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À Metz, Léo Faber expose ses « Impressions de Moselle » à la Porte des Allemands

À Metz, Léo Faber expose ses « Impressions de Moselle » à la Porte des Allemands

Un article rédigé par Manon Dehus - RCF Jerico Moselle, le 7 mai 2026 - Modifié le 11 mai 2026
Focus en MoselleLéo Faber, le retour d’un artiste messin vers les paysages de Moselle

Jusqu’au 31 mai, la Porte des Allemands accueille Impression de Moselle, une exposition de l’artiste messin Léo Faber. Entre paysages ruraux, vaches, lumières messines et fresque participative, le peintre raconte son retour au territoire après plusieurs années passées entre Nancy, Bruxelles et Madrid.

Crédit : Manon Dehus : Léo Faber devant l’oeuvre “Après-midi à Sillegny”, réalisée en collaboration avec Bruno MarinelliCrédit : Manon Dehus : Léo Faber devant l’oeuvre “Après-midi à Sillegny”, réalisée en collaboration avec Bruno Marinelli

Construite au XIIIe siècle, la Porte des Allemands est l’un des symboles du passé médiéval de Metz. La Ville la présente comme le seul vestige encore en élévation des portes médiévales de la cité, devenu depuis sa réouverture au public en 2014 un écrin pour de nombreuses manifestations culturelles. « C’est ma première exposition dans un lieu si important. Quoi de mieux, pour un peintre lorrain, que d’exposer à la Porte des Allemands », se réjouit -Léo Faber 

Un retour au vert après Madrid

L’artiste peintre Léo Faber est né à Metz. Après des années à apprendre les rouages du métier aux Beaux-Arts de Nancy, puis un passage par Bruxelles, il s’installe à Madrid, où sa peinture se tourne davantage vers l’abstraction, les couleurs fortes et une pratique plus expressionniste. Mais son retour en Moselle, en 2021, marque un tournant dans sa carrière. L’artiste raconte être revenu dans sa région natale après une rupture amoureuse et après la période Covid. 

« J’avais envie d’un retour au vert. Quand je suis revenu, j’ai redécouvert les paysages de mon enfance. C’est de les avoir quittés qui m’a fait me rendre compte à quel point ils étaient beaux », raconte-t-il.

Depuis, il sillonne le Grand Est dans sa Twingo, carnet à la main, pour immortaliser, à travers des croquis,  champs, pâturages, villages, vaches et lumières de Lorraine. Ses paysages naissent souvent au bord d’une route : un arrêt, une esquisse rapide, parfois une photo, puis un travail de recomposition en atelier.

Des vaches comme porte d’entrée vers le paysage

Dans l’univers de Léo Faber, les vaches occupent une place centrale. Elles sont devenues son motif le plus reconnaissable, au point que certains le surnomme  « Léo Vache ». 

« Les vaches donnent vie au paysage. Elles sont assez statiques, donc simples à représenter. Et presque abstraites aussi, comme de grandes masses qui ancrent le paysage. J’ai repris les bases : peindre un nuage, peindre une vache, peindre un champ. Et je me suis rendu compte que le fait d’aller sur place, de prendre un croquis du paysage, c’était peut-être la manière la plus authentique de créer », développe l’artiste.

De la Moselle rurale aux lumières de Metz

L’artiste débute son parcours créatif par la représentation des vaches et des étendues rurales , avant d’intégrer peu à peu les bâtiments, les villages, puis Metz elle-même. Dans ses toiles, on retrouve des paysages pastoraux, des églises, des vieilles bâtisses, mais aussi des vues plus urbaines : la cathédrale, le Moyen-Pont, le Temple Neuf, les lumières froides de l’hiver et de l’automne messin. Après avoir longtemps peint des paysages presque vides, l’artiste dit ressentir aujourd’hui l’envie de renouer avec l’être humain et de donner vie à ces tableaux  grâce aux passants et aux personnages.

