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Violences sexuelles, écrans, éducation, la ville d'Angers veut parler d'enfance

Violences sexuelles, écrans, éducation, la ville d'Angers veut parler d'enfance

Un article rédigé par Florian Perray - RCF Anjou, le 10 septembre 2026 - Modifié le 10 septembre 2026
L'invité de RCF AnjouViolences sexuelles « La mairie d’Angers fait tout pour préserver les enfants »

La ville d'Angers lance ses Assises de l’enfance, de la jeunesse et de la famille. Une série de journées pour parler de la prise en charge des enfants, de la maternelle à l'adolescence. Des rendez-vous à l'écho particulier à l'heure où la commune est secouée par des révélations de plaintes d'agressions sexuelles dans plusieurs écoles d'Angers. On en parle avec Antoine Lelarge, adjoint à l'éducation à Angers.

Antoine Lelarge, adjoint au maire d'Angers chargé de l'éducation ©RCF Anjou 2026Antoine Lelarge, adjoint au maire d'Angers chargé de l'éducation ©RCF Anjou 2026

Ces Assises étaient prévues avant les révélations de cet été, est-ce qu'elles ont changé votre approche ?

Antoine Lelarge : Ces révélations nous ont évidemment conduits à nous dire qu’il fallait traiter le problème. Deux affaires ont marqué l’actualité angevine cet été, avec deux animateurs du périscolaire visés par des révélations ou des suspicions d’agressions sexuelles sur des enfants. Évidemment, il faut traiter le problème. Mais nous n’avons pas attendu les Assises pour agir.

Cet été, nous avons mis en place un certain nombre de mesures, huit au total. Elles concernent notamment la gestion de la sieste, les sanitaires, les effectifs, la formation ou encore l’inscription noir sur blanc, au travers d’une charte de bonnes postures professionnelles, de règles précises. Lors des Assises, nous allons également réinterroger nos processus. Le 18 novembre, la journée consacrée à l’éducation comportera notamment un temps fort dédié à la question des violences faites aux enfants. L’objectif sera de réexaminer nos procédures et nos pratiques.

 

Vous évoquez une charte des bonnes postures professionnelles. N’est-ce pas un peu léger comme réponse pour protéger les enfants ?

Antoine Lelarge : Je ne crois pas que ce soit léger. Le premier élément, c’est évidemment ce que l’on met dans cette charte. Nous avons identifié un certain nombre de points autour des temps les plus sensibles, avec les bonnes postures et les bonnes pratiques professionnelles que nous attendons de nos agents du périscolaire. Ce ne sont pas des choses qu’ils découvrent. À Angers, nous avons des agents formés et diplômés. Nous ne réinventons pas ces pratiques, mais nous les réaffirmons par écrit.

Et cette charte ne restera pas théorique. Elle va faire partie intégrante des processus d’évaluation professionnelle réalisés par les managers de proximité et les responsables d’unités éducatives. Les agents seront notamment évalués au regard du respect de cette charte.

Nous allons donc lui donner de la force. Elle a été distribuée à tous les agents et affichée dans toutes les écoles, avec une volonté de transparence sur notre fonctionnement. Nous allons également renforcer sa portée en l'inscrivant dans notre règlement intérieur d’accueil des jeunes enfants. Celui-ci sera soumis au vote du conseil municipal.

 

Nous mettons tout en œuvre pour que les enfants soient en sécurité 

 

Avec les huit mesures annoncées, pouvez-vous assurer aux parents que leurs enfants sont en sécurité dans les écoles et les services périscolaires d’Angers ?

Antoine Lelarge : Nous mettons tout en œuvre pour qu’ils soient en sécurité. Je le disais, c’est vraiment notre priorité : la sécurité des enfants. Cela commence dès le recrutement, avec la consultation de différents fichiers centralisés, des extraits de casiers judiciaires, des fichiers concernant les auteurs d’infractions sexuelles, etc. Ces vérifications sont réalisées à l’embauche, avant l’affectation, mais aussi cinq fois par an, tous les ans. Ce sont d’ailleurs des mesures que nous avons mises en place depuis quatre ans.

Il y a également des renforts sur les temps les plus sensibles, notamment la sieste et les passages aux sanitaires. Nous avons aussi interdit l’utilisation du téléphone personnel lorsque les agents sont en contact avec les enfants : ils ne doivent pas avoir leur téléphone avec eux pendant ces temps.

Enfin, il y a tout un processus de formation. Lors de la pré-rentrée, nous avons réuni, autour de Christophe Béchu, nos 600 agents qui interviennent dans les écoles pour les sensibiliser aux violences faites aux enfants, et nous allons continuer à les former. Un processus de formation va s’étaler de novembre à juin prochain afin de former l’ensemble de nos agents.

 

L’idée n’est pas de pointer du doigt les parents en leur disant qu’ils ne font pas bien leur travail 

 

Les Assises vont également aborder les écrans, l’isolement des parents, la santé mentale ou encore l’évolution du modèle familial. Cela fait beaucoup de sujets en trois journées…

Antoine Lelarge : En même temps, l’enjeu est de taille. Il y a de la pression sur nos liens sociaux et les parents sont parfois isolés. Il y a l’éclatement familial, le nombre de familles monoparentales, mais aussi la place prise, peut-être davantage, par les grands-parents hier et qui sont aujourd’hui parfois géographiquement éloignés. Tout cela contribue à isoler certains parents.

L’idée n’est absolument pas de pointer du doigt les parents en leur disant qu’ils ne font pas bien leur travail. Au contraire. Il s’agit de leur dire : nous allons être à vos côtés pour identifier les besoins que vous avez et trouver des solutions ensemble.

 

Il est possible de contribuer à ces Assises via le site internet : ecrivons.angers.fr

Les Assises de l’enfance, de la jeunesse et de la famille se dérouleront à Angers les 1er octobre, 18 novembre et 16 décembre. 

© RCF Anjou
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'invité de RCF Anjou
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