"Fleur de charbon" Françoise Bourdon
Françoise Bourdon
" Fleur de charbon " (Presses de la Cité)
La jeune Émelie a grandi dans l'univers des mineurs. Devenue institutrice, elle épouse par dépit le fils d'un directeur de mine, une union catastrophique. Par chance, son beau-père apprécie sa connaissance du "fond". En 1871, elle se voit confier plusieurs responsabilités. Elle rencontre Numa, ingénieur. Tous deux vont s'aimer d'un amour impossible. Jusqu'au drame. De 1868 à 1914, des terres noires stéphanoises au Londres des réfugiés de la Commune et aux Chevaliers du Travail de Chicago, une passionnante immersion dans un monde révolu
"Fleur de charbon" Françoise Bourdon
Chronique de Jacques Plaine
FRANÇOISE BOURDON
Fleur de Charbon
Presses de la Cité
Originaire des Ardennes mais ayant un pied à Saint-Etienne, Françoise Bourdon a été professeur d’économie et de droit pendant 17 ans. Elle a décidé ensuite de se consacrer à l’écriture et au journalisme.
1870. Ce n’est pas la joie en France, « L’empereur a trouvé le moyen de déclarer la guerre à la Prusse et de la perdre ! » Encerclé à Sedan, il a capitulé. L’impératrice a fait ses valises pour Londres, la République proclamée et Paris assiégé. Ensuite ça sera la Commune avec en
apothéose la semaine sanglante.
Dans la Ville noire la vie n’est pas moins agitée que dans la
ville lumière. Après la fusillade du Brûlé où la troupe a tiré
sans sommation faisant quatorze morts dont un bébé de
dix-huit mois, Saint-Étienne s’est offert sa Commune et son
drame. Un mort qui n’est pas un nourrisson mais un
polytechnicien, préfet de la Loire, Henri de L’Espée.
C’est dans ce tumulte de l’Histoire que, dans la ville aux
sept collines, la famille d’Émélie se bat et se débat. Plus
souvent au fond de la mine qu’au jour ou dans les bois. En ce temps là c’est le grisou qui bat la mesure, fait la loi et défait les familles. Clémence, la grand-mère, « avait perdu dans le même accident son époux et son fils cadet » et aujourd’hui c’est son autre fils, le père d’Émélie, qui les rejoint au cimetière après qu’une explosion ait fait seize morts et des dizaines de blessés dont ses deux fils.
Émélie, qui a échappé à la mine, qui est institutrice, et qu’Atilla le cheval du fils du grand patron de la mine vient de renverser. Émélie que ce « fils de », un bon à rien ou à pas grand-chose – et après une cour menée au triple galop - demande en mariage. Fureur de la mère du jeune homme « la honte pour elle, née dans une famille appartenant à la bourgeoisie lyonnaise ». Incompréhension de ce qu’il reste de la famille d’Émélie « que
cherche exactement ce joli monsieur ? ». Consternation de tous « les gens d’en bas ».
Quant à Émélie, sans amour, résignée, mais voyant dans ce mariage « une chance de sortir sa famille de la misère » elle dira oui.
Commence alors une longue descente aux enfers qui passera par Londres où elle fera la connaissance de Jules Vallès et de Karl Marx, pour se terminer à Chicago lors du massacre
d’Haymarket Square.
Ensuite, à l’heure où l’archiduc François Ferdinand et son épouse faisaient leur promenade de santé à Sarajevo - et pour permettre à son fils de découvrir les mystères de son arbre généalogique - elle reviendra à Saint-Étienne, rencontrera Séverine et lui expliquera comment descendre au fond de la mine quand on est une jeune fille en fleur… de charbon.


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