de l'inattendu dans ces toiles, le grand inattendu et ça, ça parle de la Résurrection.” 

Un langage pour trouver l’invisible

François-Xavier veut produire de l'art et par l'art, annoncer la Bonne Nouvelle. Il veut parler de ce qui nous dépasse. Et quand nous le rencontrons au collège des Bernardins, il rappelle les mots de Benoît XVI en 2008 dans ce même lieu : “Chercher Dieu est la source de toute culture véritable”. 

Pour François-Xavier de Boissoudy, l'art est bien un langage pour trouver l'invisible. Il parle de sa peinture comme d'un “geste amoureux, de la boue visitée par la lumière”. 

L'exposition Stat Crux se tient au collège des Bernardins à Paris jusqu’au 6 avril 2024. Le catalogue est édité aux éditions Premières parties avec la contribution entre autre de Paule Amblard et d’Alexandre Congourdeau.
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