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Personnes âgées dépendantes: le grand déni
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Personnes âgées dépendantes: le grand déni

RCF, le 18 juin 2018  -  Modifié le 27 février 2024
Le Temps de le dire Personnes âgées dépendantes: le grand déni
Face au grand âge nous sommes dans "une dénégation collective" dénonce le CCNE. Si notre société ne prend pas soin de ses aînés, est-ce parce qu'elle a du mal à admettre le vieillissement?
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Personnes âgées dépendantes, un avis qui a fait grand bruit. Le 17 mai 2018, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) rendait public son Avis n°128 du 15 février 2018 sur les 'Enjeux éthiques du vieillissement'. Il était question d'une 'dénégation collective du vieillissement de notre société'. Dénégation qui 'révèle une forme latente de maltraitance vis-à-vis des personnes âgées dépendantes... Cette forme de maltraitance, non assumée, peut potentiellement induire une exclusion effective de ces personnes.' Nous ne pouvons plus enfouir la tête dans le sable. Les plus de 75 ans ne sont pas une part infime de la population qu’on pourrait ignorer : ils représentent près de 12 millions de personnes en France, soit plus de 16% de la population.
 

'Nous sommes dans une logique où il faut mesurer le temps de la toilette : et comment on mesure le temps de la relation avec la personne âgée ? Comment on mesure le temps de la relation avec la famille ?'

 

Les ehpad à réformer

Pour l'année 2017, on compte plus d'une centaine de mouvements de grève dans les Ehpad. 'Le système de financement des Ehpad nous a fait entrer dans une logique presque taylorienne, on nous a conduit à mesurer le temps de travail : c'est ce qui est à l'origine de la révolte de salariés des Ehpad', explique Jean-Bernard Prim, directeur général de l'association Chemins d’espérance. 'Nous sommes dans une logique où il faut mesurer le temps de la toilette : et comment on mesure le temps de la relation avec la personne âgée ? Comment on mesure le temps de la relation avec la famille ? C'est ça qu'il faut remettre au cœur de notre action.'

'Visiblement ce n'est pas le choix, le désir de la personne que d'aller en Ehpad', observe Jean-Louis Wathy, délégué général adjoint de l'association Les Petits frères des pauvres, qui compte près de 13.000 bénévoles et autour de 600 salariés. En septembre 2017, l'association a publié avec l'Institut CSA leur étude 'Solitude et isolement quand on a plus de 60 ans en France en 2017'. Étude qui montrait que les plus de 65 ans sont 85% à ne pas vouloir aller en Ehpad. 'Cela veut dire bien qu'il faut trouver d'autres moyens et d'autres méthodes.'

 


ÉCOUTER â–º "Je l'aime tant le temps qui reste" - Vieillir dans la joie avec Ezzedine El Mestiri

 

Vieillir ne fait plus rêver

Pourquoi ne veut-on pas voir le vieillissement de la population ? Tout comme les mots du CCNE sont forts, le constat de Jean-Bernard Prim est amer. 'Je crois que l'avenir n'est plus une promesse, j'ai longtemps travaillé avec des adolescents, ils n'avaient pas envie de grandir non plus, le seul âge désirable finalement c'est d'avoir 10 ans, après on n'a plus envie de grandir, on n'a plus envie de rentrer dans la société active, on n'a plus envie de vieillir, de s'installer, de s'engager.' Il considère que dans notre société 'il y a un problème avec l'âge, avec le vieillissement'.
 

Se Donner les moyens de bien vieillir

Et pourtant, 'vieillir c'est une belle aventure, c'est une chance, c'est une grâce', dit Jean-Bernard Prim . À condition de vieillir dans de bonnes conditions. Quand une personnage âgée arrive dans un Ehpad de l'association Chemins d'espérance, on lui demande quel est son projet de vie. L'association, qui compte 1.000 salariés et près de 300 bénévoles, gère 20 établissements en France, pour la plupart des Ehpad. 'On peut tout à fait en Ehpad faire attention aux personnes, être attentif à leurs désirs et le prendre en compte et le réaliser', comme le dit Jean-Louis Wathy. C'est une question de moyens et d'état d'esprit. 'Les deux sont liés.'

 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Le Temps de le dire

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