Violences à l’école : deux fois plus de signalements dans les Deux-Sèvres
441 signalements réalisés depuis la rentrée 2025-2026 dans les Deux-Sèvres. La quasi-totalité concerne des cas de violences physiques ou psychologiques subies par les enseignants et les AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap). Le syndicat FSU 79 tire la sonnette d’alarme.
Les représentants du syndicat FSU 79 alertent sur la hausse des violences dans les écoles“On a des signalements d’élèves qui peuvent mordre, griffer, fuguer des salles de classe, après lesquelles il faut courir”, raconte Anne-Laure Salmon, co-secrétaire générale de la FSU-SNUipp79 et enseignante remplaçante. Son collègue, Christian L’hôte, co-secrétaire de la FSU79 et enseignant dans un lycée niortais, rapporte aussi des témoignages d’AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap) :
J’ai été griffé jusqu’au sang, j’ai reçu un coup de tête.
Les violences ne sont pas seulement physiques. Selon Anne-Laure Salmon, certains “élèves préfèrent les insultes ou la provocation perpétuelle”.
Deux fois plus de violences scolaires dans les Deux-Sèvres
Depuis le début d’année scolaire, dans les Deux-Sèvres, 441 signalements ont été faits à destination du registre santé et sécurité au travail de l'Éducation nationale. “C’est quasiment le double par rapport à l'année dernière”, s'inquiète Christian L’hôte, co-secrétaire de la FSU79 et enseignant dans un lycée niortais.
Des violences qui font désormais partie du quotidien, avec des conséquences lourdes pour le personnel enseignant. D’abord avec des blessures physiques, “mais aussi avec un traumatisme psychique, assure Christian L’hôte, car il y a une perte de sens du métier.” Anne-Laure Salmon rappelle :
On est formés pour enseigner, certainement pas pour venir en aide à tous ces enfants qui ont besoin de soins.
Si cette hausse de la violence pèse sur le personnel, c’est aussi le cas pour les autres élèves. Notamment, lorsqu’un enseignant doit calmer un enfant en crise ou courir après un élève en fugue.
Plus de moyens et de personnels spécialisés réclamés par la FSU79
Face à ce constat, le syndicat appelle sa direction à mieux protéger le personnel. Plusieurs mesures sont avancées. Le renforcement de la présence des professionnels de santé dans les établissements. Aussi bien les médecins, les infirmiers que les psychologues scolaires.
Les représentants du syndicat FSU demandent également le développement des RASED (Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté). Ce dispositif permet d’apporter une aide et un accompagnement plus spécialisé pour les enfants en grande difficulté. Dans les Deux-Sèvres, ils ne sont plus que six, alors qu’ils étaient plus du double sur le département avant 2008.
FSU réclame également plus d’enseignants et d’AESH sur le territoire. L’objectif est de pouvoir réduire le nombre d’élèves par classe pour améliorer l’accompagnement.
Un manque de dialogue social
Mais le syndicat craint que ces mesures ne soient pas prises en compte et que la situation s’aggrave. En effet, à la rentrée prochaine, ce sont 4 000 postes qui vont être supprimés au sein de l’éducation nationale.
Au niveau local, la FSU dénonce “un déni de dialogue social”. Pour cause, depuis septembre 2025, 14 lettres ont été envoyées à la DASEN (Direction des services départementaux de l’éducation nationale) pour seulement deux réponses.
La mise à distance des organisations syndicales est devenue une méthode, assure Anne-Laure Salmon, co-secrétaire générale de la FSU-SNUipp79. C’est une manière de mener sa barque, sans concertation.
Le syndicat craint que la situation devienne un cercle vicieux avec des enseignants à bout qui pourraient être mis en arrêt maladie ou passer en mi-temps thérapeutique.
