Violences sexuelles sur les enfants : l'association Justice et Partage défend les "mesures des 100 jours" pour agir rapidement
Plus d'un mois après le viol et le meurtre de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers, la fédération France Victimes et l'association Justice et Partage proposent les "mesures des 100 jours" pour agir rapidement contre les violences sexuelles faites aux enfants. Des solutions rapides et sans nouvelle loi. On en parle avec Marine Giraud et Zoé Jouve, respectivement directrice et directrice adjointe de l'association Justice et Partage en Haute-Loire. Elles sont les invitées des radios RCF en Auvergne.
Marine Giraud et Zoé Jouve, respectivement directrice et directrice adjointe de l'association Justice et Partage en Haute-Loire, militent pour la mise en place des "mesures des 100 jours" contre les violences sexuelles faites aux enfants suite au meurtre de Lyhanna. ©RCF Haute-LoireÀ Montluçon, Cusset, Clermont-Ferrand, le Puy-en-Velay. Le week-end dernier, des dizaines de personnes ont manifesté partout en France et en Auvergne pour exiger des mesures dans la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants suite au meurtre de Lyhanna dans le Gers, il y a plus d'un mois. Suite à ce drame, l'association Justice et Partage et la fédération France Victimes défendent "les propositions des 100 jours" pour lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants. On en parle avec Marine Giraud et Zoé Jouve, respectivement directrice et directrice adjointe de Justice et Partage en Haute-Loire. Elles sont les invitées des radios RCF en Auvergne.
100 mesures et trois axes : "Repérage, accompagnement et protection"
Ces propositions des 100 jours se déclinent en 3 axes : "Repérage, accompagnement et protection". L'idée est d'agir vite pour repérer les mineurs victimes et les aider tout au long de leur parcours judiciaire. Des propositions "concrètes et faciles à mettre en place sans loi immédiate".
La formation des encadrants, un enjeu crucial
Selon Marine Giraud, l'une des urgences est "d'avoir notamment de la Haute Autorité de Santé une recommandation nationale sur le repérage systématique des crimes qui sont commis contre les mineurs par les professionnels de première ligne". Cela passerait par une meilleure formation des enseignants, des éducateurs sportifs et culturels, "pour suivre le criblage des professionnels en contact avec les enfants et mettre en place un véritable plan de repérage dans les territoires".
Ainsi en Haute-Loire, Justice et Partage travaille d'ores et déjà en lien avec l'Éducation nationale et le comité départemental olympique et sportif. Mais ces partenariats doivent "s'homogénéiser", notamment en vue de la rentrée.
Une vraie formation de ces professionnels sur la question du signalement
Ainsi, lorsque les membres de justice et Partage interviennent auprès de professionnels, "très peu de mains se lèvent" lorsqu'il est demandé si des signalements ont été réalisés. "Je pense qu'on pourrait avoir quand même des mains qui se lèvent de plus en plus nombreuses" pour indiquer "une vraie formation de ces professionnels sur la question du signalement" des violences sexuelles sur mineurs, explique Marine Giraud.
Projet de loi sur la "protection des enfants" : "une première pierre à l'édifice"
Un projet de loi de "protection des enfants" est actuellement en discussion à l'Assemblée nationale. Ce texte est "une première pierre à l'édifice", pour Zoé Jouve. Même si elle pointe également la question des moyens : "plus il y aura de moyens qui seront mis sur la table, plus les résultats seront visibles".
Un manque de psychologues en Haute-Loire
Des moyens, il en faut davantage en Haute-Loire, selon Justice et Partage pour accompagner au mieux les victimes en dupliquant l'EVVI, un dispositif déjà utilisé pour estimer les besoins des victimes de violences conjugales. Selon Marine Giraud, il faut développer les téléphones graves dangers pour les mineurs victimes de violences sexuelles.
Dans le département, l'association manque "cruellement de psychologues". Avec seulement 0,7 équivalent temps plein, soit trois jours hebdomadaires, pour 1 000 victimes reçues chaque année. Pour éviter "les listes d'attente", il faudrait a minima un poste à plein temps assurent les responsables de l'association.
Un Grenelle sur les crimes commis contre les mineurs
À plus long terme, un Grenelle consacré aux crimes commis contre les mineurs est demandé dans les propositions des 100 jours. L'idée est de copier le Grenelle de lutte
contre les violences conjugales en 2019 et la mise en place de "mesures qui ont été relativement efficaces". L'objectif de cette réunion serait de réunir tous les acteurs pour trouver des solutions "concrètes et efficaces" contre les violences sexuelles faites aux enfants.


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