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​Visite du pape François en Bulgarie : « C’est osé d’aller dans un pays qui compte 0,7% de catholiques »
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​Visite du pape François en Bulgarie : « C’est osé d’aller dans un pays qui compte 0,7% de catholiques »

RCF,  -  Modifié le 26 juin 2021
L'Invité de la Matinale ​Visite du pape François en Bulgarie : « C’est osé d’aller dans un pays qui compte 0,7% de catholiques »
Le journaliste et spécialiste de l'histoire des papes Bernard Lecomte revient sur la visite du pape François en Bulgarie et sur les crises que traverse l'Église.
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une visite sous tensions 

Alors que le pape François s’envole ce 5 mai pour la Bulgarie et la Macédoine du Nord, nous recevons Bernard Lecomte, journaliste et auteur d’une trentaine de livres autour de l’histoire des papes et du Vatican.

Ce « pape du sud » qui connaissait mal l’Europe lors de son arrivée au Vatican va donc se déplacer en Bulgarie, l’un des pays les moins catholiques d’Europe, avec la Grèce.  Son choix n’est donc « pas innocent » explique Bernad Lecomte.

S’il se déplace dans ce pays, c’est aussi car il s’agit du berceau des Saints Cyrille et Méthode, deux des saints patrons de l’Europe connus pour avoir évangélisé l’est de l’Europe jusqu’à la Russie.

Le pape restera deux jours en Bulgarie avant de se rendre à Skopje, capitale de Macédoine du Nord, ville natale de mère Térésa, le 7 mai avant de rentrer à Rome. Une dernière étape qui n’est pas non plus anodine, le souverain pontife ayant canonisé Mère Térésa en 2016.   

Alors que la Bulgarie est la cible de quelques critiques pour sa façon d’accueillir les migrants, le Pape François visitera un camp d’accueil. Une visite « polémique » qui risque de « refroidir les relations » avec la Bulgarie selon Bernard Lecomte, mais qui n’a rien d’étonnant pour un pape qui a « toujours mis les migrants au cœur de son enseignement et de ses voyages».
 

« Le pape du sud a une vision de l’Europe des gens du sud, c'est-à-dire que l’Europe c’est d’abord un continent riche et égoïste »

François est un pape qui a du « apprendre l’Europe » au fil des années. Selon le journaliste, il défend aujourd’hui une Europe des nations contre une Europe des nationalistes, avec, en tant que fils d’immigrés italiens, un regard lucide sur l’importance historique de l’Europe mais aussi sur ses problèmes actuels.

Une visite qui s’annonce d’autant plus compliquée que les orthodoxes, majoritaires en Bulgarie, traversent une crise entre « ceux qui se réfèrent à Constantinople et ceux qui se réfèrent à Moscou. », ces derniers étant majoritaires en Bulgarie. Pour Bernard Lecomte, la situation n’est donc pas du tout favorable à « l’œcuménisme et au dialogue avec les catholiques »
 

« Il faut s’attendre à ce qu’en arrivant à Sofia le pape rencontre peut-être parfois une certaine froideur. »

Cependant, le fait qu’un pape se déplace en Europe pendant la campagne électorale pour parler de l’avenir du vieux continent est « une bonne chose » pour Bernard Lecomte, qui rappelle la formule de Jean Paul II sur les « deux poumons » de l’Europe que sont l’Ouest et l’Est.
 

un contexte toujours difficile pour l'église

Cette visite s’inscrit aussi dans la longue crise que traverse l’Eglise avec les multiples scandales d’abus sexuels qui ont éclaté ces dernières années un peu partout dans le monde.  Un problème dont le pape a totalement « saisi la dimension », même si il ne pourra pas le résoudre « d’un coup de baguette magique » et que de nouvelles révélations seront certainement faites à ce sujet.
 
Autre difficulté pour le pape : s’il n’est pas isolé, il s’est tout de même attiré l’hostilité d’une partie des traditionnalistes qui lui reprochent son action au Vatican. Mais Bernard Lecomte rappelle tout de même que de nombreuses crises de ce type traversent l’histoire de la papauté. Le journaliste ajoute qu’une Eglise traversée par des débats est préférable à une « Eglise caserne ou une Eglise prison »

Autre crise pour l’Eglise, la révélation avec le livre Sodoma du nombre important d’homosexuels au Vatican. La culture du secret, traditionnelle de l'Eglise est de plus en plus difficile à tenir dans « un monde de transparence ». Les évolutions du monde imposent à l’Eglise de tenir un autre langage.

Bernard Lecomte travaille aujourd’hui sur une série de trente bande-dessinées consacrées à l’histoire de trente papes différents qui correspondent à des périodes de l’histoire très spécifiques. Cette histoire est « un peu l’histoire de l’Occident et de l’Europe ». Cette série Les papes dans l’histoire est éditée aux Cerf et chez Glénat.  
 

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