"Comme un oiseau sans ailes" Françoise Henry
Françoise Henry (Prix Charles Exbrayat 2009)
" Comme un oiseau sans ailes " (Éditions du Rocher)
Personne n'a vu croître son mal-être. Lui à l'extérieur, pour gagner l'argent de la famille. Elle à l'intérieur, c'est-à-dire au foyer.
Il allait subir dans sa carrière une trahison, lorsqu'il serait impliqué dans l'affaire des Avions renifleurs.
De son côté, ne se sentirait-elle pas, elle aussi trahie, de façon silencieuse, dans sa quête de légitime reconnaissance ? Combien de fois a-t-elle rêvé de rendre son tablier, de s'envoler comme l'aigrette des neiges postée au milieu du champ !
"Comme un oiseau sans ailes" Françoise Henry

La Chronique de Jacques Plaine
Françoise Henry – Comme un oiseau sans ailes –Editions du Rocher –
Comédienne et écrivain, Françoise Henry, Prix Charles Exbrayat 2009 fut aussi marraine du Concours de Nouvelles 2017 organisé par la Médiathèque municipale de Saint-Etienne, les Amis de la Moldavie en Rhône-Alpes-Auvergne et Lire à Saint-Etienne.
Histoire d’une vie.
Celle d’une femme, belle et intelligente, avec de l’esprit et du caractère. Une femme que rien ne prédestinait à une vie le nez dans les casseroles.
Cette femme c’est «la femme de l’ingénieur du pétrole ».
Pourtant comme l’écrit l’une de ses deux filles, «nous sommes entre personnes pour qui l’argent n’est pas l’essentiel puisqu’elles n’en ont jamais manqué, entre personnes qui ont le temps et l’occasion de penser, de réfléchir, qui ont de la culture, des idées, des valeurs, des livres plein la bibliothèque.» Une famille où l’ascenseur social a bien fonctionné, son frère ne fut-il pas académicien ?
Une vie avec un coup de foudre. Un seul. Un éclair qui un jour d’orage lui transperça les oreilles faisant d’elle une miraculée. « Oh ma petite fille, c’est un miracle !»
Brillante, reçue au baccalauréat dans un fauteuil - « il faut absolument qu’elle continue » opinaient ses professeurs - elle ne se présentera pas à la licence de Lettres, préférant un rendez-vous avec son amoureux. Peut- être – allez savoir ! - aurait-elle dû repasser cet examen, porte ouverte à tous les possibles.
Il était si beau, si bon, si fort, l’amoureux de ce jour-là ! Un amoureux qui jusqu’à sa mort sera à ses côtés, attentif et présent… comme peut l’être un ingénieur du pétrole.
Un expert, un homme exceptionnel cet ingénieur qu’une entreprise internationale choisira pour assurer des missions délicates. Une, particulièrement, qui excitera aussi bien l’intérêt d’un Président de la République que la curiosité du Canard enchaîné. Une mission qui défrayera la chronique et le fera pénétrer « les yeux bandés, dans une histoire aux allures de polar.» Une mission pour laquelle, même sans lui en dévoiler les secrets – « secrets absolus, secrets militaires » - il aurait eu tellement besoin de voir son oeil posé sur ses chagrins plutôt que sur ses casseroles.
Et puis bien plus tard, à l’heure où les souvenirs se ramassent à la pelle, à l’heure où les voyages ne forment pas que la jeunesse, elle deviendra, sur les routes de France, la Première Dame et la première lectrice de ce seigneur de jadis, « l’ingénieur du pétrole ».


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