"Une association où tous les types de population sont représentés": à 75 ans, Annick Delalleau continue de mener le Foyer du Bois sur l'île de Ré
En poste depuis 30 ans à la tête du Foyer des jeunes et d'éducation populaire, qui fête ses 60 ans cette année, Annick Delalleau continue de porter l'association. Entretien avec cette figure bien connue de l'île de Ré.
A 75 ans, Annick Delalleau continue d'assurer la présidence du Foyer du Bois. ©RCF17Arrivée de Paris dans les années 90, Annick Delalleau n'a plus quitté l'île de Ré. Cela fait maintenant trente ans que la septuagénaire préside l'association du Foyer des jeunes et d'éducation populaire, mieux connue sous le nom du Foyer du Bois. Pour une association qui compte soixante ans d'existence, cela compte...
Surtout, cela fonctionne. Le Foyer existe uniquement grâce à des bénévoles et le nombre d'adhérents est bien plus important aujourd'hui qu'il y a trente ans. Grâce à une adhésion de 50 euros pour les adultes et 30 euros pour les enfants, l'association propose des activités sportives comme culturelles pour petits et grands.
Pour célébrer son anniversaire, le foyer a organisé trois jours de festivités du 12 au 14 juin au Bois-Plage-en-Ré. Le lendemain des célébrations, nous avons pu rencontrer Annick Delalleau pour mieux cerner l'histoire et le fonctionnement de l'association.
RCF : Comment est né le Foyer du Bois ?
Annick Delalleau : C'est une association loi 1901, qui s'est construite avec les Œuvres laïques ; dans les années 1960, dans tous les villages, il y avait ce genre d'associations où on payait une adhésion et on pouvait faire plein d'activités. Elle a été créée par des ados, puis repris par une institutrice qui a voulu mettre des règles, puis par un instituteur-directeur. Au fil des années, cette petite association est devenue très grande. Quand je l'ai prise il y a trente ans, on avait sept activités et 120 adhérents. Actuellement, nous avons 18 activités et on a dépassé les 500 adhérents.
Au départ, les adolescents se réunissaient entre eux. Le-Bois-Plage était à l'époque très culturel, il y avait une section de théâtre, une fanfare... Les gens qui y habitaient avaient déjà envie de se réunir et c'est comme cela que s'est créé le Foyer. Ils proposaient sept activités, mais pas tous les jours, contrairement à maintenant. Cela s'appelait "les ateliers du samedi" et c'était un moment convivial.
RCF : Quelles sont les activités proposées aujourd'hui ?
En sport, on a du karaté, de la boxe - qui existe depuis plus de trente ans, de la danse pour les enfants et les ados, le yoga, le fitness et le Qi Gong. Par ailleurs, on a la couture, la mosaïque, la cuisine loisir, l'informatique et l'éclairage/sonorisation. Après adhésion, les gens peuvent faire toutes les activités gratuitement. Une personne qui fait du yoga peut le faire deux à trois fois par semaine, elle peut faire de la couture, de la mosaïque... Elle ne paiera rien en plus.
On a à peu près 24 animateurs, on a la chance d'avoir beaucoup de jeunes retraités qui veulent transmettre leur savoir gratuitement. C'est ce qui fait notre succès, on a toujours trouvé des bénévoles. Alors qu'ils s'engagent toutes les semaines, une à trois... C'est une implication importante !
RCF : Comment fonctionne la collaboration avec les pouvoirs publics, qu'il s'agisse de la communauté de communes de l'île de Ré ou la mairie du Bois-Plage ?
On a eu la chance que Lionel Quillet prenne la présidence de la CDC il y a dix-huit ans et qu'il renforce l'aide aux associations. Il nous a mis en valeur, il a créé la fête des associations... Disons qu'il y a eu un travail, on a eu des réunions tout au long de l'année depuis dix-huit ans et nous avons énormément participé à la vie de l'île de Ré.
Dans la commune du Bois, nous avons toujours eu un maire qui nous a soutenus. Ce n'est pas toujours facile, mais on est intégrés : avec la mairie, on fait Octobre rose, on avait fait la fête des Lumières, les 100 ans de l'office de tourisme, la chasse aux œufs pour Pâques... On a quand-même une écoute, quel que soit le maire. C'est mon quatrième maire et on espère que cela va continuer, mais on a toujours fait très attention.
On en est à notre deuxième trésorière et on a toujours eu des gens extrêmement compétents. Pour une association comme la nôtre, avec tout ce qu'on propose, on demande une subvention très petite, 3000 à 4000 euros par an. On boucle le budget et on a toujours un an d'avance, donc on a toujours une bonne trésorerie.
RCF : La base de l'association, c'est l'éducation populaire ; on dirait que soixante ans plus tard, vous avez réussi à faire persister cette mission.
Je dirais qu'elle rebondit. Elle a été très critiquée pendant plus de dix ans, où il ne fallait surtout pas prononcer le mot "populaire". Cela faisait des années qu'on nous disait de l'enlever et, depuis deux/trois ans, plus personne n'en parle. Ils arrivent même à prononcer le Foyer des jeunes et de l'éducation populaire !
L'esprit qui a été créé en 1966, c'était de permettre à des gens qui n'avaient pas forcément l'argent ou l'endroit pour le faire de pratiquer des activités un peu chères. On ne fait partie d'aucune fédération, donc si la boxe plaît par exemple aux enfants, ils vont adhérer à une fédération. On a beaucoup d'enfants qui sont partis au conservatoire de danse de La Rochelle. J'ai donné des cours de théâtre pendant 20 ans et beaucoup d'enfants ont fini dans des troupes : c'est une récompense extraordinaire, on sert à ça - donner l'envie aux gens d'aller plus loin.


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