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Janvier sans alcool: quel intérêt à relever le défi ?

Janvier sans alcool: quel intérêt à relever le défi ?

Un article rédigé par Vincent Belotti - RCF, le 9 janvier 2026 - Modifié le 9 janvier 2026
Portez-vous bienMois sans alcool : quel intérêt à relever le défi ?

Essayer de ne pas boire une seule goutte d’alcool pendant un mois. C’est le défi lancé par le "Dry January", soit "Janvier sobre" en français.  L’occasion surtout de voir où l'on en est de sa consommation. Mais quand commence l'excès, qui est concerné et vers qui se tourner pour se faire aider ? L'éclairage de Viet Nguyen THANH, responsable de l’unité addictions à Santé Publique France et la participation de Louis-Ferdinand LESPINE, psychologue et chercheur en addictions au centre hospitalier du Vinatier à Lyon.

© Freepik© Freepik

Alcool : une consommation qui reste stable en France depuis 2021, mais toujours fréquente : neuf français sur dix, toutes générations confondues, déclarent en avoir pris dans leur vie et plus de la moitié dans les sept derniers jours, dont un adulte sur cinq ayant dépassé les repères dits "à moindre risque." Mais quelles sont ces limites ? Le principe est simple, rappelé par Viet Nguyen Thanh : "Deux verres maximum par jour et 10 maximum par semaine." Et peu importe la nature de l’alcool consommé : "Quand on boit un verre de vin de 10cl à 13° par exemple, il y a la même quantité d’éthanol, dangereuse pour la santé, qu’un demi de bière à 25cl." Une recommandation qui vaut d’ailleurs quel que soit son âge ou son sexe.

Des risques méconnus à long terme

Mais quels sont précisément les risques de l’alcool sur la santé ? "Si les effets immédiats sont connus, accidents de la route, violences subies, rapports sexuels non protégés, les conséquences à long terme le sont moins." souligne la spécialiste. Et de citer les maladies digestives, troubles cardiovasculaires, mais surtout les cancers, dont "celui du sein, du colon et du rectum, de la bouche, du foie de l’œsophage ou de l’estomac." En 1988, L’OMS, (Organisation Mondiale de la Santé) avait d’ailleurs classé l’alcool comme molécule cancérigène certaine. Et on estime qu’aujourd’hui, il est à l’origine de 40 000 décès par an.

Des chiffres détaillés

Qui est cependant concerné par cette consommation excessive ? Publié en décembre dernier, le nouveau baromètre de santé publique a donné des indications précises : toutes les tranches d’âge sont impliquées, avec une plus forte proportion pour les trentenaires (24%) et les quadragénaires (23%). Toujours plus d’hommes (62%) que de femmes (48%). A noter aussi l'influence du niveau social : plus on est diplômé et à l’aise financièrement, plus les seuils sont dépassés. De même, on boit davantage quand on est chef d’entreprise, cadre, agriculteur, artisan ou commerçant et quand on est un actif plutôt qu’inoccupé. Enfin, on constate une disparité entre les régions: en tête du classement, la Bretagne, Pays de Loire et Nouvelle Aquitaine. 

Un mois sans alcool

Le buveur type serait-il donc un homme à la trentaine, gagnant bien sa vie et vivant en Bretagne ? Pour la responsable de l’unité addictions, le schéma est trop réducteur. "En fait, tout est le monde est concerné, quel que soit l'âge, le sexe et la catégorie sociale en France. D’où l’incitation générale à réduire sa consommation d’alcool." 

C’est justement le concept du Dry January, traduit par "Janvier sobre". Un mouvement né en 2012 en Angleterre et arrivé en France en 2020. Si le défi initial est de ne pas toucher à une goutte d’alcool pendant un mois, "les objectifs sont multiples." souligne Viet Nguyen Thanh. "C’est l’occasion de faire le point : est-ce que c’est difficile ou non de consommer de l’alcool, d’observer aussi les réactions de ses proches sur cette abstinence et enfin de faire une pause pour constater les effets sur sa santé."

Quel impact sur la durée ? 

Mais rester sobre un mois peut-il vraiment être tenable et amener un changement sur le reste de l’année ? Oui, si l’on en croit une toute première étude sur le suivi, menée par le centre hospitalier du Vinatier à Lyon, en partenariat avec trois associations spécialisées en alcoologie. Portant sur l’année 2024, elle a inclus plus de 2000 personnes ayant participé au défi. Résultats : 57 % ont déclaré n’avoir consommé aucun alcool pendant le mois de janvier, avec des effets immédiats sur la santé : amélioration du sommeil, du bien-être et de la confiance en soi, avec la capacité de refuser un verre dans un contexte social. 

"Surtout", souligne Louis Ferdinand Lespine, psychologue et chercheur en addiction, 60 % des participants ont diminué leur consommation plusieurs mois après Janvier ce qui montre que ce défi n’est pas qu’un effet de mode ou de détox, mais induit un changement durable des comportements." 

Un engagement à poursuivre

Reste cette question : pourquoi "l’abstinence" du gouvernement à encourager cette démarche ? Excepté l’ex ministre de la santé, Yannick Neuder, aucun soutien officiel n’a été enregistré. Viet Nguyen Thanh refuse pourtant de rentrer dans la polémique "Ce que je peux dire, c’est qu’à Santé publique France, on reste très engagé sur la thématique alcool. On mène de très nombreuses campagnes et la prochaine édition portera sur la réduction des risques en milieu festif intitulée "C’est la base."

En attendant, il est toujours possible de participer à ce "Défi de janvier". Au dernier relevé sur le site alcool- info-service, qui relaye cette opération, un peu plus de 29 000 participants se sont inscrits. Et qui sait, fêteront leur victoire en trinquant au soir du 31 Janvier…avec un verre ..de jus de fruit !

 


Pour aller plus loin :

 Alcool Info service : Remanié tout récemment, ce site propose notamment d'évaluer sa consommation, d'agir sur celle-ci et comment aider un proche. Il relaye aussi le "Défi Janvier sans alcool" avec un accompagnement personnalisé et une application à télécharger. Toutes les infos sur : https://www.alcool-info-service.fr/

Une ligne téléphonique d'écoute est également joignable 7j/7, de 8h à 2h, au 0980 980 930 (appel anonyme et non surtaxé)

Pour découvrir le nouveau baromètre de Santé Publique France, concernant notamment la consommation d'alcool en France : https://www.santepubliquefrance.fr/

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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