"1964 Naissance de la CFDT, 60 ans après" Pierre HERITIER
Pierre Héritier
" 1964 Naissance de la CFDT, 60 ans après… " (Éditions du Croquant)
Soixante ans dans la CFDT, soixante-dix ans dans les combats syndicaux et quelques fois politiques : Pierre Héritier raconte comment il est devenu militant. Comment et pourquoi cet engagement l'a conduit à devenir l'un des principaux dirigeants de la CFDT à l'époque d'Edmond Maire. Les conflits sociaux sont nombreux dans le bassin stéphanois, comme la dernière grève des mineurs ou celle de Manufrance, des conflits exemplaires dans les PMI et les grands magasins.
"1964 Naissance de la CFDT, 60 ans après" Pierre HERITIER

Chronique de Jacques Plaine
PIERRE HÉRITIER
1964 Naissance de la CFDT, 60 ans après…
Éditions du croquant
Pierre Héritier né à Saint-Symphorien-sur-Coise, militant
CFTC/CFDT à la Lyonnaise de Banque dès 1955, a fini
numéro 2 de la CFDT en 1980. « C’est en respirant l’air de
Saint-Étienne que je suis entré en syndicalisme ».
« Comme Obélix, je suis tombé dans la marmite très tôt, au
début de ma vie active ».
Fils de boulanger, son père fut président du syndicat, il
deviendra à sa mort et à 8 ans « le fils de la mère Héritier » et
racontera alors comment il avait envisagé devenir prêtre. Une
décision qui le conduira dans une école cléricale, lui fera
apprendre le latin et même le grec. Puis viendra l’heure du
service militaire où il échappera à l’Algérie, pendant que
d’autres, sans avoir ni tué ni torturé, verront leurs copains
sauvagement assassinés, trente cinq en ce qui me concerne.
Pierre Héritier raconte. Il raconte son premier emploi à la
Lyonnaise de Banque, sa première grève en 1956 contre
l’intervention soviétique à Budapest, ses premières
responsabilités syndicales, puis en 1963 sa participation au débat sur la déconfessionnalisation de la CFTC et sa présence l’année suivante au congrès qui scellera la naissance de la CFDT.
De délégué du personnel à membre du comité fédéral de sa Banque, de secrétaire de l’Union Locale à son élection au Bureau National, il nous fait revivre les grandes luttes syndicales de ces années-là. Sa participation aussi bien en 1967 à l’affaire Manufrance, qu’en 1968, dix jours avant le 13 mai, au « colloque national sur l’autogestion à Saint-Étienne », puis à d’autres combats, ceux de 1973 marqués par un emblématique conflit, celui de la manufacture horlogère Lip.
Plus tard, ce sera en 1981, la CFDT fera face au pouvoir socialiste : « Jamais les syndicats français n’avaient disposé d’autant de moyens pour intervenir dans la gestion de l’entreprise et pour négocier » et pourtant un an plus tard la CGT perdra la moitié de ses adhérents et la CFDT
le tiers.
Pierre Héritier évoque aussi celui qui dès 1971 sera secrétaire général et personnage incontournable de la CFDT : Edmond Maire. « Les militants se sont souvent plaints d’avoir « le mal de Maire » quand le navire tanguait et que le pilote imposait des mouvements trop brusques. Mais la mer s’est calmée…. Maire a su faire le gros dos dans les tempêtes ».
« Mais j’ai gardé moi aussi le mal de Maire » dira en conclusion celui qui avait tout pour devenir l’Héritier.


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