Une rose iséroise en l’honneur d’Arcabas
Arcabas, célèbre peintre d’art sacré, aurait eu 100 ans en 2026. Toute l’année, une série d'événements en son honneur est organisée. Parmi eux, la création d’une fleur, obtenue par un rosiériste isérois. Pendant quatre ans, François Félix a façonné une rose à l’image du peintre.
La rose Arcabas - Crédits : Tyfenn DeslogesCe qu'il faut retenir :
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- La rose Arcabas a été pensée jaune et rouge vifs, pour représenter les oeuvres de l'artiste.
- Seuls une vingtaine de rosiéristes obtiennent leurs propres fleurs en France.
Fort de ses 6 000 œuvres, le peintre Arcabas aurait eu 100 ans en 2026. Pour son centenaire, plusieurs événements sont organisés pour se souvenir. Plus inédit, une fleur, la rose Arcabas, a été créée. Elle a éclos au début du mois de juin, au cœur de la Roseraie Félix.
« On ne crée pas une rose, on l’obtient. »
François Félix, gérant de la roseraie, fait partie des rares personnes en France qui obtiennent des roses. Lui ne parle pas de création, mais bien d’obtention. « On ne crée pas la rose, on imagine simplement des mariages entre des variétés parentes. Les bébés qu’on obtient, on les découvre. Ce sont les fruits du hasard parce que la génétique des roses est extrêmement complexe ; la part de hasard est très importante. »
Il y a quatre ans, Isabelle Pirot, la fille du peintre Arcabas, de son vrai nom Jean-Marie Pirot, sollicite la Roseraie Félix, au Grand-Lemps. Objectif : créer une rose à l’image de son père et de son œuvre. Quatre ans pour créer une fleur, c’est court. Habituellement, François Félix met huit à dix ans pour obtenir une rose qui soit à la fois belle esthétiquement, résistante aux maladies et fournie selon l’envie. Il faut donc redoubler de patience, mais aussi de minutie, car les rosiéristes sont les abeilles de leurs fleurs. Pour associer deux roses, François Félix et son équipe doivent, en serre, transférer le pollen d’une plante à l’autre à l’aide d’un pinceau. Vient ensuite le temps de la découverte de la rose, puis de la sélection. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ne sont qu’une vingtaine en France à obtenir ces plantes.
Heureusement, « Arcabas devait avoir l'œil sur sa rose », sourit le rosiériste. « Il a fait en sorte que tout se passe bien depuis les 3 ou 4 ans qu'on est sur le projet. »
François Félix, au milieu de son champ de roses - Crédits : Tyfenn Desloges« L’arbuste est vigoureux, comme un artiste. »
Pour Arcabas, François Félix s'est rendu directement à Saint-Hugues afin de s'imprégner de l'œuvre du peintre. Il note rapidement le rouge et le jaune au cœur de toutes ses œuvres. Il décide donc de créer une fleur jaune vif striée de rouge. « Ces roses sont très riches en couleurs et puis c'est un rosier qui est libre. On voit que c'est un arbuste, il est vigoureux, comme un artiste. Un artiste, c'est quelqu'un qui s'exprime librement, il suit toujours le cours de ses idées, de son œuvre », raconte l’obtenteur de ladite fleur. Tout est réfléchi, rien n’est laissé au hasard dans la représentation florale du peintre d’art sacré.
Si un bouquet a été découpé pour le baptême de la rose Arcabas, et quelques plants offerts à Isabelle Pirot et Mgr Jean-Marc Eychenne, il faudra attendre un peu plus longtemps pour en planter dans son jardin. La production sera disponible en jardinerie à partir du mois de septembre.


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