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RCF Un conseil intercommunal de santé mentale à Bischheim et Schiltigheim
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Un conseil intercommunal de santé mentale à Bischheim et Schiltigheim

Un article rédigé par RCF Alsace - RCF Alsace, le 12 juin 2024  -  Modifié le 19 juin 2024
Les Trois Questions · RCF Alsace Le conseil local de la santé mentale c'est quoi ?

Depuis le mois d’avril, les villes de Schiltigheim et de Bischheim (Bas-Rhin) ont décidé de s'allier pour mieux gérer la santé mentale de sa population. Hier, c’était le deuxième Conseil Local sur la Santé Mentale, le CLSM. Une vingtaine d'acteurs locaux se sont retrouvés pour mettre en place de nouvelles initiatives sur le sujet. Lionel Rotolo est le coordonnateur adjoint des conseil locaux sur la santé mentale dans le département, explique le but de ce conseil.

© Flickr - Quartier des écrivains à Schiltigheim - Guilhem Vellut Flickr © Flickr - Quartier des écrivains à Schiltigheim - Guilhem Vellut Flickr

RCF Alsace : Quel est l'objectif de ce Conseil local sur la santé mentale ? 

Lionel Rotolo : Le Conseil local de santé mentale (CLSM) n'a pas vocation à créer de la consultation. Si les acteurs estiment qu'il s'agit d'un solution, alors nous pourrons commencer à faire un projet là dessus. Il existe des points d'accueil "écoute", plus spécifiquement pour les jeunes, au travers de la Ville, mais qui ne sont pas suffisants. On va chercher à voir pourquoi, et ensuite éventuellement développer d'autres choses. Le CLSM a une vocation à faire de la prévention primaire : connaître les signes de la dépression, les choses à faire ou à ne pas faire en cas de tentatives suicidaires. On peut les proposer au grand public à travers l'animation, soit de ciné-débats ou de forums. Cela permet à la population d'avoir davantage d'informations et d'avoir surtout moins peur de la psychiatrie et de la santé mentale. C'est quelque chose qui est assez important. Aujourd'hui la santé mentale est encore un terme qui fait assez peur. On a du mal à en parler entre nous

RCF Alsace : D'où vient cette peur ?

L.R. : Peut-être que les films n'ont pas aidé. Quand on demande aux gens de citer un film sur la santé mentale, souvent Vol au-dessus d'un nid de coucou ou Shining émergent 50 ans après leur sortie. C'est assez questionnant. Une crainte persiste : celle qu'être fou, c'est être dangereux. Il y a aussi cette crainte qu'être fou, c'est être à part. Cette crainte est fondée sur une vérité, la double peine des personnes avec des troubles de santé mentale. Avoir un trouble de santé mental fait qu'on va avoir du mal à discuter avec les autres. D'autre part, les autres vont également avoir peur de ce trouble et risquent d' encore plus isoler la personne dans cette situation. On n'a pas envie de parler de son trouble mental de peur d'être encore plus isolé. Mais ouvrir la parole là-dessus devrait permettre de pouvoir déstigmatiser.

Il y a une demande croissante et énorme post-covid

RCF Alsace : Le Conseil local de la santé mentale a-t-il été créé en raison de la demande croissante ?  

L.R. : On a trop peu de chiffres là-dessus. Subjectivement, oui, clairement. Il y a une demande croissante post covid. Les adressages aux urgences pour détresse psychique ont augmenté. Les gestes suicidaires ont augmenté, mais paradoxalement, pas les suicides aboutis. Il y a une demande énorme, mais si je dois répondre objectivement, il me faudrait des chiffres que nous n'avons pas. Cela pourrait d'ailleurs constituer un des axes de travail pour que les acteurs s'en emparent. L' observation en santé mentale semble essentielle à développer aujourd'hui.

RCF Alsace : Pourquoi avoir mis en place un conseil local à Schiltigheim et Bischheim?

L.R. : Les CLSM se créent sur volonté politique. Les élus de Schiltigheim et de Bischheim, nous ont contactés. Ils avaient constaté l'émergence d'une problématique de santé mentale, ou plutôt, qui est davantage connue et de plus en plus visible, et souhaitait réagir. Au sein de la coordination du département, nous avons cherché à opérationnaliser cette demande. Il s'agit de mettre les acteurs en présence du territoire dans un premier temps et voir quelle est leur problématique avant d'essayer de construire quelque chose.

 


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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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