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Bonbons, chocolat, gâteaux : comment faire face aux pulsions sucrées ?

Bonbons, chocolat, gâteaux : comment faire face aux pulsions sucrées ?

Un article rédigé par Vincent Belotti - RCF, le 19 juin 2026 - Modifié le 20 juin 2026
Portez-vous bienBonbons, chocolat, gâteaux : comment faire face à nos pulsions sucrées ?

Qui n'a jamais craqué devant un paquet de bonbons ou une tablette de chocolat aux noisettes ? Ca fait partie des petits plaisirs de la vie. Sauf que ça peut devenir une habitude, pas vraiment bonne pour la santé. Comment expliquer cette fringale et essayer de la limiter ? Décryptage et conseils avec Eva Vacheau, biologiste et nutritionniste, auteure de "Pulsions sucrées : les comprendre pour enfin s'en libérer" paru aux éditions Courrier du Livre.

Pulsions sucrées : pas uniquement une faiblesse de caractère ou un excès de gourmandise ©MagnificPulsions sucrées : pas uniquement une faiblesse de caractère ou un excès de gourmandise ©Magnific

 


"Je ne sais pas si c’est une spécialité locale. Mais quand on a vu ces petits oursons en guimauve dans la pâtisserie, on s’est dit que ça ne pouvait être que bon !", s’exclament en riant ces deux touristes québécoises. "Moi, c’était jusqu’à une tablette de chocolat tous les soirs en rentrant" confie cet étudiant. Autant de situations où l’on peut craquer sans retenue. Mais quand parler de pulsions ? Pour Eva Vacheau, il faut la différencier de la faim, sensation physique de "ventre vide", de l’envie, quand l’occasion se présente, "comme une bonne odeur de croissant, voire la musique d’un marchand de glace." La pulsion, par contre, est incontrôlable, "demande à être assouvie immédiatement et entraine souvent un sentiment de culpabilité, ce qui n’est pas le cas de la faim ou de l’envie." 

Des causes physiologiques

Quelles peuvent donc être les causes de ces attirances irrésistibles ? "Ce n’est pas forcément lié à une faiblesse de caractère ou d’un excès de gourmandise", martèle la nutritionniste. Les raisons sont diverses. D’abord physiologiques : dérèglement de la thyroïde, épuisement des glandes surrénales ou encore résistance à l’insuline, quand le sucre, au lieu d’entrer dans les cellules pour leur fournir de l’énergie, se retrouve dans le sang. Des déséquilibres qui nécessitent alors tests et suivi médical.

Plus étonnant : la perte d’odorat, qui pousse "à chercher des saveurs plus franches" comme le sucré et salé. Ou encore les effets secondaires de certains médicaments, comme des anti dépresseurs, substituts hormonaux ou anti-allergie. Mais très souvent, la cause est dans l’assiette : trop de glucides et pas assez de protéines, "ces éponges à glucose, qui permettent de stabiliser la glycémie et nourrir les muscles." explique la spécialiste.

Le rôle des émotions

Mais ces facteurs organiques n’expliquent pas tout. Les émotions rentrent aussi en jeu : stress, chagrin d’amour, manque de tendresse, baby blues, mais aussi désœuvrement et solitude. Le cas de cette jeune secrétaire célibataire : "Quand je rentre le soir chez moi après une journée de boulot, je suis capable d’engloutir tout un paquet de biscuits par ennui", avoue-t-elle. Un mal-être aux origines chimiques, liés à un dysfonctionnement des neurotransmetteurs, comme la dopamine, la sérotonine ou le Gaba (acide gamma-aminobutyrique) qui permet au cerveau de se détendre et au corps de se relâcher.

