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Brigitte Bardot : la liberté jusqu'au bout

Brigitte Bardot : la liberté jusqu'au bout

Un article rédigé par Fabien Genest - RCF, le 29 août 2026 - Modifié le 29 août 2026
La Symphonie du cinémaBB comme Brigitte Bardot : La militante et la femme libre 4/4

Pendant près de vingt ans, Brigitte Bardot a incarné l'une des plus grandes stars du cinéma et de la chanson. Puis, en 1973, à seulement 39 ans, elle surprend le monde entier en mettant un terme définitif à sa carrière artistique. Loin de disparaître de la scène publique, elle ouvre un nouveau chapitre de sa vie, entièrement consacré à la défense des animaux. Une vie marquée par des engagements sans concession et des prises de position très politiques parfois et controversées. 

©  Wikimedia. Brigitte Bardot avec ses chiens à Saint-Tropez.© Wikimedia. Brigitte Bardot avec ses chiens à Saint-Tropez.

Un choix inattendu

Au début des années 1970, Brigitte Bardot demeure l'une des personnalités françaises les plus célèbres au monde. Pourtant, derrière cette image de star internationale, une lassitude s'installe. Après près de vingt ans passés devant les caméras, elle ne se reconnaît plus dans le monde du cinéma et le star system. En 1973, elle retrouve une dernière fois Roger Vadim, le réalisateur qui l'avait révélée avec Et Dieu… créa la femme, pour Don Juan 73. Ce film, où elle partage notamment l'affiche avec Jane Birkin, Maurice Ronet et Robert Hossein, sera l'avant-dernier de sa carrière. Quelques mois plus tard, Brigitte Bardot annonce une décision qui surprend le monde entier : à seulement 39 ans, elle quitte définitivement le cinéma. Elle expliquera plus tard avoir « tout donné » à cet univers. Ce départ, rare pour une vedette au sommet de sa notoriété, marque le début d'une nouvelle vie, loin des studios mais non des combats.

La défense animale, le combat d'une vie

À partir du milieu des années 1970, Brigitte Bardot consacre progressivement toute son énergie à la protection animale. Ce qui n'était jusque-là qu'une sensibilité personnelle devient un engagement au quotidien. Les campagnes contre la chasse aux phoques, menées dès 1977 sur la banquise canadienne, lui offrent une visibilité internationale et contribuent à sensibiliser l'opinion publique. En 1986, elle crée la Fondation Brigitte Bardot, qui poursuit encore aujourd'hui ses actions en faveur du bien-être animal. Des chansons comme Toutes les bêtes sont à aimer illustrent cette nouvelle orientation, où l'art devient le prolongement de ses convictions. Cette seconde vie sera aussi marquée par des prises de position parfois controversées, qui susciteront de vifs débats. Quelles que soient les réactions, Bardot demeurera fidèle à une ligne de conduite qu'elle n'aura jamais reniée : défendre sans compromis les causes qui lui tiennent à cœur.

Des héroïnes qui annonçaient déjà la femme engagée

Bien avant son retrait du cinéma, plusieurs personnages incarnés par Brigitte Bardot laissaient déjà entrevoir une personnalité plus combative qu'il n'y paraissait. Dans Viva Maria ! (1965), réalisé par Louis Malle, elle interprète, aux côtés de Jeanne Moreau, une artiste de cabaret entraînée malgré elle dans une révolution. Trois ans plus tard, dans Shalako (1968), western d'Edward Dmytryk avec Sean Connery, elle campe une femme plus mûre et affirmée. Puis vient Les Pétroleuses (1971), réalisé par Christian-Jaque, où elle partage pour la première fois l'affiche avec Claudia Cardinale. Louise, son personnage, est une hors-la-loi indépendante, à la tête d'une bande de femmes rebelles. Avec le recul, ces rôles apparaissent comme les prémices de la Brigitte Bardot qui choisira bientôt de mener ses propres combats, loin des personnages glamour auxquels on l'avait trop souvent réduite.

Une liberté qui continue de fasciner

En revisitant la carrière de Brigitte Bardot, un fil conducteur s'impose : celui de la liberté. Déjà dans Babette s'en va-t-en guerre (1959), comédie de Christian-Jaque sur fond de Seconde Guerre mondiale, elle incarnait une jeune femme qui découvrait, presque malgré elle, le courage et l'engagement. Tout au long de sa filmographie, ses personnages ont souvent défié les conventions sociales, bien avant que l'actrice ne décide de suivre son propre chemin. En quittant volontairement le cinéma au sommet de sa notoriété, Brigitte Bardot a fait un choix de vie aussi courageux que surprenant, préférant ses convictions à la célébrité. Icône du septième art, chanteuse populaire, muse de Serge Gainsbourg puis militante passionnée, elle demeure une personnalité à part dans l'histoire culturelle française. Admirée par les uns, contestée par les autres, elle n'a jamais cessé de revendiquer une indépendance qui, aujourd'hui encore, continue de nourrir le débat autant que la fascination.

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
La Symphonie du cinéma
©RCF
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