Communication en entreprise : comment développer l'écoute active ?
En France, 69 % du personnel estiment que le manque de communication est une cause majeure de dysfonctionnement dans les équipes. Pourtant, une forme d'écoute active permet de mieux considérer l'autre dans les échanges. Explications avec Murielle Zel Boch, experte en relations humaines au travail.
L'écoute active consiste à écouter avec attention, bienveillance et disponibilité - © Matheus Bertelli via PexelsCombien de fois avons-nous préparé notre réponse pendant que notre interlocuteur nous parle ? Ou fourni une solution issue de notre propre expérience ? Des comportements habituels qui témoignent de la difficulté à écouter réellement l'autre. « Il y a une différence entre entendre et écouter : entendre, c’est recevoir un son, écouter, c’est faire le choix conscient d’être pleinement présent à l’autre » explique Murielle Zel Boch, fondatrice de l'agence de conseils aux entreprises Extra Mint. D'après les études, nous retenons moins de la moitié de ce qui nous est dit, « c’est dire à quel point écouter demande un effort ! » pour l'experte.
L'écoute active : comprendre l'autre sans chercher à avoir raison
Pourtant, une solution existe : l'écoute active. Cette approche développée notamment à partir des travaux du psychologue américain Carl Rogers repose sur une idée forte : pour qu’une personne puisse s’exprimer vraiment, elle a besoin de se sentir accueillie, respectée, et non jugée. Murielle Zel Boch détaille :
L’écoute active consiste à écouter avec attention, bienveillance et disponibilité. Ce n’est pas seulement écouter les mots. C’est aussi saisir ce qu’il y a derrière : les émotions, les besoins, les inquiétudes, les silences, le langage du corps.
Dans ce type de fonctionnement, la personne qui écoute a une vraie responsabilité. « Elle ne se contente pas de se taire ou de hocher la tête, elle cherche à comprendre, sans prendre le pouvoir sur la conversation, sans chercher à avoir raison » définit Murielle Zel Boch. Cette forme d'écoute demande ainsi une part importante d'humilité et de recul : « C’est accepter de ralentir, de ne pas répondre trop vite. Mais écouter ne signifie pas forcément être d’accord avec l’autre : on peut reconnaître le vécu de l’autre sans partager son point de vue » temporise la coach.
Écoute active : comment la pratiquer au travail ?
Vouloir donner un conseil à une personne qui nous partage un problème est très humain mais ne répond pas toujours aux besoins de l'autre.
Parfois, la personne a plus besoin d’être accueillie que d’avoir un conseil ! Par exemple, si quelqu’un dit : « Je suis épuisé par ce projet », on peut être tenté de répondre : « Tu verras, ça va passer » ou « Moi aussi, j’ai connu ça ». Une réponse plus active serait : « Tu te sens vraiment à bout en ce moment. Qu’est-ce qui te pèse le plus ? » Là, on ne ferme pas la conversation. On l’ouvre.
Au travail, cette écoute est capitale car un grand nombre des tensions proviennent d'un manque d'écoute. « Dans une équipe, l’écoute active permet de prévenir des conflits, de désamorcer des tensions, de mieux comprendre les irritants et de renforcer la confiance. Bref, de mieux coopérer » décrypte Murielle Zel Boch.
Cette forme d'écoute active est aussi précieuse dans les projets de changement : avant d’améliorer une situation, il faut vraiment la comprendre et pour ça, il faut écouter les personnes concernées, leurs contraintes, leurs inquiétudes, leurs besoins, mais aussi leurs idées.
Écoute active : un outil d'action au quotidien
Dans cette perspective, l’écoute active devient une compétence précieuse car une personne qui se sent écoutée ose davantage exprimer ses désaccords, ses difficultés ou ses idées. « Et c’est souvent là que des solutions plus justes ou plus innovantes émergent » estime celle qui travaille au quotidien avec les entreprises et leur capital humain. Elle propose cinq gestes simples à mettre en place pour pratiquer l'écoute active au bureau :
- Se rendre disponible : poser son téléphone, fermer son ordinateur si possible, regarder la personne, ne pas faire autre chose en même temps.
- Ne pas interrompre. Laisser quelques secondes de silence permet parfois à l’autre d’aller plus loin.
- S’adapter au style de communication de l’autre pour créer un climat de confiance. « Certaines personnes ont besoin d’un échange très structuré, d’autres d’une discussion informelle. Certaines vont exprimer les choses par les faits, d’autres par le ressenti » complète Murielle Zel Boch.
- Reformuler pour vérifier qu’on a bien compris
- Poser des questions ouvertes : « Comment vis-tu la situation ? », « De quoi aurais-tu besoin ? »
Écoute active : les erreurs à éviter
Murielle Zel Boch conseille d'éviter les jugements, comme « tu prends trop les choses à cœur », de minimiser la situation, ou de la ramener à sa propre expérience. Les conseils trop hâtifs sont à bannir tout comme la recherche d'un coupable. L’écoute active demande une forme de retenue.


Chaque semaine, RCF Lyon donne la parole à deux coachs professionnelles pour vous aider à vous sentir aussi bien au travail (avec Murielle Zel Boch, de l'agence Extra Mint) qu'à la maison (avec Sophie Gérard). Coup de Boost, une séance de coaching express en 5 minutes tous les vendredis !




