Valerie de Marnhac |Le Festival termine sa première semaine de compétition
À mi-parcours du Festival de Cannes, plusieurs grands noms de la compétition ont déçu, tandis que quelques films se démarquent déjà pour la Palme d'or. Valérie de Marnhac, qui a déjà vu 16 films sur les 22 candidats à la Palme d’or nous raconte son sentiment général et nous révèle ses quelques favoris, à quelques jours du Palmarès.
©PixabayLa Compétition a commencé avec de très grands noms du cinéma mondial qui malheureusement ont livré des films assez mineurs. Je pense au cinéaste iranien Asghar Farhadi, avec son film "Histoires parallèles", tourné en France et déjà sorti en salles. C'est une vraie déception, malgré un casting éblouissant : Isabelle Huppert, Vincent Cassel, Virginie Effira, Pierre Niney… même eux semblent un peu perdus au milieu de ce scénario à rebondissements assez artificiel.
Même sentiment envers Hirokazu Kore-eda que je tiens pour l’un des plus grands cinéastes contemporains et qui nous propose une fable futuriste bien plate, "The Sheep in the box". L’histoire d’un couple qui commande un humanoïde pour remplacer leur jeune fils décédé. La promesse était tentante mais très vite, le film se résume à une chronique familiale assez banale. On retrouve des thèmes avec lesquels il nous a pourtant bouleversés dans le passé, que ce soit avec "Nobody knows", "Still walking" ou "Tel Père, tel fils", Prix du Jury œcuménique 2013.
En revanche, la très bonne surprise a été celle des deux films que j’attendais. Le japonais "Soudain" de Ryusuke Hamaguchi, qui lui aussi est venu tourner en France. Une histoire bouleversante d’amitié nouée entre une directrice d’EHPAD jouée par Virginie Effira et une metteuse en scène de théâtre japonaise. Le film tourne autour du concept d’« humanitude » : une méthode de soins relationnels développée il y a 30 ans qui passe par le regard, le toucher, la parole et la verticalité. Ou comment préserver la dignité et la valeur de chaque vie humaine ? Virginie Effira était en larmes à l’issue de la projection !
"Fjord", l'un des favoris de la compétition
Le second film que j'attendais, c’était le film "Fjord" du réalisateur roumain Cristian Mungiu, Palme d’or 2007 pour 4 mois, 3 semaines et2 jours. "Fjord" a été projeté lundi soir dans le Grand Théâtre du Palais des festivals et il sortira en France au mois d’août. Ne le ratez pas ! Mungiu raconte l’arrivée dans un petit port de Norvège, d’une famille nombreuse très croyante et à l’éducation conservatrice. Le père est roumain, ingénieur diplômé en informatique. Sa femme, norvégienne, s’occupe de leurs 5 enfants, à qui ils enseignent le catéchisme et les prières ; ce qui tranche avec la petite communauté locale.
Quand une enseignante de l’école découvre des bleus sur le corps d’un des enfants, ils font immédiatement l’objet d’un signalement aux services sociaux d’aide à l’enfance. Le procès de cette famille devient alors le miroir grossissant de nos sociétés occidentales, de notre incapacité à accueillir toute différence culturelle ou religieuse, et des comportements extrêmes voire absurdes auxquels cela conduit.
Un outsider pour le final ?
Il reste encore trois jours de compétition avant le palmarès. J’attends avec beaucoup d’impatience un outsider : le second long métrage d’Emmanuel Marre, intitulé "Notre Lutte". Swann Arlaud y incarne l’arrière-grand-père du réalisateur qui, en 1940, lors de l’instauration du régime de régime de Vichy, tente sa chance avec un traité politique aux idéaux patriotiques. Il croit alors pouvoir relever la France de la débâcle.


Le mercredi c'est le jour où sortent les nouveaux films au cinéma. C'est aussi le jour pour écouter, à 8h45, La Chronique cinéma de Valérie de Marnhac !




