Fête de la librairie indépendante : un "métier de passion" dans un contexte économique compliqué
Ce samedi 25 avril c'est la Fête des librairies indépendantes. Près de 700 libraires de toute la France mais également du Luxembourg, de Belgique et de Suisse, profitent de la Journée mondiale du livre pour défendre les librairies indépendantes. Un réseau présent également en Auvergne. On en parle avec Valérie Bethaz, secrétaire de l'association "Chez mon libraire" en Auvergne-Rhône-Alpes et à la tête de la librairie La Cité du Vent à Saint-Flour, dans le Cantal. Elle est l'invitée des radios RCF en Auvergne.
Valérie Bethaz, secrétaire de l'association "Chez mon libraire" en Auvergne-Rhône-Alpes et à la tête de la librairie La Cité du Vent à Saint-Flour, dans le Cantal, défend l'importance des librairies indépendantes. ©Valérie BethazIl y a "Le Moulins aux lettres" à Moulins, "Le Chat Perché" au Puy-en-Velay ou encore "Les Volcans" à Clermont-Ferrand. Voilà pour les plus connues de la région. L'Auvergne compte un important réseau de librairies. À l'occasion de la Fête des librairies indépendantes ce samedi 25 avril, Valérie Bethaz, secrétaire de l'association "Chez mon libraire" en Auvergne-Rhône-Alpes et à la tête de la librairie La Cité du Vent à Saint-Flour, dans le Cantal, est l'invitée des radios RCF en Auvergne.
Les libraires indépendants offrent conseils et coups de cœur
Pourquoi un tel réseau ? Comme ailleurs en France, c'est grâce au "prix unique du livre", répond la libraire. Le prix de vente est le même chez un libraire, dans une grande surface ou sur Internet. Donc pas de concurrence déloyale des géants de la distribution.
Un commerce de proximité
Par rapport à l'achat en ligne, le libraire offre "le service, le sourire, le papier cadeau, le contact et le conseil" au client, rien que ça ! Libraire, un "métier de passion" où il faut être "à l'écoute" pour "ajuster au mieux leurs demandes". "On aime recevoir les gens" et "partager nos coups de cœur", résume Valérie Bethaz.
Une librairie indépendante permet également de faire "vivre la ville dans laquelle elle se trouve" : rencontres avec des auteurs, ateliers, clubs de lecture. C'est "un commerce de proximité" à part entière.
C'est ça aussi une librairie, toute la convivialité qui va autour
C'est par exemple le cas de la librairie de Valérie Bethaz à Saint-Flour, avec l'aide de l'association "Les amis de la Cité du Vent", elle organise des animations deux fois par mois, suivies le plus souvent "d'un buffet partagé". "C'est ça aussi une librairie, toute la convivialité qui va autour", assure la libraire.
C'est également une belle vitrine pour les auteurs de la région. "Les gens aiment beaucoup échanger avec un auteur", explique la secrétaire de l'association "Chez mon libraire". L'Auvergne en compte de nombreux à l'image des cantaliennes Marie-Hélène Lafon, prix Renaudot et prix Goncourt de la nouvelle, et l'autrice de romans "policiers gentils", Sylvie Barron.
On a très peu de marges
La recette pour un bon libraire, "c'est l'écoute des clients" et "s'adapter à ce [qu'ils] veulent". Malgré cette proximité, le contexte est "très difficile pour de nombreuses librairies". "En librairie, on a très peu de marges", explique Valérie Bethaz. Ainsi, "si les ventes baissent, c'est sûr que les librairies ne vont pas tenir très longtemps", prévient-elle.
Même constat pour les petites librairies à la campagne. "Je pense que c'est compliqué pour elles aussi" avec "le contexte et le pouvoir d'achat en forte baisse", et malgré une clientèle fidèle.
"Chez mon libraire" propose une écoute et des formations
Avec l'association "Chez mon libraire", "une écoute pour libraires en difficulté" est proposée ainsi que "des formations qui permettent aux libraires de trouver des idées pour améliorer leurs marges", explique la secrétaire de l'association en Auvergne-Rhône-Alpes.
Donner "le goût d'ouvrir un livre" aux plus jeunes
Selon Valérie Bethaz, les jeunes "lisent différemment", davantage "sur leur portable". L'enjeu est le de donner "le goût d'ouvrir un livre, papier de préférence". Plusieurs initiatives vont dans ce sens comme "Jeunes en librairies", où les professionnels vont à la rencontre d'élèves en classe.
La région AuRA propose également un chèque de 30 euros à chaque élève pour le débourser en librairie. Et ça marche ! Valérie Bethaz parle de "retours très positifs" avec des élèves agréablement surpris. Cette aide permet de battre en brèche les "idées reçues sur le côté intellectuel, plutôt austère des librairies" de certains jeunes.
Le pass culture, "un détonateur"
Dans cette même veine, le pass culture fut un véritable "détonateur" et "a fait venir les jeunes en librairies". La libraire de Saint-Flour regrette la nette baisse de cette aide et la défend : "ce n'était pas un pass mangas", "on est impressionné par la diversité des livres qu'ils choisissent avec cette offre".
L'aspect pécunier demeure une barrière importante pour l'accès des plus jeunes aux livres. "S'ils ont l'opportunité d'avoir de l'argent pour acheter des livres, ils le font. On a pu le constater". La Fête des librairies indépendantes ce samedi va de ce sens.


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