Une nouvelle "salle vasculaire hybride" à l'hôpital de la Cavale Blanche à Brest
Une nouvelle "salle vasculaire hybride" a ouvert ses portes depuis le mois de janvier à l'hôpital de la Cavale Blanche à Brest. Une innovation qui permet d'allier bloc opératoire et imagerie de haute précision, pour mener des opérations complexes.
Le professeur Bahaa Nasr, chirurgien vasculaire. © Océane Théard60m² d'un blanc immaculé. Nous pénétrons dans la nouvelle "salle vasculaire hybride" du CHU de Brest, mise en service le 12 janvier dernier. Une technologie de haute précision, pour "mieux voir et mieux traiter", résume le professeur Bahaa Nasr, chirurgien vasculaire qui a poussé pour l'installation de cette nouvelle salle à la Cavale Blanche.
Six bras articulés, et un amplificateur fixe
Ce nouveau type de salle hybride, équipée de six bras articulés, combine un bloc de chirurgie conventionnelle et un système d'imagerie fixe, qui permet de "fusionner les images en 2D de la salle d’opération et les images du scanner en 3D". "Là on peut voir tout ce qu'il y a dans le corps du patient", des images ultra-précises, guidés en temps réel "comme un GPS", pour mener des opérations qui peuvent être complexes.
"L'utilité majeure est sur les chirurgies aortiques complexes, c'est-à-dire les patients qui ont un anévrisme de l'aorte abdominale. Quand cette dilatation touche l'aorte, au niveau des artères digestives, là il y a besoin de faire un traitement par l’intérieur des vaisseaux avec une endoprothèse fenêtrée, avec des trous qui font six ou huit millimètres. Il faut les mettre en face des artères de six ou huit millimètres, il y a un apport majeur de la fusion d'image", explique le Pr Nasr.
Cela permet d'avoir une meilleure récupération du patient, avec des opérations moins lourdes et moins de risques de mauvaise implantation, et aussi d'injecter moins de produit de contraste qui peuvent représenter un danger pour les reins. Concrètement, les médecins peuvent travailler plus vite et cela réduit donc les délais d'attente pour ces opérations de chirurgie.
"On peut opérer davantage de patients dans la même journée, jusqu'à deux chirurgies aortiques complexes et cinq chirurgies aortiques", estime le Pr Nasr.

Le long de la table d'opération, le chirurgien déploie des vitres, et des "tabliers plombés", qui permettent d'isoler le chirurgien des irradiations. Car c'est aussi l'enjeu de cette nouvelle salle, explique le Dr Françoise Duquesne, vice-présidente de la CME, Commission médicale d'établissement.
"Tout a été imaginé autour de ce type de radiologie pour améliorer la sécurité et la prise en charge des patients et on est gagnants sur la protection des soignants. Il y a moins d'irradiations, au lieu d'avoir des grandes radios, ils peuvent la limiter juste sur la zone de l’opération, donc automatiquement il y a moins de rayons, pour le patient et pour le soignant."
Un projet plus vaste de transformation des blocs opératoires
La création de cette salle, dont le coût s'élève à un peu plus d'un million d'euros, ainsi que deux autres salles de chirurgie orthopédique, et un espace de désinfection des instruments, s'inscrivent dans un projet plus global de modernisation des équipements de la Cavale Blanche, baptisé "EMPORIIS".
Au total ce sont près de 6 millions d’euros investis par le CHU pour la transformation de ses blocs opératoires.


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