Un conditionnement dès l'enfance

Mais pourquoi se réfugier en priorité dans les sucreries ? La réponse est dans la toute petite enfance : pour les nourrissons, "le sucré est instinctif", rappelle Eva Vacheau. "C’est la saveur du réconfort et de la sécurité." Plus grand, c’est celui de la récompense ou de la consolation, le fameux "Si tu es triste ou sage, tu auras un bonbon." Un calmant donc immédiat. Et aussi une dépendance entretenue par l’alimentation industrielle pour relever le goût. Car le sucre est partout. Pas seulement dans les sodas ou les paquets de gâteaux, mais aussi le pain blanc, les yaourts aromatisés, les soupes, la charcuterie, voire même les cacahuètes grillées ! Un conditionnement dont il est difficile de s’échapper.

Quatre pistes pour limiter ces pulsions sucrées :

1/ Structurez votre petit déjeuner : "Il prédestine tout le reste de la journée." insiste Eva Vacheau. "Trop sucré, trop léger ou mal équilibré, il va créer une montée de glycémie, suivie d’une chute brutale." Et une envie de "carburant sucré" pour tenir jusqu’au repas suivant. D'où l'importance de privilégier les protéines. Exemple d'un "bon" petit déjeuner : deux œufs, une tranche de pain intégral ou de seigle, 25 g de comté ou de parmesan. Quant au déjeuner, rappel de la règle d’or : un quart de protéines, un quart de glucides et la moitié de légumes crus ou cuits !

L'astuce en plus : si le matin, vous ne pouvez vous résoudre à abandonner le jus d’orange, très sucré, mettez seulement un fond de verre et remplissez le reste d’eau. "Vous garderez le gout sucré tout en réduisant les proportions de sucre." 

2/ Rangez vos placards : "Le cerveau mange aussi avec les yeux." aime à rappeler Eva Vacheau. Pour éviter les tentations, placer les produits sucrés dans des boites opaques ou en hauteur, moins accessibles visuellement.

L'astuce en plus : Mettre en évidence ce qui stabilise la glycémie : fruits entiers, skyrs, chocolat noir de qualité, compotes sans sucres ajoutés. Le "craquage" sera moins énergétique !

3/ Brossez vous les dents avec un dentifrice mentholé : "La bouche peut être un déclencheur de pulsions sucrées", souligne la nutritionniste. Une hygiène buccale irréprochable pourra donc y couper court. Et la perspective d’être obligé de vous relaver les dents après avoir cédé pourra être un frein supplémentaire !

L’astuce en plus : après le repas, prenez un verre d’eau avec une dizaine de gouttes de chlorophylle. Ce pigment vert naturel apporte un gout frais légèrement mentholé qui stoppe net l’envie de sucre après avoir déjeuner ou dîner. "Un truc qui marche très bien auprès de mes patientes", sourit Eva Vacheau.

4/ Anticipez les moments à risque : Souvent, les pulsions arrivent à des instants précis, en milieu de matinée, après-midi ou soir en rentrant du travail. Repérez ces "zones à risques" et prévoyez des kits d’urgence en cas de "craquage" : poignées d’amande avec un carré de chocolat noir, banane avec un peu de purée de noisettes ou petits morceaux de pomme aromatisés à la cannelle. Toujours moins nocives qu’un paquet de biscuits ou de chips ! 

L’astuce en plus : Essayez de reprogrammer votre cerveau en lui proposant des alternatives pour s’apaiser autrement qu'en mangeant : prendre un bain chaud, aller marcher, écrire ou danser : "Le système nerveux a besoin de se défouler et de se rééquilibrer par le mouvement. Donc même au travail, allez danser deux minutes dans les toilettes !" À tester après la prochaine réunion stressante au bureau !

* Réécouter l’émission Mincir avant l'été ...et toute l'année !

 


Pour aller plus loin : 

"Pulsions sucrées : les comprendre pour enfin s'en libérer" par Eva Vacheau , biologiste et nutritionniste. Un guide complet qui explore toutes les causes de cette attirance pour le sucre, avec des pistes pour les éradiquer et un programme de recettes pour sept semaines. Editions "Le Courrier du Livre" 2026

Du même auteure : "Révolution perte de poids" toujours aux éditions Le Courrier du Livre

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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