Dans le Maine-et-Loire, un des derniers fondeurs de christ de France
Jérôme Horville est fondeur d’art au Lion d’Angers. Il y a quelques mois il s’est associé à SOS Calvaire pour restaurer trente christs en métal.
Jérôme Horville en train de réaliser une coulée de Christ dans son atelier @RCF AnjouCalvaires, oratoires, chapelles qui tombent en ruine. Et une association qui tente d’y remédier. SOS Calvaire a un atelier au Lion d’Angers et répare les croix brisées depuis 1987. Son activité est en forte progression depuis quelques années et la demande se fait aussi pressante pour réparer les christs en métal. Heureux hasard : à deux pas de leur atelier, Jérôme Horville est l’un des seuls en France à pouvoir répondre à ce besoin. L’association lui a passé commande : trente christs en un an. Le dixième est d’ailleurs en chantier. C’est le moment de la coulée de métal.
Un savoir-faire dangereux
En plein milieu des bruits de souffleuse, de soudure et des métaux qui claquent, Jérôme Horville travaille dans la cacophonie de la fonderie. Il est équipé : casque de chantier, visière et manteau argenté qui le couvre de bas en haut. “Parce que l'aluminium chauffe à 740 degrés, ça peut être dangereux. Moi j’ai une combinaison anti-feu,” explique le fondeur en s’habillant.

Les étapes de fabrication
Dans une grande cuve, l'aluminium est en train de chauffer. Avec le vacarme, il faut tendre l'oreille pour entendre Jérôme qui explique les étapes de fabrication. “Il faut compter neuf heures de moulage, ensuite la coulée ne va durer que quelques minutes, puis il y aura toutes les étapes de finitions et la peinture. Donc, ça va nous rajouter quelques heures de travail ”, développe-t-il.
Des pièces uniques
Le moule de plus d’un mètre trente de long attend d’être rempli d'aluminium en fusion. “Il faut savoir que les moules sont en sable et qu’à chaque moule on obtient une pièce. Un moule ne servira qu’une seule fois, on peut presque dire que chaque pièce est unique” affirme Jérôme Horville.
La coulée, elle, doit être faite “d’un coup d’un seul.” Pour réussir à maîtriser ce métal transformé en lave rougeoyantes , ils s’y mettent à cinq. Avec des grandes louches en fer, ils remplissent le christ. “Tout s’est bien passé, maintenant, on va attendre de voir si la pièce est bonne … ou pas”, annonce le fondeur une fois le travail terminé.
Des heures de travail parfois perdues
Il faut attendre entre deux à trois heures pour laisser refroidir le métal et voir le résultat. Mais même après le démoulage, la pièce est parfois ratée. Il arrive aussi que le moule en sable, qui peut faire plus de 250 kilos, s'effondre. Dans ce cas, il faut tout recommencer.
Fondre des christs, c’est un savoir-faire délicat qui demande de la persévérance. Ces christs sont commandés par des particuliers et surtout des mairies qui souhaite restaurer leur patrimoine, mais les fondeurs capables de faire ce travail ont quasiment tous disparus.
Pour faire découvrir son métier, Jérôme Horville ouvre son atelier “Spatule et Blaireau” au public . Les informations pour ces visites guidées sont à retrouver sur son site internet.
