Une ville, des enjeux : Annemasse, bastion historique de la gauche, peut-il tomber ?
A quatre jours du premier tour des élections municipales, direction Annemasse, la cité frontalière, où se joue la succession de Christian Dupessey. Trois listes sont en compétition.
La mairie d'Annemasse restera-t-elle un bastion de gauche ? ©WikimédiaJ-4 avant le premier tour des élections municipales...Place à Annemasse, troisième ville la plus peuplée de nos pays de Savoie, avec 37 500 habitants. La cité frontalière, qui voit sa population augmenter trois fois plus vite que la moyenne nationale. Une population jeune, 40% des Annemassiens ont moins de 30 ans. Un paramètre à prendre en compte, pour les trois candidats briguant la succession de Christian Dupessey. Après trois mandats consécutifs, l’édile socialiste cède son fauteuil. Alors se dirige-t-on vers une rupture dans un bastion historique de la gauche ou, au contraire, une continuité, réclamée par le maire sortant ? L'élection 2026 marque un tournant dans l'histoire de la Ville.
Continuité ou rupture avec les ères Borrel et Dupessey ?
Dans une élection à Annemasse, le scénario n’est jamais écrit à l’avance ! En 2014, le scrutin avait été entaché d'irrégularités, avant d’être rejoué l’année suivante. En 2020, un recours avait été déposé après la victoire, dès le premier tour, de l’indéboulonnable Christian Dupessey, maire depuis 2008, et successeur de Robert Borrel. La gauche règne à Annemasse depuis un demi-siècle. Et la candidate Dominique Lachenal, troisième adjointe du maire actuel, n’a pas l’intention de changer de cap. Continuité, justice sociale, et un nom sur sa liste en douzième position, Christian Dupessey, sur qui elle souhaite s’appuyer pour gérer les dossiers transfrontaliers. En face, Gabriel Doublet, un candidat qui a gravi les échelons. Maire de Saint-Cergues, président d’Annemasse Agglo, l’ancien poulain de Christian Dupessey se présente comme étant ni de gauche, ni de droite. Pourtant, Maxime Gaconnet, candidat Les Républicains en 2020, a rejoint son équipe. Troisième candidat lors de ce 1er tour : Cuneyt Yesilyurt : sa liste se veut citoyenne et promet la rupture. Un moyen de répondre à la forte abstention, observée traditionnellement dans la cité frontalière. En 2020, elle avait dépassé les 72%. Pour la première fois à Annemasse, il faut le souligner, le Rassemblement National ne propose pas de candidat.
La lutte contre le trafic de stupéfiants s'est invitée dans la campagne
Et ce ne sont pas les échanges de coups de feu dimanche dernier au sein du quartier du Perrier, sur fonds de trafic de stupéfiants, qui vont faire retomber la pression. Gabriel Doublet dénonce le laxisme de l’équipe actuelle, et souhaite doubler les effectifs de la police municipale. Dominique Lachenal mise davantage sur des médiateurs de rue pour apaiser les tensions. Autre point de campagne, pour vivre à Annemasse, il faut pouvoir y habiter : la demande en logement de la part des frontaliers suisses reste forte, ce qui tire les prix vers le haut. Le candidat Cuneyt Yesilyurt veut réguler les loyers, Dominique Lachenal, les encadrer. Gabriel Doublet souhaite prioriser les logements aux fonctionnaires et aux professions dites prioritaires. Comme le secteur de la santé. Le candidat veut créer un centre de santé municipal et une maison des familles et des aidants.


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