Un titre en clin d’œil à Monet

Le titre de l’exposition,« Impression de Moselle », assume une référence directe à l’impressionnisme et à Claude Monet. Il raconte avoir participé l’an dernier à un projet collectif intitulé « Suite Moselle », une résidence entre amis sur un bateau pour peindre les bords de Moselle, dans l’esprit de la barque-atelier de Monet. 

C’est en peignant sur le bateau de son père, amarré à Pont-à-Mousson, qu’il dit avoir trouvé le sens du projet « J’ai peint la butte de Mousson avec les reflets d’eau et je me suis dit : là, j’y suis, je suis vraiment dans ce travail d’impression »

Ses influences sont multiples : Monet, Cézanne, Rosa Bonheur, mais aussi François Hegel, peintre messin moins connu, qui a beaucoup représenté les paysages lorrains et la cathédrale de Metz. « Quand je me balade autour de la cathédrale, j’ai l’impression d’être dans un tableau de François Hegel. Je me suis reconnu dans son amour du pays lorrain », confie-t-il. 

Une fresque collective à la Porte des Allemands

L’autre particularité de cette exposition, c’est la présence d’une fresque participative, pensée comme une œuvre vivante et évolutive. Le principe : chaque participant réserve une partie du dessin, sort en plein air devant la Porte des Allemands, puis peint ce qu’il voit, avec sa sensibilité, son style, son âge et son rapport au paysage « Ce qui m’intéresse, c’est de composer une grande fresque participative avec plusieurs styles qui se mélangent. Peut-être que des adultes seront plus réalistes, et que des enfants iront vers quelque chose de plus naïf, plus brut » 

Pour lui, le processus compte autant que le résultat. L’idée est de prendre le temps de regarder un paysage réel, de sentir les couleurs, les textures, les changements de lumière, loin de la vitesse du quotidien « Dans une société où tout va très vite, prendre le temps de regarder pendant une heure un paysage, entendre les oiseaux, voir les changements, c’est quelque chose d’assez méditatif. »

Cette visite guidée et cet atelier créatif Léo Faber - Impression de Moselle  sont proposés le vendredi 15 mai, de 10h à 12h, à la Porte des Allemands. L’atelier est gratuit, limité à 10 personnes, avec inscription au 03 87 55 56 63.

Transmettre autant que peindre

Ce messin n’est pas seulement peintre. Ces ateliers ne sont pas une première pour Léo Faber, puisqu’il y a notamment travaillé à la réalisation de fresques avec des jeunes, animé des ateliers autour de l’art urbain, et mené des interventions entre Metz, le Grand Est et Madrid. Cette dimension pédagogique fait partie de son parcours. Il l’explique par son histoire familiale : une mère éducatrice spécialisée, un père dessinateur de presse, André Faber, et un rapport ancien à la bande dessinée, au dessin et à l’image « Le métier de peintre est très solitaire. Les ateliers permettent de casser ce quotidien et de partager » soulève t-il. 

Avec « Impression de Moselle », Léo Faber dit vouloir clore ou du moins rassembler quatre à cinq années de recherche autour des paysages lorrains. Mais son ambition dépasse le simple accrochage de tableaux. « Je voudrais que les spectateurs se rendent compte de la beauté de notre région. Si mes tableaux peuvent créer une attention qui n’existait pas avant, pour moi, c’est gagné » espère - t-il.

Après cette analyse poussée des vaches et des pâturages, l’artiste poursuivra d’ailleurs cette exploration du territoire. En juillet, il participera à une résidence artistique autour de l’étang de Lindre, où il souhaite cette fois s’intéresser aux oiseaux, aux étangs et aux paysages d’eau.

Infos pratiques

Exposition : Impression de Moselle, de Léo Faber

Lieu : Porte des Allemands, boulevard André-Maginot, Metz

Date : Jusqu’au 31 mai

Horaires : du mardi au dimanche, de 14h à 19h en mai

Tarif : accès libre / gratuit

Atelier créatif : vendredi 15 mai, de 10h à 12h limité à 10 personnes

Inscription atelier : 03 87 55 56 63 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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