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Florent Bernard : ses réactions après la première de «Nous, les Leroy»
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Florent Bernard : ses réactions après la première de «Nous, les Leroy»

Un article rédigé par Gareth Liron - RCF Calvados-Manche, le 26 novembre 2023  -  Modifié le 27 novembre 2023
Les invités de la rédaction locale Florent Bernard : ses réactions après la première de "Nous, les Leroy"

Le réalisateur Florent Bernard, alias FloBer sur internet et dans son émission Floodcast, est venu au festival les Égaluantes à Carentan pour projeter pour la toute première fois son premier film Nous, les Leroy.  Un film en ultra avant-première puisqu’il ne sortira que le 10 avril 2024. Le réalisateur nous a livré son avis à chaud après les projections.
 

Florent Bernard, réalisateur de Nous les Leroy lors de la toute première projection du film au festival Les Égaluantes à Carentan. ©RCF Manche Florent Bernard, réalisateur de Nous les Leroy lors de la toute première projection du film au festival Les Égaluantes à Carentan. ©RCF Manche

Florent Bernard, c'est la première diffusion de votre tout premier film Nous, les Leroy, comment a réagit le public des Égaluantes ? Vous avez pu discuter un petit peu avec eux ?

 

Oui un petit peu avec ceux qui sont restés. Pour le moment, c'est plutôt positif. C'est un film qui a pas d'autres ambitions que de faire rire et d'essayer d’émouvoir et apparemment les deux trucs ont plutôt pris… parmi les gens qui sont venus me voir après. Ceux qui ont détesté, j'imagine qu’ils n’ont pas fait le chemin pour me dire « c'est nul ce que t'as fait ». Donc voilà c'est toujours un peu un biais de vision, mais je crois que ça va. En-tout-cas les gens ont ri dans la salle donc tout ça, c'est plutôt chouette.

 

Vous avez dit que vous vous étiez glissé un petit peu dans les salles pendant les diffusions qu'est-ce que vous avez vu ?

 

En fait, j'ai même rien vu parce que je glisse vraiment une oreille, c'est-à-dire que je mets vraiment mon doigt sur la porte et je glisse une oreille parce que si t'ouvre la porte, ils voient la lumière. Mais c'était les rires quoi voilà. Voir qu'est ce qui fait rire et à la fin, je revenais pour voir quand les gens se levaient. Il y a eu des gens émus parce que la fin se veut un peu émouvante. Donc, voilà, c'est ça que j'ai vu.

 

Le film est censé sortir en avril, on est cinq mois avant la sortie officielle, c'est tôt pour une avant-première. Pourquoi avoir choisi de diffuser dans la Manche cette proto-première ?

 

Bah faut être sincère avec les gens, c'est-à-dire que le producteur du film est aussi l'organisateur du festival (N.D.L.R. Maxime Delauney) et il m'a dit « le film est prêt pourquoi ne pas le montrer à des gens ». J’ai fait « oui, c'est vrai ». Et comme ça, en plus, s’il y avait des trucs qui marchaient pas du tout, on pouvait encore le changer, on a le temps, on a cinq mois. Mais heureusement ça n'a pas l'air d'être le cas. Là, vraiment, vous me choppez à la sortie du film, enfin la sortie de la projo donc c'est encore très chaud, mais je crois que ça va et donc ça, c'est quand même une bonne nouvelle.

 

Vous étiez content que ce soit un festival où il y ait du monde, mais un petit peu confidentiel quand même pour commencer ? Ça ressemble quand même beaucoup à du rodage cette projection comme pour les humoristes qui testent leurs blagues ?

 

Oui, c'est une bonne analogie, je pense qu'il y a un peu de ça. C'est même un pédiluve, on met un petit orteil dans le petit bassin. « Est-ce que c’est chaud, est-ce que c'est froid ? » On mouille un peu la nuque. Et puis surtout on peut discuter. Parce que dans les gros festivals, je peux pas, là comme ça me poser dans un bar et parler aux gens qui viennent de voir le film. Et en plus, il y a un truc plus sincère, ils disent ce qu'ils pensent parce que c'est plus confidentiel comme vous le dites. Et puis en plus c'est un petit film. Ça veut rien dire, mais c'est un film à échelle humaine, même dans la façon de l'avoir fabriqué, dans les histoires qu'on raconte, ce que sont les personnages. Donc c'est génial de pouvoir en discuter. Depuis tout à l'heure, j'ai parlé à des familles, des pères, des mères, des ados, des gens qui suivent ce que je faisais dans mon podcast et des gens qui ne connaissent absolument rien. C'est intéressant parce que les mêmes trucs ont l'air d'avoir plu.

