JavaScript is required
Accueil
Eric Fouassier revient avec "Les archanges de la nuit"

Eric Fouassier revient avec "Les archanges de la nuit"

Un article rédigé par Vincent Belotti - RCF, le 4 mai 2026 - Modifié le 4 mai 2026
Il était une joieEric Fouassier revient avec "Les Archanges de la nuit"

Deux ans après "Le Chant maléfique", le Bureau des affaires occultes réouvre pour une nouvelle enquête sur fond d'alchimie et de tensions révolutionnaires. C'est le cinquième tome de cette série historique et policière à succès, qui n'est pas sans  rapprochements avec notre époque actuelle. Plongée dans le mystère avec son auteur, Eric Fouassier, sans oublier ses petits secrets de bonheur ...!

© Ludovic Carème© Ludovic Carème

 


Paris 1834. Panique au Palais de la Bourse. Le cadavre d’un important banquier est retrouvé dans une petite salle du bâtiment. Sur son front, une marque mystérieuse, dans la bouche, du plomb fondu et, épinglé sur le corps, ce message prophétique : "Malheur à ceux qui possèdent l’or et l’argent, car ils périront." C’est le point de départ des Archanges de la nuit, le cinquième tome du "Bureau des affaires occultes". Ce service de police imaginé par Eric Fouassier, en charge de résoudre des cas en apparence paranormaux, mais qui "finissent toujours par s’expliquer de manière rationnelle" grâce à son chef, le jeune inspecteur Valentin Verne et ses connaissances en matière scientifique.

Un lien avec notre époque actuelle

Mais qui sont ces fameux "Archanges de la nuit" ? "Ce sont des personnages très mystérieux, qui s’en prennent à des figures emblématiques de l’évolution de cette Monarchie de Juillet, sous le règne de Louis Philippe. Un régime qui, après avoir été libéral, se durcit pour s’opposer aux aspirations des républicains et aussi aux revendications des ouvriers, qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts en raison du début de la mécanisation industrielle." rappelle le romancier.

Un contexte qui n’est pas sans rappeler en écho l’arrivée d’Emmanuel Macron et la crise des gilets jaunes. "Je pense que ce qui fait le succès de cette série, c’est justement cette similitude avec notre époque actuelle, avec l’arrivée de la haute finance au pouvoir et des soulèvements populaires."

Les dérives de l'alchimie

Tout comme les autres tomes, on assiste aux bouleversements sociaux et scientifiques de ce début du 19e, comme la découverte du chloroforme, nouvel anesthésiant ou les tubes acoustiques, ancêtres de l’interphone. Début aussi des mouvements féministes, menés notamment par la romancière Georges Sand ou encore la création de la première agence de détectives, sous la direction de Vidocq, l’ancien bagnard devenu policier. 

Mais ce sont les secrets de l’alchimie qui occupent ici une place centrale. Une science occulte pas seulement réduite à la transmutation du plomb en or ou l’élixir de la vie éternelle. "C’est plus une philosophie, un moyen de retrouver la pureté originelle, quitte pour ses archanges de tuer, la fin justifiant à leurs yeux les moyens." explique l'auteur, par ailleurs Docteur en droit et Pharmacie.

Un nouvel opus en tout cas particulièrement réussi, avec son lot de rebondissements, où l’on croise des illuminés masqués, une statue de la Vierge Marie qui parle, une jeune prostituée lanceuse d’alerte, un premier duel au féminin. Et une annonce finale qui va bouleverser la vie du héros, Valentin Verne. Le tout dans une écriture particulièrement riche, avec des expressions populaires de l’époque. Vous saurez ainsi ce que veut dire "bonique", des heures de "relevée", l’autre sens de "cuisinier" ou encore cette signification originale pour désigner le 13e arrondissement parisien !

Questions Bonheur

Le matin au réveil, est-ce que vous êtes tout de suite de bonne humeur ou vous avez des "humeurs meurtrières" ? 

Alors plutôt de bonne humeur, mais en fait on ne peut pas trop m'approcher non plus parce que la première chose que je fais le matin en me levant, c'est que je lis. Je commence toutes mes journées en lisant au moins une heure. 

Et vous lisez quoi exactement ? 

De tout. Des romans, des livres d'histoire, de la poésie, du théâtre ... Et quand je lis, il ne faut pas me déranger. Je suis concentré sur ma lecture. Je suis un "ours" pour ça ! 

Quand vous avez un petit coup de déprime, qu'est-ce que vous faites pour vous remonter le moral ? Est-ce que vous vous faites une petite "absinthe" maison dont la préparation est d'ailleurs évoquée minutieusement dans votre dernier roman ? 

Ah, j'avoue que vous lisez de près les romans ! (rires)  Alors, il y a une recette infaillible, je la recommande à tout le monde, ça marche à tous les coups et c'était la recette de Brassens : je me mets un disque de Bobby la Pointe. Quand on a un moment de déprime, c'est impossible de mettre un disque de Bobby la Pointe et de continuer à broyer du noir. Si les auditeurs veulent suivre le conseil ! 

Eric Fouassier, est-ce qu'il y a un endroit qui vous ressource, qui vous fait du bien ? 

Pour moi, quelque chose qui me permet vraiment de me vider la tête, c'est l'excursion, une randonnée en moyenne montagne. Les Vosges, c'est parfait. J'adore marcher dans la forêt avec une pente pas trop élevée et que ça reste du plaisir. Vosges, Jura, tout ça, c'est parfait ! 

Question gratitude : est-ce qu'il y a une personne qui a beaucoup compté pour vous dans votre vie professionnelle ou personnelle et à qui aujourd'hui vous avez vraiment envie de dire merci ? 

Dans ma vie d'écrivain, il y a vraiment une personne avec laquelle il y a eu un avant et un après : c'est Isabelle Laffont. C'est l'éditrice qui m'a fait rentrer dans une grande maison d'édition, chez Jean-Claude Lattès à l'origine. Et c'est devenu mon agent littéraire. C'est elle qui m'a fait rentrer chez Albin Michel. Et c'est la première lectrice professionnelle, après mon épouse qui est ma première lectrice. Derrière, c'est Isabelle qui prend le roman. Et c'est quelqu'un qui a un regard d'une acuité extraordinaire sur les romans et qui voit toujours ce qui va pouvoir améliorer le livre. Toutes ses suggestions sont toujours hyper pertinentes. Donc, je lui dois beaucoup, oui. 

Pour terminer, Eric Fouassier, vous connaissez le dicton. "Pour vivre heureux, vivons cachés." Mais pour vous, pour vivre heureux, il faudrait vivre comment ? 

Je vais vous faire une réponse cucul la praline, mais qui correspond vraiment à ce que je pense vraiment. Pour vivre heureux, il faut vivre d'amour et d'eau fraîche. La gloire, l'argent, tous ces trucs-là, sont des choses qui passent. Et la seule chose qui rend profondément un homme ou une femme heureux, c'est d'aimer et d'être aimé. Donc, vivons d'amour et d'eau fraîche quand on le peut. Ce n'est pas toujours possible, mais quand on le peut, c'est vraiment ce qui peut nous rendre heureux.

 


"Les archanges de la nuit" paru chez Albin Michel depuis le 30 avril. A noter que les deux précédents titres "Le Chant maléfique" et "Requiem pour la dame blanche" viennent de sortir en édition de poche.

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Il était une joie
©RCF
Découvrir cette émission
Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Pour aller plus loin

Suivez l’actualité nationale et régionale chaque jour

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.