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Nutrition, l’obsession d’une vie saine
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Nutrition, l’obsession d’une vie saine

Un article rédigé par Amaury Perrin - RCF, le 28 avril 2023  -  Modifié le 17 juillet 2023
Je pense donc j'agis Nutrition, l’obsession d’une vie saine

"Un esprit sain dans un corps sain." Cette expression venue de l'Antiquité semble être aujourd’hui le mot d'ordre. Faire du sport, manger équilibré : jusque-là rien de bien répréhensible. Sauf si cela devient une obsession. Attention, disent les experts, à trop vouloir maîtriser sa nourriture, on peut être victime de troubles alimentaires obsessionnels comme l'orthorexie.

L'obsession du "bien manger" peut s’accompagner d’une peur de se trouver en contact avec des aliments perçus comme malsains ©Freepik L'obsession du "bien manger" peut s’accompagner d’une peur de se trouver en contact avec des aliments perçus comme malsains ©Freepik

Pendant longtemps, l’injonction faite, essentiellement aux femmes, était d’être mince et d’avoir la taille fine. Un glissement s’est opéré doucement et aujourd’hui c’est le "bien manger" qui est au centre de la table. Une tendance qui a ses dérives et qui peut conduire à l’orthorexie, c’est-à-dire la recherche perpétuelle d’une bonne alimentation et un rapport rigide à la nourriture.

 

L’orthorexie, nouveau mal de la société ? 

 

L’orthorexie "amène tout un tas d’évictions alimentaires, parfois de groupes entiers d’aliments qu’on ne consomme plus, ainsi que des associations alimentaires interdites", explique Alexandre Chapy, psychologue clinicien et diététicien. Cette obsession du "bien manger" peut s’accompagner d’une peur de se trouver en contact avec des aliments perçus comme malsains : des aliments trop gras, trop sucrés, trop salé. Mais interviennent souvent tout un tas de règles que l’on s’impose à soi-même. 

 

"De nos jours, les interdits alimentaires permettent de se démarquer dans la société", estime Frère Philippe Henne, professeur émérite de l’université catholique de Lille. Végétarien, vegan, fruitarien, flexitarien… "À chacun aujourd’hui de créer ses propres règles", dans une société où "il y a un effritement de la valeur des grands modèles politiques ou religieux, qui donnaient des règles pour vivre et des indications morales". Ajouté à cela, une certaine "profusion" de nourriture dans laquelle nous vivons. Si l’on n’en a pas toujours conscience, cela "peut être angoissant", avance Alexandre Chapy. 

 

 

→ À LIRE : Repas de fête : comment se nourrir en chrétien ?

 

 

Le relationnel, un essentiel oublié

 

À côté de quoi passe-t-on quand on est obsédé par le contrôle de sa nourriture ? Un repas partagé est synonyme de convivialité. "En ne se souciant que de ses calories et de son poids, on devient davantage tourné vers soi-même et non vers les autres", déplore Philippe Henne. Mais il faut bien sûr différencier "une pratique qui exclut la personne de son cercle social, d’une pratique rigide qui permet quand même d’être en lien avec les autres", précise Alexandre Chapy, pour qui il est important de "mettre davantage en avant le lien avec les autres".

 

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