Voter en Chrétien : Comment le baptême éclaire t-il nos choix électoraux ?
À quelques heures du second tour des élections municipales, alors que la prochaine présidentielle de 2027 se profile déjà, les chrétiens sont invités à se demander ce qu’ils font de leur baptême en entrant dans l’isoloir. Le vote doit‑il être strictement déconnecté de la foi, ou bien la vie chrétienne continue‑t‑elle d’éclairer la manière de voter et de participer à la vie de la cité ?
Père Laurent Stalla-Bourdillon ©Yannick Boschat / Diocèse de ParisPère Laurent Stalla-Bourdillon, directeur du service pour les professionnels de l’information dans le diocèse de Paris, rappelle que, selon le mot de Pie XI, « la politique est la forme la plus haute de la charité ». Il invite ainsi les chrétiens à un discernement, à la fois spirituel et civique, plutôt qu’à une simple identification entre foi et programme politique.
Baptême, citoyen et responsabilité
Pour le père Stalla-Bourdillon, le baptême confère une filiation divine et « donne une conscience ». C’est‑à‑dire une responsabilité envers la création, la vie et le bien commun. Dans cette perspective, voter devient un acte de conscience civique éclairée, où la foi éclaire le discernement dans une société multiconfessionnelle. Il met toutefois en garde contre la tentation de manipuler la parole religieuse pour justifier des choix politiques, car « on glisse très vite vers une forme de fondamentalisme » lorsqu’on confond l’Évangile avec un programme.
La foi chrétienne n’impose pas une vision du monde, elle l’inspire. Elle invite à organiser la vie commune autour de la dignité de la personne, de la justice, du travail et de la solidarité. Si la doctrine sociale de l’Église trace des repères éthiques, aucune formation politique n’en reflète pleinement l’esprit. Le discernement consiste alors à choisir les projets qui s’en rapprochent le plus, sans attendre un idéal parfait.
Une prière pour la liberté des responsables politiques
Le directeur du Service pour les Professionnels de l’Information insiste aussi sur l’importance de ne pas se désengager après le vote : « Le vote n’est pas une délégation, ce n’est pas une manière de se débarrasser ». Il faut suivre concrètement les décisions, exiger des comptes, rester attentif au bien commun. Dans ce contexte, il rappelle la demande des évêques et des prêtres à prier pour les candidats et les élus.
Prier pour les élus, c’est prier pour qu’ils exercent un mandat dans une liberté de conscience réelle, avec le souci de former leur conscience, de continuer à écouter, et de ne pas être captifs de courants, de mouvements, surtout de l’argent et du pouvoir
La prière ne vise pas à demander un appui pour un candidat particulier, mais à invoquer la lucidité et la liberté intérieure de ceux qui ont la responsabilité de voter. Afin qu’ils restent à l’abri des influences et des intérêts corrompus. Selon le père Stalla-Bourdillon, la démocratie ne se limite pas au déroulement des élections ou à la règle de la majorité. Elle suppose un ensemble de vertus civiques fondées sur la conscience morale, le respect et le sens du bien commun. Ainsi, voter relève tout à la fois du devoir citoyen, de la foi et d’un engagement inspiré par la charité.


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