La communication dans le couple : un pilier à cultiver
Entre mots mal placés, gestes qui blessent et écrans qui monopolisent l’attention, la communication dans le couple peut vite se dérégler. La thérapeute Alice Piat nous éclaire sur ces failles ordinaires… et sur la façon de les réparer avec douceur.
Apprendre à se parler pour mieux s’aimer © VGC’est l’une des phrases qu’Alice Piat entend le plus souvent dans son cabinet : "On n’arrive plus à communiquer."
Thérapeute de couple sur le bassin de Thau, elle reçoit régulièrement des partenaires persuadés de ne plus parler la même langue. Pourtant, tout avait si bien commencé.
Quand la lune de miel s’efface
Au début de la relation, tout paraît simple : on se comprend à demi-mot, un regard suffit. "C’est la fameuse lune de miel", explique Alice Piat. Mais à mesure que le couple avance, chacun retrouve ses habitudes, ses besoins, ses imperfections. Le quotidien s’installe… et l’attirail de malentendus avec lui.
Le portable qui détourne l’attention, la fatigue qui rend moins disponible, ou encore ces petits "5 R" malmenés (respect, reconnaissance, etc.) qui abîment la qualité des échanges.
Créer les conditions pour un vrai dialogue
Pour Alice Piat, une communication efficace ne tombe jamais du ciel. Elle se prépare.
"Avant de parler d’un sujet important, il faut demander : es-tu disponible ?", souligne-t-elle.
Le couple doit pouvoir choisir le bon moment, sans pression, sans écran interposé.
Un contact (une main posée sur l’autre) peut même aider à instaurer une atmosphère apaisée.
On entre alors dans une communication non violente, loin des accusations ou du fameux "tu qui tues". On privilégie le "je ressens", le "je me sens moins aimé, moins considéré", plutôt que le reproche frontal.
Cette posture ouvre la porte à l’écoute, à l’accueil de la vulnérabilité de l’autre.
Aborder les sujets sensibles sans se déchirer
L’argent, la sexualité, la belle-famille, l’éducation des enfants… autant de terrains minés dans la vie conjugale.
Ils méritent un cadre adapté, idéalement une soirée calme, sans écrans, sans distraction.
"Ce n’est pas un débat qu’on doit gagner", rappelle la thérapeute.
L’objectif n’est pas de convaincre l’autre qu’il se trompe, mais de partager son ressenti.
L’écriture : un outil sous-estimé
Lorsque la tension est trop forte ou qu’un mot de trop a blessé, l’écriture peut devenir un précieux allié.
Lister ce qui s’est passé, ce que l’on a ressenti, ce que cela réactive en soi, parfois des blessures anciennes, jamais vraiment apaisées.
Cet exercice permet de prendre du recul, de sortir de la réaction à chaud, et d’arriver à exprimer ce qui est réellement en jeu.
Toujours revenir au positif
Même après une discussion difficile, il est essentiel de conclure par un élan vers l’autre. Quel pas puis-je faire pour revenir vers toi ? Comment pouvons-nous éviter que cela se reproduise ?
C’est cette dynamique constructive qui nourrit la confiance mutuelle, pilier discret mais indispensable du couple.
Et si cela devient trop lourd ?
Parfois, malgré tous les efforts, la communication reste brouillée. Les émotions débordent, la fatigue gagne. C’est là que la présence d’un professionnel peut aider à remettre du sens, à éviter que les tensions ne se transforment en rupture intérieure.
Pour Alice Piat, la communication n’est ni un don naturel, ni un acquis permanent. C’est un chemin, un apprentissage, souvent exigeant mais toujours libérateur.


Plongeons au cœur de l'intimité d'un cabinet de thérapie de couple et de sexothérapie, en compagnie d'Alice Piat thérapeute de couple et sexothérapeute. La chronique "Le couple de cœur à corps" à retrouver les 1er et 3e mercredis de chaque mois dans le 12-13 près de chez vous.




