Famille, couple ou solo : reprendre la main sur les écrans sans culpabiliser
Comment vivre au mieux à l’ère du virtuel ? C’est la question que pose l'émission Inspiration sur RCF Lyon, avec Frédérique Veyron la Croix et Inès de Muizon, conseillères conjugales et familiales au Cabinet Raphaël. En s’appuyant sur leur pratique quotidienne, elles nous aident à poser un regard lucide et apaisé sur notre rapport aux écrans — en solo, en couple et en famille. Elles proposent des pistes de réflexion pour apprendre à choisir plutôt qu’à subir.
Les écrans en famille peuvent faire écran - © from Pexels« Les écrans font écran à la relation » : quand le virtuel envahit le réel
Au Cabinet Raphaël, les conseillères conjugales et familiales entendent souvent parler de cette question. Des parents se disent démunis face à des adolescents connectés « H24 ». Des couples, le soir venu, partagent le même lit mais plus le même espace intérieur. Des jeunes adultes happés par le défilement sans fin, entre plaisir immédiat et sentiment de vide.
Les écrans fascinent, captent l’attention, promettent une détente rapide. Mais à quel prix ?
« Le temps n’existe plus », observe Frédérique Veyron la Croix. Pris dans les logiques algorithmiques, chacun peut se retrouver entraîné là où il n’avait pas prévu d’aller. Avec souvent une lucidité intacte et une difficulté réelle à s’en détacher. Peu à peu, ce temps grignoté devient du temps en moins pour la relation, pour le dialogue, pour le désir. Dans le couple, l’omniprésence du téléphone peut générer évitement, jalousie numérique et appauvrissement de la communication. Dans la famille, elle crée une distance émotionnelle et fragilise les moments de partage qui font le ciment du lien.
« Il ne s’agit pas de diaboliser, mais de choisir » : retrouver une liberté
intérieure
Pour autant, les conseillères refusent toute lecture culpabilisante. Le numérique est aussi une formidable ouverture : un outil de travail, de créativité, de transmission, un moyen de rester en lien malgré la distance. Il peut nourrir la relation, soutenir l’amour, encourager, valoriser. La question n’est donc pas l’écran en lui-même, mais la manière dont nous l’habitons.
Objectiver sa consommation, ritualiser ses usages, instaurer des zones et des temps sans écran : autant de petits pas concrets pour redevenir acteurs plutôt que spectateurs.
Car derrière l’hyperconnexion se cache parfois une difficulté plus profonde : celle d’accepter le silence, l’ennui, le manque — pourtant nécessaires à la créativité, au désir et à l’intériorité. « S’il n’y a plus de manque, il n’y a plus de place pour l’envie », souligne Inès de Muizon.
Dans le couple comme dans la famille, cela passe par des choix partagés : un repas sans téléphone, une soirée jeu, un film regardé ensemble, une vraie conversation. Et surtout, par l’exemple des adultes donné aux plus jeunes.
Ce ne sont pas les écrans qui posent problème, mais la manière dont nous les laissons prendre toute la place
Redonner du poids au lien, au silence et à la présence
Vivre à l’ère du virtuel, ce n’est pas renoncer au progrès, mais apprendre à l’intégrer sans se perdre. C’est redonner de la valeur au regard, à la parole, au silence. C’est accepter de se déconnecter parfois pour mieux se rencontrer.
Au fil de cette émission, une invitation se dessine : oser s’interroger, seul, en couple ou en famille, sur ce que nos usages disent de nos besoins profonds. Et choisir, jour après jour, ce qui nourrit vraiment la relation et la vie intérieure.


Des itinéraires inspirants, des cafés philo, du conseil conjugal et familial et de la Communication Non Violente, le samedi à 16h50 et le dimanche à 9h30.
Lætitia de Traversay donne la parole aux hommes et aux femmes qui construisent ce monde, discrètement et passionnément : spécialistes du couple et de la famille, philosophes, formatrices en CNV (Communication Non Violente), des personnes qui osent s'engager et relever des défis, portées par leur foi en Dieu et leur foi en l'Homme.