 

Il y a des phrases qui vous ont marqué là dans les retours du public ?

 

Il y a une dame qui a été très émue, donc ça m'a beaucoup touché. Elle est venu me voir et a commencé à parler et prise d'émotion, n'a pas pu finir sa phrase, ça, c'était quand même quelque chose. Il y a un monsieur qui a l'air d'avoir vécu une séparation et qui m'a dit que ça l’avait touché, et même un couple qui n'est pas du tout séparé, qui avait plusieurs enfants et qui disait « On s'est regardé pendant le film ». C'est un couple qui n'est pas du tout de ma génération, je pense qu’ils ont la cinquantaine. Et c'est le but du film, moi, j'ai fait un film en espérant, en rêvant, que si une famille le voit, chaque membre de la famille peut se retrouver dedans, et c'est cool d'avoir des gens de mon âge et des gens plus âgés qui ont l'air d'avoir aimé. Mes meilleures séances de cinéma, c'était ça. Je pense que c'est le but de faire des films pour rassembler des gens dans des salles et qu'ils rigolent ensemble et qu’ils soient émus ensemble. Moi, je fais des films parce que je ne parle pas aux gens. C'est pour discuter avec les autres d'une certaine manière, et dire « bon bah voilà, on a tous un vécu assez similaire ».

 

Ce film, Nous les Leroy, il parle de séparation. Racontez-nous déjà, en quelques mots, l'histoire et pourquoi ce thème en particulier. Est-ce qu'il fait écho à un passé, à un vécu ?

 

En fait, l'histoire du film, c'est une femme qui veut se séparer de son mari parce que ses enfants sont grands, ils ont 16, 18 ans, et du coup qui se dit « mais en fait, je veux pas rester seul avec ce mec, j'ai envie de passer à autre chose ». Les enfants l'acceptent très bien, le père ne l'accepte pas. Et donc il décide d'organiser un dernier week-end, un peu tous ensemble, où ils voyagent dans les endroits emblématiques de leur couple, leur premier chez eux, le parc où il a fait sa demande en mariage, etc. Et effectivement, le voyage ne va pas être de tout repos, ils vont vivre des mésaventures, mais qui se veulent drôle. Après, c'est plus dans les relations entre les personnages, où là, oui, les ados sont assez proches de ce que moi, j'étais quand j'étais ado. La relation avec le père, c'est un peu une relation que j'ai pu avoir avec le mien. La mère un peu en plein burn-out dans le travail, c'est des choses que j'ai pu observer aussi, pas forcément chez ma mère d'ailleurs. Je pense que mon mantra, c'est de dire « plus je serai sincère et proche de ce que j'ai vécu, plus je serai universel et ça parlera aux gens ». On peut faire des films mauvais, on peut faire des films pas drôles, on peut faire des films qui rendent les gens pas tristes, mais on essaie de faire des films sincères quand même. Donc voilà, moi, j'espère que mon film est le plus sincère possible.

 

À la fin, je me suis demandé si c'était aussi un message d'amour pour vos parents ?

 

Oh, bah oui, c'est une déclaration d'amour. En fait, moi, je suis papa aussi, j'ai été papa entre-temps, ma fille a deux ans donc c'était pile pendant la préparation du film. C'est dur d'être parent, donc c'est un film qui est parfois un peu cruel, mais qui se veut très tendre. Je pense que c'est un âge où tu comprends que tes parents sont juste des humains qui font ce qu'ils peuvent. Ce n'est pas des demi-dieux, ce n'est pas non plus des persécuteurs. C'est des gens, ils sont comme toi en plus vieux avec leurs propres problèmes. C'est ça que j'ai voulu raconter.

 

L'interview complète est à retrouver ici. Nous, les Leroy sort officiellement au cinéma le 10 avril 2024

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