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En route pour Pékin avec “La croisière jaune” !
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En route pour Pékin avec “La croisière jaune” !

Un article rédigé par Lucie Hector - RCF, le 15 février 2024  -  Modifié le 20 février 2024
Ce jour dans l'Histoire 12 février 1932: La Croisière Jaune se termine à Pékin

« La croisière jaune », c’est un projet de traversée de l’Asie en automobile lancé par l’industriel André Citroën en 1932. Malheureusement, le chef d’expédition, Georges-Marie Haardt, compta parmi les nombreuses victimes de cette expédition un peu folle….

 

Carte publiée en 1931, au début de l'expédition par les services Citroën avec les différents itinéraires prévus et/ou possibles ©Wikimedia commons Carte publiée en 1931, au début de l'expédition par les services Citroën avec les différents itinéraires prévus et/ou possibles ©Wikimedia commons

Le 12 février 1932 s’est terminée la « Croisière jaune », un  projet fou lancé par André Citroën, dont le but était de relier Beyrouth à Pékin en voiture, une grande première dans l’histoire. Ce dernier, avait nommé à la tête de cette expédition Georges-Marie Haardt, industriel et explorateur français d'origine belge. Il mourra de fatigue peu de temps après être arrivé sur place le 16 mars 1932, à seulement 48 ans.

Pourquoi André Citroën s’est-il lancé dans cette folle aventure ? 


Avec La Croisière jaune , André Citroën, fondateur de l'empire industriel automobile du même nom, a souhaité mettre en avant les prouesses techniques de ses véhicules. Il a voulu montrer qu’il était possible de se lancer dans une expédition pionnière, suivant les traces de l'ancienne Route de la soie. Son objectif était aussi d’emmagasiner de nombreuses données scientifiques. Il a fallu pas moins de trois ans pour mettre en place le corps expéditionnaire. Ce temps a été nécessaire pour reconnaître l’itinéraire et obtenir toutes les autorisations des pays à traverser. André Citroën s’est entre autres appuyé sur Georges-Marie Haardt pour cette expédition, ce dernier ayant déjà parcouru  le Sahara en 1923 et dirigé «la croisière noire », une traversée de l’Afrique en voiture en 1924.

Deux équipes se sont élancées à la conquête de l’Asie le 4 avril 1931 : le premier groupe « Pamir », a commencé son voyage à Beyrouth pour ensuite, selon les plans initiaux, passer par les Indes, l'Himalaya et le Kazakhstan jusqu'en Chine, à Pékin. Le « groupe Chine », est lui, parti de la ville de Tientsin, au nord-est de la Chine et a voyagé d’est en ouest dans l’empire du milieu, pour ensuite retrouver la première équipe à Pékin. 

Une fin funeste pour un projet hors norme !


Le groupe Pamir n’a rencontré aucun problème pour se déplacer dans le golfe persique et les différents pays d’Asie mineure. A contrario, le groupe Chine a fait face à de nombreuses difficultés : ses membres ont notamment été retenus prisonniers par le maréchal King Shu-Jen, un gouverneur chinois. Ils furent libérés grâce  à l’intervention de Georges-Marie Haardt. À peine remis de leurs émotions, une tempête de sable les a submergés alors qu’ils traversaient le désert de Gobi . Enfin, dernière grande difficulté : ils sont confrontés à une véritable insurrection en traversant la Corée. Ces problèmes ont beaucoup contrarié l’avancée de l’expédition.

Malgré tous ces obstacles, les deux équipes réussissent à se rejoindre le 27 octobre à Urumqi, avant d' arriver enfin à Pékin le 12 février 1932, sous une pluie d’applaudissements. Malgré sa réussite, l’expédition laisse un goût amer : parmi les 40 hommes partis de Beyrouth, douze seulement ont survécu. Georges-Marie Haardt compte parmi les victimes, ravagé par une pneumonie développée pendant le voyage. Faute de soins adéquats, il décède le 16 mars 1932 à Hong Kong, à l’âge de 48 ans et après avoir rempli l’exploit de traverser plus de 12 000 km !

Ce décès laissera un arrière-goût amer au groupe expéditif lors de son retour en France, groupe qui pensait aller jusqu’à Shanghai.  « L’homme est mort mais l’œuvre reste » s’est exprimé André Citroën suite à la mort de Haardt. 

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©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Ce jour dans l'Histoire

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