Christophe Paris, distiller la foi à travers les spectacles
Quitter le monde des grands groupes pour embrasser la scène et y exprimer sa foi : c'est le cheminement de Christophe Paris. Comédien et producteur engagé, il a fait du théâtre le lieu où sa vie prend tout son sens. Depuis plus de six ans, ce milieu lui permet d'exprimer ses valeurs chrétiennes à travers les pièces qu'il produit et les expose sur scène. Pour notre émission Portrait, il se confie sur ce cheminement intime où la recherche artistique rejoint la quête spirituelle.
Christophe ParisDu monde de l'entreprise aux planches : le saut de la foi
Il y a encore quelques années, la vie de Christophe Paris se déroulait dans les bureaux feutrés des multinationales, où il exerçait comme acheteur en informatique et en énergie. Mais derrière la réussite matérielle, le vide s'installe. Sa vie n'a plus de sens, l'ennui s'installe. Le déclic se produit lorsqu'il pousse la porte des cours du soir de l'école de théâtre "Le Foyer". Il y vit des moments extraordinaires et comprend de manière foudroyante que sa véritable place est ici.
En travaillant sur des scènes avec différents intervenants, une certitude s'impose à lui : « J’ai vraiment senti que je touchais du bout des doigts quelque chose d’indicible sur scène, que j’avais découvert un espace d’expression où on est totalement libre de laisser apparaître certaines parts de l’humanité. » Dès lors, Christophe Paris s'épanouit en défendant un théâtre qui met en avant toute la grandeur de l'Homme, mais aussi ses profondes faiblesses.
Pour lui, la scène est un lieu unique, sans filet, où l’on apprend à se connaître plus profondément. Un cheminement de longue haleine : « C’est le travail d’une vie, et ça fait écho avec la foi, parce que c’est une quête d’une vie de trouver ce chemin spirituel. »
Une foi blessée, retrouvée et partagée
Le parcours spirituel de Christophe Paris a pourtant connu de lourdes tempêtes. Il y a un peu plus de dix ans, la perte brutale de son père brise ses certitudes. Face à la violence du deuil, il lui devient alors impossible de croire. Aujourd'hui, c'est une foi discrète qui l'habite, une foi retrouvée qui s'exprime pleinement à travers le théâtre, ce qu'il n'arrivait pas à faire auparavant. Pour le comédien, le théâtre est un espace de réconciliation : « Par le théâtre j’essaye de retrouver ce chemin vers Dieu, qui n’est pas une évidence chaque jour mais j’ai bon espoir. Aujourd’hui j’arrive à exprimer mes talents à travers le théâtre, je pense que c’est déjà quelque chose de très beau. »
En tant que producteur, il choisit avec soin des pièces qui défendent des valeurs fortes comme l'engagement et l'introspection, répondant ainsi à ce que les spectateurs viennent chercher au théâtre. Ce fut le cas avec son adaptation de « Terre des hommes », le chef-d'œuvre d'Antoine de Saint-Exupéry. Au milieu de sa lecture du livre, Christophe s'était arrêté pour se demander si l'auteur était chrétien, pour découvrir qu'il ne l'était pas du tout. Une preuve pour lui que la scène doit être un lieu de communauté et de recherche, où le spectateur est invité à faire ses propres choix plutôt qu'à recevoir des leçons moralisatrices. S'agit-il pour autant d'une forme d'évangélisation ? « Totalement », assume le producteur.
Un théâtre artisanal ouvert à tous : l'aventure de Marguerite-Marie
Le théâtre que défend Christophe Paris se veut artisanal, non exclusif et accessible à toutes et tous, croyants comme non-croyants. C'est l'ambition de son projet phare, la pièce « Sainte Marguerite-Marie et Moi ». Le spectacle repose sur le texte de Clémentine Beauvais, une autrice ouvertement athée et de gauche, qui aborde cette enquête familiale sous un œil très scientifique pour comprendre qui était sainte Marguerite-Marie Alacoque avant de devenir la grande mystique que l'on connaît. Cette approche rationnelle et historique permet d'ouvrir grand les portes du théâtre aux personnes éloignées de la foi.
L'aventure est née de la rencontre, il y a un an, entre Christophe Paris et Laurence Bohec, autrice de différentes pièces qu'il produit, diffuse et dans lesquelles il joue parfois. En novembre, le projet est lancé avec Clémentine Beauvais, pour des répétitions qui ont débuté dès le début du mois de janvier.
Pour financer l'équipe artistique et le projet dans sa globalité, une campagne de financement participatif est actuellement en cours sur la plateforme Credofunding.
Cette pièce est appelée à être jouée dans des lieux chargés de sens. À Paray-le-Monial d'abord, puisque le culte du Sacré-Cœur y est historiquement lié, mais aussi dans des dizaines de paroisses et au sein de la Chapelle de l’Oratoire à Avignon, un lieu qui a pour vocation de défendre les valeurs chrétiennes de manière moins « capitalistique ». Les premiers retours du public sont d'ailleurs superbes : si les croyants se réjouissent d'y découvrir de nouvelles facettes de la sainte, de nombreux non-croyants confient être repartis réconciliés avec la foi.
L'actualité de la rentrée :
Christophe Paris et sa compagnie préparent un été intense avec pas moins de quatre projets à Avignon :
« Sainte Marguerite-Marie et Moi » : Le spectacle historique et spirituel en pleine tournée.
« CRYSTAL CLEAR » : Un drame amoureux poignant, remarquable par son accessibilité inclusive aux personnes non-voyantes.
« Le silence des voix qui se sont tues » : Une œuvre forte signée par l'autrice Laurence Bohec.
« Terre des hommes » : L'adaptation du texte de Saint-Exupéry, qui continue de rencontrer un franc succès en tournée depuis plus de deux ans.


Chaque jour, découvrez une personne, son parcours et son regard sur la vie et sur l'actualité.
