Que faire du sentiment de honte et de culpabilité pour retrouver le goût d'avancer ?
« Je ne suis pas ce que j’ai fait, mais ce que je suis » : dans l’émission Inspiration au micro de Laetitia de Traversay sur RCF Lyon, deux conseillères conjugales et familiales du Cabinet Raphaël, Inès Saint-Georges et Inès de Muizon, mettent des mots sur deux poids intérieurs souvent confondus : la honte et la culpabilité. Elles ouvrent un chemin possible, pour sortir de l’enfermement et aller vers une forme de réconciliation avec soi-même. Une émission qui nous propose de réapprendre à nous regarder avec bienveillance et de retrouver le goût d’avancer.
Sortir de l’enfermement - Photo de Mushtaq Hussein - © from Pexels« La honte touche à l’être, la culpabilité à l’agir »
Ces deux sentiments se ressemblent mais ne disent pas la même chose de nous. La culpabilité concerne ce que l’on fait : une parole trop dure, une absence, une erreur reconnue. Elle peut être saine, parce qu’elle humanise, invite à réparer, à demander pardon, à réajuster sa route.
La honte, elle, atteint plus profondément l’estime de soi. Elle murmure : « je ne vaux pas ». Nourrie par le regard des autres, parfois héritée de générations silencieuses, elle enferme et rabaisse. « C'est un poison de l’âme », dit Boris Cyrulnik.
Quand ces deux forces se mêlent et deviennent envahissantes, elles finissent par bloquer l’élan vital : c'est comme cela que l'on retrouve des personnes perfectionnistes épuisées par leur petite voix critique, des altruistes incapables de dire non jusqu’au burn-out, ou des procrastinateurs qui perdent confiance en leur capacité d’agir.
Pourtant, une autre voie existe : changer le dialogue intérieur, passer du reproche à l’encouragement, oser ce simple mouvement vers soi qui encourage et dit : « n’aie pas peur ».
« Dire la honte pour qu’elle cesse de nous enfermer »
La honte et la culpabilité grandissent dans le silence. Plus on les cache, plus elles semblent définitives. Les mettre en mots, même maladroitement, les rend partageables et donc transformables.
En couple, lors d’une infidélité, d’une maladie psychique, d’un chômage prolongé, la tentation de s’isoler est grande. Mais sortir du silence, demander de l’aide, c’est déjà rompre l’étau. Prendre rendez-vous, confier sa fragilité, c’est un acte d’humilité qui ouvre un espace sécurisé où colère, peur et tristesse peuvent enfin se dire. Parfois, la guérison passe par un geste de réparation, un pardon demandé ou accordé. Quand réparer n’est plus possible, il reste un travail intérieur : regarder les faits sans se réduire à eux, distinguer ses choix du contexte, accepter ses limites.
Petit à petit, il peut se dessiner une vérité libératrice : je ne suis ni mon échec, ni mon chômage, ni ma faute.
Une piste de croissance : accueillir ce que je ressens sans en faire mon identité
Une invitation à avancer avec douceur
On ne se libère jamais totalement de la culpabilité. Et ce n’est pas souhaitable : elle nous rappelle à notre responsabilité et nous relie aux autres. Mais elle peut perdre son pouvoir d’écrasement.
En parlant, en se faisant accompagner, en travaillant son estime de soi, chacun peut remettre honte et culpabilité à leur juste place. Elles ne sont plus alors des prisons intérieures, mais des signaux à écouter pour mieux choisir sa route.
Un pas après l’autre, on peut apprendre à se regarder avec douceur et à se pardonner. « Mettre des mots pour se remettre en mouvement » et retrouver cette légèreté qui permet d’avancer.


Des itinéraires inspirants, des cafés philo, du conseil conjugal et familial et de la Communication Non Violente, le samedi à 16h50 et le dimanche à 9h30.
Lætitia de Traversay donne la parole aux hommes et aux femmes qui construisent ce monde, discrètement et passionnément : spécialistes du couple et de la famille, philosophes, formatrices en CNV (Communication Non Violente), des personnes qui osent s'engager et relever des défis, portées par leur foi en Dieu et leur foi en l'Homme.
