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Enfants : comment gérer les bobos de l'été ?

Enfants : comment gérer les bobos de l'été ?

Un article rédigé par Vincent Belotti - RCF, le 26 juin 2026 - Modifié le 27 juin 2026
Portez-vous bienEnfants et vacances : comment gérer les bobos de l'été ?

Bientôt les vacances. Un temps pour souffler. Mais une période qui peut aussi être source de bobos petits ou grands pour les enfants. Alors, trajet en voiture, bord de mer, montagne. Petit tour d'horizon des situations à risques et leurs solutions avec le Dr Arnault Pfersdorff, pédiatre réanimateur et fondateur de la plate forme de télé conseils pediatre-online.fr

En été, la vigilance ne prend pas de vacances ©MagnificEn été, la vigilance ne prend pas de vacances ©Magnific

En voiture !

C’est souvent par là que commencent les vacances. Et souvent redouté, le mal de cœur et le vomi qui va avec ! Rien à voir avec le cœur. Cette "cinétose"  (son nom médical), c’est en fait "un déséquilibre entre la vision et l’oreille interne, qui régit la position du corps de l’espace. Le cerveau a alors du mal à tout analyser et ça donne ces nausées, voire des maux de tête." explique le Dr Pfersdorff.

Quoi faire ? D’abord, contrairement à une idée reçue, ne pas partir l’estomac vide. "Il faut que l’enfant ait mangé raisonnablement, sous peine de problème de glycémie. Et l’avantage aussi, c’est qu’il pourra dormir en digérant !" Autre conseil :  occulter la vitre pour éviter que l’enfant ne voit pas défiler l'extérieur trop vite. Enfin, insiste le pédiatre, "maintenir une présence à côté lui", comme l’un des deux parents ou frères et sœurs, en lui expliquant le trajet, l’hydrater, éponger son front et faire des pauses régulièrement. Une façon aussi de le rassurer. Car ce mal au cœur peut devenir psychologique : "Si l’enfant a été malade une ou deux fois, avant même que la voiture démarre, il sera conditionné à se sentir mal." estime le praticien.

En complément : l’homéopathie, (cocculus) ou des sirops antihistaminiques comme le Nausicalm© peuvent aider à réduire ces nausées. Par contre, les lunettes anti nausées ou les bracelets en accu pression autour du poignet n’ont "aucune efficacité" selon le spécialiste. Et si les écrans sont fortement déconseillés avant trois ans, "on pourra exceptionnellement y recourir pour une durée limitée, avant qu'il ne s'endorme." concède le pédiatre.

A la mer ou en bord de lac 

Premier risque : le soleil : "La peau d’un très jeune enfant est immature et ne fabrique pas encore assez de mélanine pour le défendre." souligne le médecin. D'où l'importance d'une bonne protection. Pour les vacances, mais aussi pour préserver le capital santé de l'enfant dans les années à venir.

Quoi faire ? Indispensable, la crème solaire, indice 50, à renouveler toutes les deux heures ou après chaque baignade. A appliquer sur les bras, les jambes, mais surtout "le cou, sans quoi il pourrait y avoir de graves syndromes méningés." Utiles aussi : les chapeaux et les tee shirt anti UV. Et une règle d’or : éviter l’exposition entre midi et 16h, même s’il y a des nuages !

Peau à surveiller, mais aussi les yeux : "La réverbération, mais aussi le sable et le vent peuvent donner des conjonctivites, avec des écoulements et des infections possibles. Sans compter les risques de photophobie, avec risques de kératite et d’atteinte de la cornée." alerte le pédiatre.

Quoi faire ? Prévoir des lunettes de soleil de norme UV 300 et 400. S'équiper avant de partir pour habituer l’enfant à les porter et de préférence se fournir chez un opticien pour de meilleurs conseils et qualité. Egalement chapeau ou casquettes à large bord ou visière.

Attention au coup de chaleur !

Un risque malheureusement fréquent, surtout en ces périodes de canicules exceptionnelles. Et un malaise que bébé ne saura pas l’exprimer verbalement. Les signes qui doivent donc alerter : "un enfant qui devient somnolent, moins agité que d’habitude, qui chouine, se touche la tête à cause de céphalées et dans un stade plus avancé, se met à avoir des vomissements". A surveiller aussi les couches :"s'il y en a eu deux sèches à la suite, alerte !" prévient le Dr Pfersdorff

Quoi faire ? Se mettre à l’abri dans un endroit ventilé, bien à l’ombre. Le rafraichir avec des linges mouillés à l’eau tiède ou froide mais"pas glacée" et un peu partout, sur le cuir chevelu, le thorax et "surtout sur le cou", insiste le pédiatre. "C'est là où passent les carotides, c’est comme ça qu’on rafraichit un corps. Et également sur la racine des cuisses, au niveau des plis de l’aine, là où passent les artères fémorales."

A la montagne 

Quoi de plus vivifiant pour respirer un air plus pur, profiter de la vue et marcher à l'ombre des forêts ? Mais là aussi, des précautions s'imposent.

L’altitude : Si possible, pour des très jeunes enfants, éviter les séjours à plus de deux mille mètres. "Cela peut provoquer des petites irritations au niveau des tympans et entrainer des troubles du sommeil. Pas la première nuit, mais la deuxième, ce que j’appelle "la nuit de la java", où l’enfant s’agite et a du mal à trouver le sommeil." Un phénomène qui se "régule en principe les jours suivants." rassure le médecin.

Quoi faire ?  Pour un enfant de moins de deux ans, qui ne sait pas encore avaler sa salive, "le faire boire pendant la montée en station pour qu’il décompresse ses tympans." conseille le Dr Pfersdorff. Eviter aussi les téléphériques qui montent trop vite, car "cela peut entrainer des otites dites "barométriques" et le séjour peut être impacté..."

Gare aux tiques !

Que ce soit en montagne ou à la campagne où l'on se promène souvent à bras et jambes découverts dans des herbes hautes, le parasite peut s'accrocher, avec le risque de développer plus tard une maladie de Lyme, particulièrement invalidante. Si toutes les tiques ne sont pas porteuses de la bactérie, mieux vaut anticiper.

Quoi faire ? En retour de promenade, déshabiller entièrement l'enfant et vérifier toutes les zones humides que les tiques affectionnent :"sur le cuir chevelu, les plis de l’aine, sous les bras, derrière les oreilles, voire pour les garçons derrière les testicules". Retirer donc le parasite avec un tire-tique vendu en pharmacie, désinfecter et ... surveiller : "Si une dizaine de jours après, on voit apparaitre une rougeur en forme de cocarde, pas nécessairement à l’endroit de la piqure, il faut consulter. Le médecin demandera une sérologie de la maladie de Lyme et mettre en route un traitement par antibiotique." explique le Dr Pfersdorff

Dans cette émission, retrouver aussi les conseils pour gérer les piqures de guêpe ou d’abeille, les chutes à vélo, les risques de noyade, et un rappel de la trousse de secours à emmener dans ses bagages. 

 


Pour aller plus loin :

Du Dr Arnault Pfersdorff : "Votre enfant de 0 à 6 ans" paru chez Hatier et "Bébé : premiers mois" publié chez Hachette. A paraitre aussi le 23 septembre prochain :"Allo docteur : les urgences de 0 à 3 ans" chez Albin Michel

Et retrouvez le Dr Arnault Pfersdorff sur sa plate forme de télé conseils pediatre-online.fr

Portez-vous bien ©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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