Yves Bardon et Robert Salmon : « Le diaconat est encore mal compris, mal perçu, y compris au sein de l’Église »
Alors que le diocèse de Clermont célèbre ce dimanche 7 juin les 60 ans de la restauration du diaconat permanent, RCF a réuni deux diacres pour un échange croisé : Yves Bardon, ordonné en 2009 et Robert Salmon, ordonné plus récemment, fin 2023.
Robert Salmon (paroisse St-Paul des Nations) et Yves Bardon (paroisses Notre Dame de Clermont et Saint Bruno des bords de Sioule) © RCFÀ l’occasion des 60 ans du rétablissement du diaconat permanent par le concile Vatican II, les diacres Yves Bardon et Robert Salmon ont témoigné sur RCF de leur vocation et de leur mission au sein du diocèse de Clermont, à la veille d'une célébration diocésaine organisée ce dimanche 7 juin en l'église Notre-Dame du Port à Clermont. Tous deux insistent sur une même conviction : devenir diacre est avant tout une réponse à un appel.
Pour Yves Bardon, ordonné en 2009, cet engagement a profondément transformé son regard sur la vie : « C’est pour moi surtout répondre à un appel. Un appel qui transite par des hommes et des femmes de ce monde, mais qui est un appel qui vient de plus loin ». Cet appel a bouleversé ses certitudes et l’a conduit à une réflexion plus profonde sur sa relation à Dieu et aux autres. Même expérience pour Robert Salmon, directeur du centre diocésain de pastorale à Clermont et ordonné en 2023 : « C’est vraiment un appel et c’est surtout l’appel au service ». Le diaconat l’invite à développer une relation plus intime avec le Christ tout en se mettant davantage au service de l’Église et de ses frères. Si sa vie familiale reste fondamentalement la même, il reconnaît que son ministère l’appelle à être davantage attentif, priant et disponible, d’abord auprès de ses proches.
Une histoire marquante pour Robert Salmon
Les deux hommes rappellent que le diacre est avant tout un serviteur. Cette dimension s’exprime particulièrement dans l’accompagnement des personnes en difficulté. Robert Salmon évoque ainsi l’histoire marquante d’un couple dont il avait baptisé le premier enfant. Confrontés à la grave maladie de leur second bébé, les parents l’ont sollicité dans leur détresse. « Je me suis dit : c’est ma mission », explique-t-il. Après des mois d’accompagnement, il a eu la joie de célébrer le baptême de cet enfant désormais guéri : « Ce fut vraiment un très bon moment de retrouvailles ».
38 diacres permanents dans le diocèse de Clermont
Soixante ans après Vatican II, Yves Bardon estime cependant que le diaconat permanent demeure insuffisamment connu : « Le diaconat est encore mal compris, mal perçu, y compris au sein de l’Église ». Il rappelle pourtant l’originalité de cette vocation, notamment à travers l’ordination d’hommes mariés dont la première mission demeure la vie conjugale et familiale. Le diacre est appelé à faire le lien entre l’Église et le monde, incarnant la figure du « Christ serviteur » dans la vie quotidienne, professionnelle et sociale. Le diocèse de Clermont compte aujourd’hui 38 diacres, dont plus de la moitié sont retraités. Les responsables espèrent donc un renouvellement des générations.
Yves Bardon souligne le défi du discernement : comment appeler des hommes plus jeunes, engagés dans leur vie familiale et professionnelle, sans les surcharger ? Malgré ce paradoxe, il encourage chacun à se laisser interpeller par cette vocation. Pour Robert Salmon, l’enjeu principal reste la visibilité de cette mission : « L’Église aujourd’hui a besoin de serviteurs ».


Chronique réalisée en partenariat avec les CCI de l’Allier, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme.
Elle se veut un lieu de découverte et d’information dédié aux nouveaux commerces et nouvelles structures fraîchement installés sur le territoire.
Les témoins sont issus des départements du Puy de Dôme, de L’Allier et de La Haute-Loire.
