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Une plateforme logistique de 82 000 m2 à côté de Bourges
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Une plateforme logistique de 82 000 m2 à côté de Bourges

Un article rédigé par Guillaume Martin-Deguéret - RCF en Berry, le 9 décembre 2022  -  Modifié le 9 décembre 2022
Emissions spéciales Les travaux ont commencé pour la plateforme logistique XXL de La Chapelle

Beaugency, Romorantin, Vierzon... Les projets de plateformes logistiques se multiplient dans la région Centre-Val de Loire. À La Chapelle-Saint-Ursin, les travaux  d'une base XXL ont commencé. Ce sera (pour l'instant) la plus grande plateforme du Cher.

Le site va s'étendre sur 20 hectares. © RCF - Guillaume Martin-Deguéret. Le site va s'étendre sur 20 hectares. © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.

82 000 m2, 20 hectares, 78 quais de chargement : voilà les mensurations de la future plateforme logistique "Green Berry" en construction à La Chapelle-Saint-Ursin, qui devrait être terminée dans un an. Ces infrastructures se multiplient en Centre-Val de Loire. Des projets souvent applaudis par les collectivités qui y voient une solution de développement économique porteuse d'emplois, mais décriés par les défenseurs de l'environnement à cause de l'artificialisation des sols. Pour Bertrand Chabanne, président du groupe BEG, constructeur de la plateforme de La Chapelle-Saint-Ursin, ces bases XXL qui en alimentent des plus petites à proximité sont nécessaires : « Massifier des produits au même endroit a un intérêt économique et environnemental, parce qu'on réduit le nombre de kilomètres parcourus par les camions, avec des camions qui sont tout le temps pleins. »

 

La pose de la première pierre, fin novembre © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.

L'emploi, vaille que vaille


La société propriétaire TwentyTwo n'a pas encore trouvé d'entreprise pour louer le site, difficile donc de savoir le nombre d'emplois qui vont être créés. « J'espère qu'il y en aura un maximum. 300, 400 voire 500 emplois, ce serait évidemment le rêve ! » Espère Yvon Beuchon, le maire de la commune. Mais ce sont tout de même 20 hectares de terrains agricoles qui vont être bétonnés pour la construction de "Green Berry" : « 20 hectares de terrains qui étaient des terrains de misères ! » Se défend Yvon Beuchon. « C'étaient des terrains à moutons, dans lesquels les exploitants d'ailleurs ne cultivaient quasiment plus. L'enjeu pour le département, c'est de maintenir la population, tenter de rajeunir la moyenne d'âge, et d'être attractif, donc il faut chercher le maximum d'emplois, c'est ce qui est en surplomb de tout le reste. »

 

Les travaux sont lancés sur le site © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.

Compensation ou greenwashing ?


« Il y a d'énormes travaux de compensation qui sont faits » explique Armand Sueiras, président de la société TwentyTwo, propriétaire du site. « Par exemple, nous infiltrons toutes les eaux pluviales sur site [...] nous avons une centrale photovoltaïque qui est en cours de préparation [sur le toit]. Elle permettra de développer environ 9 000 MW/heure annuels, ce qui équivaut à la consommation de 4 500 personnes par an ». « C'est vraiment du Greenwashing ! » S'insurge Noé Petit, membre du collectif d'association "Luttes Locales Centre", qui se bat contre l'installation de ces infrastructures en Centre-Val de Loire. « Un sol, c'est une ressource qui est non-renouvelable. Quand on artificialise un sol, quand on bétonne, il mettra des milliers, voire des millions d'années à se régénérer. C'est une catastrophe, parce que l'artificialisation des sols, c'est la première cause d'effondrement de la biodiversité au niveau mondial. »

 

L'artificialisation des sols "une catastrophe" pour Noé Petit © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.


Dans un rapport paru en 2021, l'INSEE évaluait que 4,4 % du sol était recouvert de constructions ou d'infrastructures en Centre-Val de Loire, ce qui en faisait l'une des régions les moins artificialisées du pays. Actuellement, une vingtaine de plateformes logistiques seraient en projet dans la région. Toujours dans le Cher, une base XXL de 88 000 m2 pourrait voir le jour à côté Vierzon, portée par la société Virtuo. L'investissement à La Chapelle-Saint-Ursin serait de 50 millions d'euros.
 

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