Une commission indépendante se penche sur l’héritage du père Jean-Marie Petitclerc
La Commission reconnaissance et réparation (CRR) a une nouvelle présidente. Il s’agit de Brigitte Debernardy, contrôleuse générale des armées, qui succède à Antoine Garapon. L’ancien magistrat et président prend la tête de deux commissions d’enquête, dont l’une vise à retracer le parcours du père Jean-Marie Petitclerc, accusé de « voyeurisme » en octobre 2025.
Père Jean-Marie Petitclerc ©RCFL’ancien magistrat et président de la CRR, Antoine Garapon, a été nommé à la tête d’une commission d’enquête sur les violences sexuelles dans le périscolaire. En parallèle, il préside une seconde commission sur le parcours du prêtre catholique salésien, Jean-Marie Petitclerc.
Qui était le père Jean-Marie Petitclerc ?
Polytechnicien devenu prêtre et éducateur spécialisé, le père Jean-Marie Petitclerc consacre sa vie aux jeunes des quartiers populaires. Il fonde en 1985 l’association Le Valdocco, dans laquelle il tente de prévenir la délinquance dans les banlieues parisiennes et lyonnaises. Le prêtre catholique cherche aussi à former des médiateurs sociaux et à aider des jeunes en grande difficulté. Le Valdocco compte aujourd’hui cinq établissements à Argenteuil et à Lyon. Mais c’est en 2025, après deux affaires débouchant sur un non-lieu, que le père Jean-Marie Petitclerc est condamné pour « voyeurisme ». Le père Xavier Ernst, provincial des salésiens de Don Bosco, explique que le prêtre contestait les faits et avait fait appel face à la décision de justice. Il se suicide un mois après sa condamnation.
« Nous sommes en contact étroit entre la famille salésienne de Don Bosco et la famille de Jean-Marie »
Depuis le mois de janvier 2026, le père Xavier Ernst et la famille de Jean-Marie Petitclerc réfléchissent à la mise en place d’une commission indépendante. Il s’agit d’un travail qui cherche à mettre en lumière la personnalité du prêtre salésien et à mesurer la recevabilité de ses écrits. « Nous avons été heureux que la CRR, la Commission reconnaissance et réparation, ait accepté cette mission », ajoute le provincial. Il est d’autant plus heureux que cette commission indépendante puisse être présidée par son ancien président et magistrat, Antoine Garapon. Selon lui, cette présidence donne de la crédibilité et une assise certaine à cette enquête.
S’exprimer pour mieux enquêter
Cette commission recherche activement des témoignages. Il s’agit de tirer les enseignements utiles, notamment dans la poursuite du travail éducatif initié par le père Jean-Marie Petitclerc. « C’est important pour cette commission indépendante de pouvoir recevoir un maximum de témoignages avec toutes les nuances nécessaires et avec toutes les personnes qui souhaitent exprimer quelque chose de ce qu’elles ont pu vivre, percevoir de leur vécu avec le père Jean-Marie Petitclerc, à différents niveaux », termine le père Xavier Ernst.
La commission propose de recueillir les témoignages de ceux qui le souhaitent jusqu’au 30 septembre 2026 à l’adresse suivante : commission.jmpetitclerc@crr.contact. Ces déclarations serviront exclusivement à nourrir la rédaction d’un rapport, qui devra ensuite être remis en janvier 2027 aux salésiens et à la famille.


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