Visite du pape : la croix pour la veillée au stade de France est fabriquée en Anjou
L’association SOS Calvaires, basée au Lion d’Angers, a été sollicitée pour réaliser le crucifix en vue de la veillée des jeunes le 25 septembre. Les artisans charpentiers et menuisiers ont deux jours pour mener à bien ce chantier.
Louis-Joseph Marchal, responsable d'atelier pour SOS Calvaires © Martin TramondTout commence dans un grand hangar peuplé de statues alignées et de crucifix fraîchement taillés. Une multitude de Christs pas encore fixés accueillent les visiteurs à bras ouverts. Ça sent bon la sciure, mêlée aux crissements réguliers des scies. Penché au-dessus d’une longue poutre de chêne, Louis-Joseph Marchal, charpentier et responsable d’atelier, prend les dernières mesures. “C’est un travail de précision… mais aussi une grande une joie pour notre association ! Présenter notre travail au Pape, c’est une reconnaissance et un gage de sérieux”, confie-t-il.
UNE CROIX SOBRE, HAUTE DE CINQ MÈTRES
Pour cet évènement, les charpentiers de SOS Calvaires doivent répondre à un cahier des charges précis. “Les organisateurs de la veillée au stade de France ont tenu à ce que la croix soit simple et classique, sans motifs particuliers, afin qu’elle parle à tout le monde de manière universelle”, explique Louis-Joseph. Côté proportions, le crucifix en chêne massif sera “imposant”, et orné d’un Christ en fonte. “La partie verticale, qu’on appelle le stipes, mesure cinq mètres de haut. Le patibulum, horizontal, fait quant à lui deux mètres de long”, détaille-t-il.
L’opération d’assemblage de ces deux poutres, appelée mi-bois, est assurée par Sacha. A 18 ans, l’apprenti-charpentier manie avec aisance le ciseau et le rabot. “Cette technique consiste à faire une entaille dans chacun des morceaux, puis à les encastrer bois contre bois pour qu’ils ne bougent pas”, explique le jeune homme avec une pointe de fierté.
DES CONTRAINTES TECHNIQUES PARTICULIÈRES
La veillée en présence du Saint-Père devrait rassembler plus de 80 000 jeunes. Un événement de masse, qui répond à des consignes de sécurité rigoureuses. “On n’a pas le droit de creuser un trou dans le sol du Stade de France pour planter la croix, s’amuse Louis-Joseph derrière sa moustache. Donc elle doit être auto-portée, c’est-à-dire stabilisée par elle-même. Il faut donc rajouter des montants de bois qui la maintiendront verticalement”.
Le grand crucifix sera également enduit d’un produit ignifuge, pour prévenir tout risque d’incendie. Ultime challenge : l’acheminement et l’installation de cette croix à Paris. Une dizaine de bénévoles de SOS Calvaires iront l’installer quelques jours avant la veillée. Le Christ étendu voyagera sur le toit d’un camion, entre Le Lion d’Angers et Saint-Denis.

QUE DEVIENDRA LA CROIX APRÈS LA VEILLÉE ?
“Cette croix ne deviendra pas un objet de musée”, annonce Louis-Joseph Marchal. Elle ornera probablement le détour d’un chemin ou le centre d’un village dans quelques mois”.
D’ici là, les Angevins sont invités à venir la découvrir en avant-première lors des Journées européennes du patrimoine. SOS Calvaires ouvrira son atelier le samedi 19 septembre de 10h à 18h.


