Usage détourné du protoxyde d'azote, quelle est la situation dans le Morbihan ?
Adopté en conseil des Ministres, le 25 mars 2026, le projet de loi Ripost veut renforcer la répression de plusieurs infractions, en particulier l'usage détourné du protoxyde d'azote. Utilisé à l’origine principalement en cuisine, ce gaz hilarant est aussi inhalé à des fins récréatives. En Bretagne, plusieurs préfectures ont pris des arrêtés visant à réglementer sa détention et sa consommation. Zoom dans le Morbihan.
Ronan Le Page a été nommé directeur de cabinet du préfet du Morbihan en octobre 2024.© Préfecture MorbihanLe protoxyde d’azote dans le viseur de l’Etat. La semaine dernière, le ministre de l’Intérieur a annoncé un durcissement de la législation encadrant ce produit, souvent inhalé pour ses effets euphorisants. Dans le cadre du projet de loi Ripost (Réponses immédiates contre les phénomènes troublant l’ordre public et la tranquillité de nos concitoyens), Laurent Nunez a déclaré vouloir créer un "choc d’autorité". Outre les raves parties, rodéos urbains et occupations de squats, le locataire de la place Beauvau entend créer trois délits pour punir la consommation et le transport du protoxyde d’azote, considéré comme un fléau.
En Bretagne, certaines préfectures n’ont pas attendu pour prendre des mesures. C’est notamment le cas dans le Morbihan où, depuis le 3 octobre 2025, la détention, le transport et la consommation à des fins récréatives de protoxyde d’azote sont interdits, entre 20 heures et 6 heures. Le dépôt ou l’abandon de ces contenants dans l’espace public est également prohibé. Cet arrêté, prolongé pour la troisième fois, est en vigueur sur le territoire morbihannais jusqu’au 8 juin 2026.
150 bonbonnes saisies sur le département
Car le département reste “assez concerné en zone urbaine” par cet usage, indique Ronan Le Page, directeur de cabinet du préfet. En particulier, “sur les agglomérations que sont Vannes et Lorient”. Il s’agit principalement “d’une population jeune” qui consomme ce produit, dans le cadre “d’un multi usage” (associée à des stupéfiants ou de l’alcool par exemple) et parfois acheté “sur les réseaux sociaux ou messageries cryptées”. Néanmoins, il reste “difficile de retracer les sources de ces grandes bonbonnes”, reconnaît le directeur de cabinet du préfet.
Depuis six mois, “38 faits ont été recensés dans le Morbihan avec le protoxyde, dont 150 bonbonnes saisies”. Pour les autorités, l’arrêté prouve son utilité : “pas plus tard que le week-end dernier, on a saisi des bonbonnes sur trois consommateurs à Vannes”, souligne le directeur de cabinet du préfet.
Agir sur la prévention
La préfecture entend également agir sur le volet de la prévention. “Il y a un vrai effort de fait”, insiste Ronan le Page. “En lien avec la direction de la sécurité routière pour le département, on a décidé d’élargir les messages de prévention au protoxyde pour l’année 2026.”
Par ailleurs, ”les forces de l’ordre qui interviennent dans le cadre scolaire prévoient d’emporter avec eux de la documentation sur ce phénomène du protoxyde”. Enfin, la campagne de sensibilisation autour du sport - “Le sport construit, la drogue détruit“ - lancée avec le RC Vannes et le FC Lorient, va se poursuivre “en incluant la problématique protoxyde” à destination des jeunes.


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