Louis VI le Gros, Pépin le Bref, Berthe au Grand Pied... Pourquoi a-t-on donné des surnoms aux rois et reines de France ?

RCF, le 17/01/2021 à 01:00
 -  Modifié le 09/01/2023 à 09:39
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Les rois et reines de France à travers leurs surnoms

Pourquoi Louis VI est-il dit "le Gros" ? Comment le premier roi carolingien est-il passé à la postérité sous le nom de Pépin le Bref ? Et que dire de Berthe au Grand Pied ? Si les surnoms font sourire, ils sont souvent à l'origine de nos patronymes. En ce qui concerne les rois de France, ils permettent de mieux les identifier... Pour Cédric Lemagnent, auteur du livre "De Clodion le Chevelu au Roi Soleil" (éd. Armand Colin, 2020), les sobriquets donnés aux monarques de France sont une manière ludique et originale de comprendre l'histoire de notre pays.

Louis-Félix Amiel, Pépin le Bref (1837)©Wikimédia commons Louis-Félix Amiel, Pépin le Bref (1837)©Wikimédia commons

Les surnoms : l'origine de nos patronymes

 

"Nos noms actuels sont tous, à un moment ou à un autre, des surnoms" explique Cédric Lemagnent. À l'époque antique, chacun avait un prénom, un nom et surnom, ce qu'on appelle le "tria nomina". C'est au Xe siècle qu'il a été décidé "que le nom devenait prénom et le surnom devenait patronyme donc nom". Avant de devenir juridiquement valable à l'époque de François Ier. Ces surnoms font très souvent référence à des critères précis comme un trait physique, un lieu, un prénom ou un métier et de manière plus ou moins positive.

 

Les surnoms aident à identifier les souverains

 

Quand, au XIIIe siècle, Louis IX (qu'on qualifiera de "prudhomme") souhaite centraliser l'histoire de France dans un ouvrage dans un souci de compréhension, il demande au moine Primat de Saint-Denis de s'atteler à la tâche et d'écrire "le roman des rois". Ce qu'il fera pendant... 24 ans ! Devant les innombrables textes historiques, "les surnoms vont permettre de comprendre qui est qui" notamment lorsqu'il y a plusieurs nominations similaires comme par exemple pour le prénom Louis.

 

Claudion le Chevelu, Charles le Simple, Pépin le Bref : des surnoms ou des symboles ?

 

On pourrait croire que Claudion le Chevelu avait une tignasse digne des plus grands chanteurs de métal. Mais c'est surtout son pouvoir qui est symbolisé dans le surnom "le Chevelu", qui, à l'époque, était synonyme de puissance. Les surnoms qui reprennent une caractéristique physique sont souvent simples à retenir et comprendre.

 

D'autres sobriquets sont un peu plus ambivalents comme Charles III dit "le Simple". Malgré des choix douteux, comme donner la Normandie aux Vikings ou prendre le frère de son ennemi comme conseiller, sa simplicité peut aussi venir de son pragmatisme, cela dépend de l'interprétation de chacun. 

 

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