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Une simple petite croix tracée sur un front...
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Une simple petite croix tracée sur un front...

Un article rédigé par Benoist de Sinety - RCF, le 22 décembre 2023  -  Modifié le 22 décembre 2023
Tribunes chrétiennes Une simple petite croix tracée sur un front

Semaine chargée sur le front de l'actualité : loi immigration, annonce par le Vatican de la possibilité de bénir les couples homosexuels, et Noël qui approche. Cela fait réagir Benoist de Sinety. 

Benoist de Sinety / Hans Lucas - P Gaillardin Benoist de Sinety / Hans Lucas - P Gaillardin

Une petite croix tracée d’un pouce affectueux sur le front de son enfant, avant qu’il aille se coucher. Le père ou la mère qui chaque soir pose ce geste sur le petit qui vient lui dire bonsoir, lui rappelle, avant que les feux ne s’éteignent, de quel amour il est aimé et qui en est la source. Au moment de l’abandon de la nuit, quand tous fermeront les yeux, il en est un qui demeure veilleur et dont l’attention et la tendresse ne faiblissent jamais.

Et c’est à lui que ce signe de croix confie ceux sur lesquels la fatigue du jour nous empêche de veiller sans relâche. La bénédiction n’est pas un geste réservé à une caste particulière, elle est le geste qui devrait être naturel à tout homme qui prend conscience que Dieu est Amour et que nous en sommes les disciples missionnaires. Le geste ne vaut ni absolution, ni consécration. Il est une manière de révéler l’inconditionnalité de l’Amour de Dieu qui veut se manifester par tous et partout.

Il serait bon que ceux qui ne trouvent rien à redire dans les bénédictions de cartables, de bateaux ou de meutes de chiens ni même de troupeaux de porcs, se réjouissent d’annoncer que tout être humain y a droit aussi.
La bénédiction est aussi, pour ceux qui la reçoivent, une invitation à rechercher dans leur vie quotidienne, à mieux découvrir et accueillir la volonté du Seigneur.

On murmure que l’annonce en Une de La Croix de la déclaration romaine confirmant le simple rappel que ce geste est pour tous, a provoqué une belle volée de protestations. Notamment de clercs. 

J’avoue que j’aurais aimé entendre au moins le même tintamarre autour des débats en cours sur la loi contre les migrants, qui les pointe du doigt comme fauteur de troubles et la cause de tous nos maux. Jamais depuis longtemps on aura additionné une telle dose d’hypocrisie, de mensonges et de désinformation. Un texte dont on nous dit que 80% des français le soutiennent sans nous informer du nombre de ceux qui l’ont réellement lu et ne l’ont pas seulement entendu résumer par un ou deux chiffres et des slogans caricaturaux. Partir d’un cas particulier pour en faire une généralité, c’est le chemin régressif d’une société qui cherche des boucs émissaires.

Prétendre que parce qu’un arabe a tué une petite fille de manière ignoble, alors tous les arabes sont un problème, affirmer que parce qu’un sans-papier a violé atrocement une jeune femme, tous les sans-papiers sont des dangers, cela revient à criminaliser une population plutôt que de chercher à lutter contre la délinquance. C’est peut-être payant sur le moment, mais c’est une catastrophe morale et intellectuelle pour longtemps. Oser dire avec légèreté que le report à un délai supplémentaire des prestations sociales n’est pas vraiment un problème c’est regarder les pauvres comme un nanti arrogant. Imaginer instaurer un système de caution imposable à tout étudiant étranger c’est acter le fait que la France devienne une nation inutile pour le monde en se privant des dizaines de milliers de jeunes qui viennent, de Ouagadougou comme de New York effectuer un Master ou une thèse dans notre Université.

Expliquer que l’on arranger les choses en matraquant moralement les millions d’étrangers qui sont chez nous parfois depuis des dizaines d’années et ceux qui voudraient travailler dans notre pays, c’est acter la fin d’un rêve français qui dure depuis mille ans au moins : celui d’avoir dans le monde une parole particulière où la liberté et l’égalité s’enracinent dans la certitude d’une fraternité qui se révèle par la foi en Jésus Christ.

C’est donner raison à ceux qui pensent que l’Évangile est un message naïf qui doit être redressé par le réalisme du monde. Pour ma part, je continuerai à tracer mentalement ou physiquement, sans naïveté mais plein d’Espérance, cette petite croix sur le front de tous ceux que je rencontrerai sans accepter que la peur érigée en système m’y désigne des ennemis. Tout en priant pour que ceux qui en ont la mission s’attèlent avec courage aux vraies causes de la violence et des injustices dans notre société.

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