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Comment préparer son entretien annuel et une négociation salariale ?

Comment préparer son entretien annuel et une négociation salariale ?

Un article rédigé par Anaïs Sorce - RCF Lyon, le 14 janvier 2026 - Modifié le 23 janvier 2026
Coup de Boost · RCF LyonComment préparer son entretien annuel et une négociation salariale ?

Chaque année, le mois de janvier signe souvent pour les managers le retour des entretiens annuels. Cette rétrospective de l'année écoulée, assez formelle, permet d'évaluer les performances de l'employé, de définir des objectifs pour l'année à venir et de considérer l'évolution, y compris salariale. Une étape qui peut être redoutée par les salariés. Murielle Zel Boch, de l'agence Extra Mint, spécialisée en relations humaines professionnelles, donne quelques conseils pour mieux vivre cette période. 

En entreprise, l'entretien annuel n'est pas un verdict © - Vitaly Gariev via UnsplashEn entreprise, l'entretien annuel n'est pas un verdict © - Vitaly Gariev via Unsplash

Ce qu'il faut retenir :

  • Règle n°1 : pas d’impro et que du factuel
  • Règle n°2 : présenter une vision et une demande gagnant-gagnant
  • Règle n°3 : poser des questions pour mener la discussion et ne pas repartir les mains vides

Le moment de l'entretien annuel peut être une épreuve pour certains salariés anxieux, qui se placent « dans une posture de “bon élève” : on attend une note, on espère être félicité… et on n’ose pas demander » explique Murielle Zel Boch. L'experte identifie trois pièges qui bloquent le salarié dans ses demandes : le syndrome de l’imposteur,, le contexte, et le fatalisme. « Sauf qu’au travail, on obtient rarement ce qu’on n’a pas demandé » rappelle Murielle Zel Boch qui conseille de considérer l'entretien pour ce qu'il est vraiment : « un échange structuré, pas un verdict. Et, si c’est le bon moment, on parle rémunération avec des éléments concrets ».

Comment préparer un entretien annuel ?

Préparer l'entretien en amont est donc indispensable. Le salarié peut formaliser un bilan court, au moins une semaine avant l'échéance, grâce à trois données : 

  1. Le bilan 
    Ce bloc liste les objectifs atteints voire dépassés, avec des preuves, les réussites et les points forts « qui font vraiment fait la différence » et aussi un ou deux axes d'amélioration accompagnés d'ébauches de solution.
  2. La valeur sur le marché
    Pour définir sa valeur sur le marché du travail, le salarié peut se baser sur des baromètres, des études, des offres, des retours de recruteurs sur des postes comparables, « idéalement même région, même niveau » précise Murielle Zel Boch. L'objectif est de se baser sur les pratiques actuelles plutôt que sur du ressenti pour éviter le flou et de tomber dans deux écueils : « demander trop sans justification ou se sous-évaluer ».
  3. La demande
    Le salarié peut inscrire ses souhaits pour l'année à venir, tant en termes de missions, que de compétences et de responsabilités, en montrant que sa demande s’inscrit dans les enjeux de l’équipe et de l’entreprise. C'est à ce moment-là qu'apparaît la demande d'évolution salariale, pour laquelle mieux vaut privilégier une fourchette de brut annuel plutôt qu'un chiffre unique. « Gardez en tête qu’en moyenne, une revalorisation se situe souvent autour de 3 à 5%, et que 10% est plus rare, sauf rattrapage ou gros changement de périmètre » rappelle l'experte.

Entretien professionnel annuel : comment convaincre ?

La demande est plus confortable et efficace quand elle est préparée et structurée selon la formule : bilan, projection, salaire pour arriver avec une direction claire. Il est recommandé de s'entraîner pour tester son discours.

Côté revalorisation salariale, Murielle Zel Boch conseille de préparer des options à la hausse de salaire : prime, variable sur objectifs, augmentation en deux temps, budget formation, jours de congé, télétravail, moyens supplémentaires… « L’idée n’est pas d’exiger tout mais de ressortir avec un accord ou une trajectoire. » 

Mener un entretien annuel sans se crisper

Même si le moment comporte des enjeux parfois important, l'entretien annuel ne doit pas se réduire à un rapport de force et chacun des interlocuteurs doit rester ouvert pour amener l'autre partie à réfléchir, sans l'attaquer. Les faits doivent être présentés « en mode gagnant-gagnant » dans une écoute qui garde les émotions sous contrôle. Pour y parvenir, « respiration, rythme plus lent, reformulation » sont des clés.

Quand ça bloque, au lieu d’argumenter en boucle, Murielle Zel Boch conseille de négocier en pilotant la discussion avec des questions : « Êtes-vous satisfait de mon travail ? », « Qu’est-ce qui justifierait une évolution salariale selon vous ? », « Quels objectifs on fixe pour les 3–6 mois à venir ? »

Que faut-il éviter de dire, même si c’est tentant ?

  • Les menaces : « Si je ne suis pas augmentée, je pars. » Cela abîme la confiance et ne démontre rien.
  • Le chantage : « Dans ce cas, je ferai le minimum. » Murielle Zel Boch pointe le danger de la méthode. Elle conseille une formule moins agressive : « Je vais me concentrer sur mes missions prioritaires. On revoit les objectifs et les ressources »
  • La confusion surcharge/salaire : « Je fais le boulot de deux personnes ». La surcharge se traite d’abord par la priorisation, les ressources et la clarification du périmètre.
  • La comparaison : « Mon collègue a eu 5%, je veux pareil. » Sauf s’il existe une grille salariale transparente, mieux vaut éviter.

À la place, la salarié peut recentrer la question sur lui-même et sur ce qui prouve une progression. « Votre valeur, c’est ce que vous faites, comment vous le faites et ce que ça apporte » insiste Murielle Zel Boch.

Après l'entretien annuel, le salarié peut envoyer une synthèse courte reprenant les points clés, les objectifs, les décisions et demander une date de point de suivi. Même sans augmentation immédiate, cela permet d'ancrer un cadre : « c’est la meilleure façon d’éviter la frustration… et d’avancer. Même un “non” devient utile si on en fait un plan d’action. Préparer son entretien annuel, ce n’est pas oser demander mais défendre sa valeur, savoir démontrer, savoir négocier, et savoir cadrer la suite ». 

Coup de Boost · RCF Lyon
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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