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À Segré, le Loto du patrimoine donne un nouvel espoir à la chapelle Saint-Joseph

À Segré, le Loto du patrimoine donne un nouvel espoir à la chapelle Saint-Joseph

Un article rédigé par Thomas Cauchebrais - RCF Anjou, le 22 septembre 2026 - Modifié le 30 septembre 2026
L'Anjou en héritageLa chapelle Saint-Joseph de Segré selectionnée par le Loto du patrimoine 2026

Sélectionnée par le Loto du patrimoine portée par Stéphane Bern, la chapelle Saint-Joseph, à Segré-en-Anjou Bleu, pourrait franchir une étape décisive vers sa restauration. Jean Luard, membre de l’association qui œuvre à sa sauvegarde, raconte la mobilisation des bénévoles et la redécouverte d’un trésor oublié : une mosaïque d’Isidore Odorico.

Chapelle Saint-Joseph de Segré ©ville de Segré-en-Anjou-bleuChapelle Saint-Joseph de Segré ©ville de Segré-en-Anjou-bleu

Sur les hauteurs de Segré, son clocher répond à celui de l’église de la Madeleine. Entre les deux coule l’Oudon. Mais depuis de nombreuses années, les portes de la chapelle Saint-Joseph restent closes. Sa sélection par le Loto du patrimoine ouvre désormais de nouvelles perspectives. « Les Amis de la chapelle Saint-Joseph étaient très heureux puisque c’est le fruit de plusieurs années de travail pour sensibiliser sur la sauvegarde de cette superbe chapelle », confie Jean Luard.

Fondée en 2021, l’association a multiplié les initiatives pour faire connaître l’édifice et réunir des soutiens. « On a aussi commandé une étude à un architecte qu’on a financée », explique-t-il. Un travail mené avec la municipalité, propriétaire des lieux, qui permet aujourd’hui d’envisager les premières interventions.

Une chapelle au berceau de la ville

Si la chapelle actuelle date du XIXe siècle, elle occupe un emplacement beaucoup plus ancien. « C’était l’église Saint-Sauveur à cet endroit-là, dans l’enceinte du château fort », rappelle Jean Luard. Cette position dominante renvoie aux origines mêmes de Segré, autour de la forteresse édifiée vers l’an mille par Foulques Nerra.

L’ancienne église disparaît pendant la Révolution. Au XIXe siècle, plusieurs projets sont envisagés sur ses ruines, dont une sous-préfecture ou une école. C’est finalement un nouvel édifice religieux qui voit le jour, à partir de 1860. De style néogothique, la chapelle adopte un plan en croix grecque, aux quatre bras de même longueur.

À l’intérieur subsistent des vitraux, des statues et un banc de communion en fer forgé. Mais c’est au sol que les bénévoles ont retrouvé son décor le plus inattendu.

Sous la poussière, les couleurs d’Odorico

Lors de l’étude architecturale, une spécialiste attire leur attention sur une mosaïque très encrassée. Un premier nettoyage révèle alors son intérêt. « On a découvert que sous la crasse, il y avait une superbe mosaïque, un tapis de sol qui conduit le visiteur depuis l’entrée de la chapelle jusqu’à l’autel », raconte Jean Luard.

Au centre, une croix comporte des tesselles emprisonnant des feuilles d’or et d’argent. « Avec une simple brosse et de l’eau, on retrouve tous ces carreaux, toutes ces tesselles de mosaïque qui s’illuminent. »

Les recherches permettent de retrouver à Rennes une esquisse signée d’Isidore Odorico, attestant une réalisation en 1942. Les circonstances de cette commande, en pleine guerre, restent toutefois inconnues. « Qui l’a commandée ? Pourquoi ? […] On n’a vraiment aucune information », reconnaît Jean Luard.

Cette redécouverte change le regard porté sur l’édifice. « Ça nous a vraiment donné un coup de projecteur », souligne-t-il. La chapelle possède désormais un argument artistique de poids pour défendre sa restauration.

Restaurer progressivement et rouvrir les portes

L’étude chiffre à 1,8 million d’euros une restauration complète. Une somme considérable, qui impose d’avancer par étapes. « Nous irons petit à petit, et l’architecte nous a identifié différentes phases », précise Jean Luard.

Une première tranche, estimée à 185 000 euros, doit permettre de consolider l’édifice et, si les conditions le permettent, d’envisager sa réouverture. Au moment de l’entretien, le montant de l’aide du Loto du patrimoine n’est pas encore connu.

L’objectif dépasse la seule sauvegarde des murs. La chapelle conserve sa vocation religieuse, mais pourrait aussi accueillir des expositions et des concerts. Située sur un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle pourrait également ouvrir ses portes aux pèlerins. « Le but, c’est vraiment qu’elle soit très utilisée et que les Segréens reprennent en main leur chapelle. »

La sélection au Loto du patrimoine constitue donc un encouragement, sans clore la collecte. Une souscription est ouverte auprès de la Fondation du patrimoine. Jean Luard insiste : « Il n’y aura pas que le Loto du patrimoine qui nous permettra de sauver la chapelle, il faut continuer les dons. »

© RCF Anjou
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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