"Bateau" à La Cigalière : un spectacle de cirque sur l'enfance enfouie en nous
La Compagnie Les Hommes Sensibles présente jeudi 7 mai à Sérignan son spectacle le plus emblématique (plus de 300 représentations en France et en Europe). Un voyage immobile entre cirque et théâtre d'objets, tendre et poético-punk.
Plus de 300 représentations, un succès national et européen pour "Bateau" de la Cie Les Hommes Sensibles © GGG Il est des spectacles qu’on n’oublie pas, et "Bateau", signé par la Compagnie Les Hommes Sensibles, en fait partie. Après plus de 300 représentations dans toute la France et au-delà des frontières, ce solo circassien et théâtral fait escale à La Cigalière, à Sérignan, jeudi 7 mai à 20h30. Et le retour a quelque chose de particulier : Jean Couhet-Guichot, l'artiste qui porte le spectacle, est un enfant du pays.
Un enfant du territoire revenu chez lui
Originaire de Nissan-lès-Ensérunes, tout proche de Sérignan, puis à l’école de cirque du Lido à Toulouse, Jean Couhet-Guichot a ensuite fait ses armes dans le monde entier avant de choisir de revenir s'installer dans la région. C'est ici qu'il mène aujourd'hui sa compagnie, associée à La Cigalière pour la deuxième saison consécutive — une relation de confiance, ancrée dans le territoire, avec l'envie d'aller vers les habitants et de leur raconter tout ce que les voyages lui ont appris.
"Bateau" est le spectacle qui a tout changé pour la compagnie. Celui qui lui a donné une visibilité nationale, puis européenne. Pas de hasard à cela : sans un mot de dialogue, il peut voyager partout. Et ce qu'il raconte parle à tout le monde.
Un adulte dans une chambre d'enfant
Le point de départ est universel : un adulte qui revient dans sa chambre d'enfance. Il retrouve les objets, les gestes, les logiques d'un autre temps. Et avec eux, une question qui flotte dans l'air : qu'est-ce qu'il reste de l'enfant qu'on était ? Du jeu ? De l'émerveillement ? Des monstres sous le lit ?
"C'est un bout d'enfant qui est resté coincé dans un adulte et qui s'est accroché à une douce rage de vivre", dit la note d'intention. Le personnage est impassible, nostalgique, obsessionnel… et surtout joyeux. Il bricole, recrée son monde, se métamorphose. Grâce à ses objets, il retrouve ce que la vie d'adulte avait recouvert.
Sous une forme que Jean Couhet-Guichot appelle lui-même "poético-punk", le spectacle tient un équilibre rare : aussi drôle que touchant, aussi simple qu'habité. Entre cirque et théâtre d'objets, il ne se laisse pas enfermer dans une case, comme son créateur, qui aime toucher à tout et faire le lien entre les esthétiques du spectacle vivant.
Une jauge réduite pour un spectacle intime
La salle joue à petite jauge ce soir-là, un choix assumé par son directeur, Marc Boudet. Parce que "Bateau" se joue avec de petits objets, à la frontière entre deux disciplines qui demandent à être vues de près pour être vraiment ressenties. Chaque spectateur doit pouvoir embarquer. C'est la condition du voyage.
En amont de la représentation du soir, des scolaires des environs auront la chance de découvrir le spectacle en matinée. Des artistes de la compagnie sont également intervenus dans les classes pour préparer les élèves, leur faire comprendre comment naît un spectacle vivant, avant qu'ils ne le vivent eux-mêmes.
Une façon de transmettre, dès l'enfance, ce que "Bateau" défend depuis le début : que l'imaginaire ne meurt pas. Il attend, enfoui quelque part, qu'on vienne le déterrer.
Jeudi 7 mai 2026 à 20h30, La Cigalière (Sérignan). Réservations sur lacigaliere.fr


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